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Soutien

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Comme une machine qui consommerait un maximum de pétrole uniquement pour entretenir sa surchauffe, l'intello du dessous consomme un maximum de facultés intellectuelles pour entretenir sa capacité à surmener son cerveau... en pure perte. Un pur produit de la société de surinformation dans laquelle on patauge...

Aujourd'hui j'ai décidé que tout ça allait sortir, et que je ferais connaître à  d'autres cerveaux surmenés et improductifs le chaos de mes pensées. Ca me fend un peu le coeur d'ajouter au flot d'informations inutiles qui circulent sur le net, mais il paraît qu'un être humain doit s'exprimer pour vivre, il paraît qu'il faut partager ses pensées pour qu'elles ne restent pas vaines. Alors bien sûr, cette décision tiendra jusqu'à ce que la somme d'informations que j'ingurgite chaque jour ne submerge la ressource mémoire où est née l'idée de ce blog, mais ne désespérons pas. Peut-être que le Bouddha qui veilla sur mon berceau me donnera la faculté d'entretenir mon jardin...

 

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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 22:39

Ca fait plus de 18 ans maintenant que je vis avec ton souvenir. Le temps d'une deuxième vie. Je n'ai pas vécu pour deux depuis cette date, plutôt vécu à moitié. Tu avais tout pour réussir et la vie devant toi, et un sourire lumineux. Une absurdité dont je ne me suis jamais vraiment remise. Je peux m'imaginer qu'en surdoué de la vie tu avais déjà accompli tout ce que tu avais à accomplir sur cette terre. Moi il me restait de longues années à trainer mes guêtres dans un monde hermétique à mon entendement. Je suis le mauvais élève qui regarde partir son camarade et qui reste à sécher devant sa copie blanche , peu à peu parsemée de gribouillis informes, mais sûrement pas celle qui me permettrait de te rejoindre une fois mon devoir accompli. Je t'ai tant jalousé pendant ces 18 ans, que j'ai oublié l'énoncé...

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 09:34

Malgré l'absence de mises à jour, il y a encore des gens qui trainent ici de temps en temps. Google fait son boulot, il ramène les fans de mafalda, les gens qui en ont marre des motocross, ceux qui veulent voir une photo d'une chaîne de fourmis... et des intellos... des jeunes qui se demandent comment devenir intello (comment être intello en 6e....??? wtf!? * , comme dirait mon geek de copain) , des gens à qui "on [...] reproche d'être intello" et des gens qui ont juste écrit "j'en chie" dans leur moteur de recherche.

Tous les mois, des gens en chient et l'écrivent à Google, comme un témoignage, parce qu'ils n'ont personne d'autre à qui le dire, sans doute. Parce que c'est vulgaire, c'est vrai, c'est difficile quand la boulangère, ou sa collègue de bureau, nous demande si on va bien, de répondre "j'en chie", même si c'est exactement ce q'on ressent.

Tout ça pour dire, vous qui en chiez, vous n'êtes pas seuls, même si mon article à moi date un peu, vous n'êtes pas les seuls à dire à Google que vous en chiez.

Et moi dans tout ça, diront les rares qui sont venus là en tapant vraiment "lintello du desssous" dans leur moteur de recherche? Ils se demandent comment on tourne quand on a manifesté masquée contre les abus des stages , qu'on a un diplome d'ingénieur mais pas une once de combativité pour défendre son bifteck,
 et qu'on a claqué la porte de son boulot d'informaticien dans une grosse boîte avec des RHs trop gentilles qui me demandaient le plus sérieusement du monde si j'envisageais une belle carrière dans une boîte qui m'avait embauchée à niveau bac+2, m'avait fait changé de métier 4 fois en 2 ans (oui, y a plusieurs métiers dans l'informatique) et attendait patiemment que Chicago trouve dans mes évaluations de bonnes raisons de faire passer ma promotion avant les dividendes des actionnaires, dont j'avais même le droit de faire partie si j'avais des sous en trop sur mon salaire, ce qui n'était pas vraiment le cas. Ben eux j'osais même pas leur répondre. Parce que oui, voilà, je sais toujours pas trop défendre mon bifteck, au bout de trois mois de non travail, je m'emmerdais, mais j'avais pas de réponse à mes courriers pour faire autre chose que de l'informatique. Et on me contactait, des fois, mais c'était toujours pour faire de l'informatique, en banque, en assurance, youpi tralala, exactement ce pour quoi j'avais dit que ça valait pas le coup de se faire chier...

Alors je vous le donne en mille, j'ai fini par me réinscrire à une formation, une qui me faisait pas perdre mon chomage, qui m'apportait pas grand chose mais qui me permettrait de dire que j'avais un vrai projet professionnel en quittant ma boîte. Je me suis tapé 3 mois de cours pas terrible sur de la qualité, de la sécurité, et de l'environnement, par un gars qui avait pas remis ses cours à jours depuis 2006. J'ai fini par sécher ses cours, ça me rendait agressive. J'ai failli accepter un boulot chez Alten, systèmes d'informations youpi mais en industrie pour changer, et puis allez savoir pourquoi, après m'avoir fait une proposition, le gars a arrêté de répondre à ses mails et il a plus jamais pris mes appels. J'ai essayé de l'appeler en passant par l'accueil (il est peut-etre mort on sait jamais), et après l'avoir bien pourri mentalement, ce crétin qui est même pas foutu de prendre son téléphone pour dire "désolé, j'ai merdé, j'avais pas le droit de dire que je vous embauchais" , j'ai renoncé à le pourrir en vrai auprès de son patron, enfin j'ai pas eu le temps, j'avais d'autres chats à fouetter, fallait que je me dépêche de trouver un boulot avant d'être obligée de refaire... un stage. Voilà, on y vient au truc honteux. J'ai essayé de repasser des entretiens, même pour faire de l'informatique dans la banque, mais j'ai pas réussi. B.. de m.. Et si je quittais la formation sans raison "sérieuse" (en gros, handicapée ou embauchée) je devais rembourser la Région. J'avais pas vraiment les moyens. Et honnêtement, dans mon groupe, 80% étaient dans le même cas: déjà un bon diplome ou une bonne expérience en QSE, et dans cette formation juste parce qu'il faut bien montrer qu'on glande pas, et qu'on sait jamais, faut peut-être passer par un stage pour trouver un vrai boulot.

Donc rebelote, j'ai trouvé un joli stage dans une autre boîte qui avait besoin de pas perdre sa certification ISO 14001, et bien sûr, comme d'habitude, sans tuteur qui s'y connaisse mieux que moi. Du consulting gratos, encore.Parce qu'on aurait pu croire que j'aurais bénéficié des avancées sur les stages, mais je ne sais qui à la Région ou à l'organisme de formation a décidé qu'un stage de plus de deux mois, si il faut payer, ils risquaient de pas réussir à placer leurs stagiaires. On a donc eu Gérard, 52 ans, 30 ans d'expérience dont 10 en tant que responsable Qualité, qui a fait comme tout le monde 2 mois de consulting gratos dans une petite boîte.Ou Antoine, 57 ans, x années d'expérience chez Renault et viré comme un mal propre à 3 ans de la retraite, qui fait des formations pour passer le temps et voir du monde, qui a quand même eu son lot de formations en qualité (en 30 ans de Renault, hein) et qui a pu aussi faire profiter une brave entreprise de son expérience. Le pire, c'est qu'ils ont eu du mal à trouver leur stage, même pas parce que les boîtes cherchaient des jeunes à former, non, juste parce que deux mois c'est trop court vous comprenez, on n'aura pas le temps de vous confier une vraie mission, on préfère les stagiaires de 6 mois. Et puis c'est vrai que ça fait bizarre d'accueillir un stagiaire de plus de 50 ans...

Je vous fais grâce des autres profils, mais bon... vous avez compris le principe. Des gens qui n'ont pas vraiment besoin de cette formation, qui n'ont même pas besoin de réinsertion, juste qui ont besoin d'avoir un but à poursuivre, un truc à faire en se levant le matin, parce qu'ils sont sérieux et travailleurs, alors une formation pourquoi pas, en attendant de trouver un vrai boulot. Oui, remarquez, c'est peut-être ça la réinsertion...

Je comprends de mieux en mieux les faux stagiaires , ceux qui se font faire des conventions bidons pour aller faire des stages non payés (moi ça ne m'était encore jamais arrivé, même avant Génération Précaire). Et pourtant je sais en quoi ça pourrit le système, en quoi ça dévalorise le travail de ceux qui bossent pour gagner de l'argent. L'être humain est ainsi fait qu'il n'est pas un homo economicus, il peut préférer une gratification morale à une gratification financière. C'est comme ça que les métiers considérés comme les plus gratifiants sont de moins en moins payés. Et je tombe exactement dans le schéma. Ne supportant plus de faire un travail dont l'utilité sociale semblait plus que lointaine, et dans un contexte de management par le stress totalement rédhibitoire, je choisis de me retrouver à faire bénévolement ce que l'entreprise payerait si elle avait un souci de son impact environnemental et social, mais qu'elle ne paye pas parce que ça ne rapporte rien. Plus j'essaye d'être utile à la société, moins je suis payée (financièrement) en retour.

Et le pire, c'est que comme ça m'intéresse, je bosse, au lieu de dire "oh c'est bon, au prix où vous me payez, je vais quand même pas vous éviter une amende en faisant le boulot du responsable environnement que vous n'avez pas embauché, vous la méritez votre amende". Pour pas insulter le chef de site , pour pas partir en claquant la porte et en disant "embauchez quelqu'un, sinon je peux rien faire pour vous", parce que je l'ai déjà fait et que ça n'a servi à rien , parce que je sais que des milliers de petits stagiaires hygiénistes du travail et ingénieurs en environnement finiront par venir faire le travail quand même, ben je fais semblant d'avoir un vrai boulot, et j'imagine très fort que je suis payée. Parce que je sais pas bien ce que ça me coûterait personnellement d'envoyer un dossier à charge à l'inspection du travail ou aux services en charge de l'environnement, et parce que malgré tout vaut mieux faire ce qu'on peut où on est, et parce qu'ils vont me garder en interim jusqu'à l'été, après mon stage, parce que j'ai bien réussi à faire comme si je m'en foutais qu'ils abusent grave des stages. Et même je vais appeler mes parents toute contente pour leur dire que j'ai fait bonne impression, que j'aurai un vrai salaire de cadre en interim, comme si j'avais pas fait le calcul de ce que ça donne comme salaire en moyenne en comptant les deux mois gratos. Comme si je trouvais normal que l'autre stagiaire soit remerciée (à peine) parce que bon quand même elle était moins sérieuse. Berk, berk, berk. Alors oui, j'ai honte, et je comprends de mieux en mieux tous les comportements absurdes qui fouttent notre société par terre.




*: "wtf": abréviation de  "what the fuck", que je ne traduirai pas  (j'adore faire des petites notes de bas de page comme les vrais journalistes)

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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 01:31

Cela fait deux mois que j'ai quitté mon travail.

J'ai réussi à obtenir une rupture conventionnelle de contrat bien qu'on me l'ait refusée à la première demande. Ils n'avaient aucune raison de vouloir se séparer de moi, et ils recommençaient à embaucher. De plus, je faisais l'affaire au poste où j'étais et ils souhaitaient même me donner plus de responsabilités. Mais toujours sans changement de statut et au même salaire.

J'avais beau avoir un peu plus d'espoir qu'on régularise ma situation en me promouvant au grade d'ingénieur, ça me paraissait assez affreusement cynique de devoir encore être suspendue à une décision venant de Chicago pour qu'on me donne dans mon entreprise un titre que j'avais déjà dans les faits.

De toutes façons, je ne me voyais pas d'avenir dans ce métier, et ce que j'y faisais me paraissait tellement vain qu'il me paraissait absurde de continuer dans cette voie, hormis pour garder un salaire et un semblant de sécurité.

Belle sécurité qui m'amenait chez les médecin de plus en plus souvent. Le burn-out et la dépression sont pour moi un danger plus tangible que l'insécurité matérielle. Mon médecin et mon copain ont fini par me convaincre qu'il n'était pas absurde de chercher autre chose. J'ai peut-être tort de les avoir crus, l'avenir me le dira.

Je veux bien me faire du souci, m'épuiser à la tâche, perdre le sommeil, mais pour quelque chose qui le mérite. J'ai souvent perdu le sommeil d'avoir trop parlé de la violence contre les femmes, d'avoir trop écouté la désespérance des jeunes devant qui toutes les portes se ferment, et ma contribution n'a pas forcément été utile, mais traiter les données d'assurances qui gèrent les plus grandes fortunes du pays ne mérite pas qu'on se rendre malade, à mon avis.

Et voir mon chef exulter d'avoir décroché un contrat au Luxembourg parce qu'enfin on mettait le pied dans un paradis fiscal, je ne pouvais vraiment pas m'en enthousiasmer. La seule chose à laquelle je me sentais un peu utile, c'était à aider mes collègues à n'être pas trop surmenés, à les aider de temps en temps à relever le nez du guidon en riant de l'absurdité de livrer un client un jour férié, à essayer d'être une des personnes qui leur permettrait de mettre dans leur questionnaire annuel d'implication que oui, il y a quelqu'un dans mon travail qui s'intéresse à moi en tant que personne. Mais en être remerciée la plupart du temps par un "c'est bien d'avoir une fille dans l'équipe, ça apporte beaucoup de douceur" ce n'était pas vraiment ce que je cherchais...J'avais un peu envie de répondre "Je vous jure que les hommes ont le droit aussi d'être humains! Oh et puis vous me fatiguez..."

Bon enfin je pense qu'ils survivent même sans leur shoot de douceur féminine (pffff)..

 

A part ça, le cancer fait des ravages autour de moi et de ma famille. Un de mes oncles est mort à 62 ans, ses deux fils avaient déjà perdu leur mère de la même maladie 5 ans auparavant. Un ami de ma soeur vient de mourir à 41 ans, laissant une veuve et trois enfants. J'ai appris il y a quelques mois que j'avais échappé au gène qui devait multiplier par deux mes chances d'avoir un cancer du sein mais ma soeur va devoir composer avec les examens annuels.

La seule chose que je puisse faire c'est vivre, du mieux possible. Et même si ma décision de quitter le seul boulot stable que j'avais trouvé a plongé ma mère dans l'angoisse, même si j'ai encore parfois ces bouffées de dénigrement qui me font me traiter de bonne à rien, je vis. Et j'aime. Et je me bats (mal, avec tout un tas de désertions dues à ma fragilité) avec ceux qui essayent de changer la société, de nous empêcher de nous rendre de plus en plus malades, qui essayent de le faire dans le respect des plus faibles parce qu'on est tous faibles au moins une fois dans notre vie. Je ne sers à rien mais j'essaye au moins de montrer à ceux qui agissent que je les soutiens. 

Et je continue de penser que Sarkozy n'est pas mon président, que je hais ce qu'il fait de notre société. On a tellement de choses à faire pour survivre tous ensemble que c'est une abomination de tout gâcher en attisant les haines. Face à la misère il n'y a pas de nationalité qui tienne, nous somme tous citoyens du même monde et nous sommes tous dans le même bateau face aux violences, face aux désespoirs et aux révoltes. Il faut être naïf pour croire qu'on pourra expulser la violence hors de nos frontières est vivre en paix entre français bien élevés. La violence de ses discours et des ordres qu'il donne crée déjà du désespoir et de la révolte dans ma propre famille, pourtant franco-française. Que cherche-t-il vraiment à part le chaos?

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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 23:55
Je viens de me rendre comtpe qu'aujourd'hui, c'est l'anniversaire de mon premier jour en CDI.

Alors bien sûr c'est une fausse date, puisque j'avais réellement commencé à travailler le 11 février en... stage ! (comment ça, ça vous étonne?) Mais le 19 mars de l'année dernière, je fêtais mon premier jour de travail sous véritable contrat à durée indéterminée!

Et pour preuve que je suis loin d'avoir oublié mes années de galère , j'ai fêté ça en manifestant avec le collectif  "Sauvons les  riches!". Manif décalée, en carosse à cheval, habillée comme une princesse de Monaco, au rythme de slogans comme "Sauvez-nous! Taxez-nous!" "Première, deuxième, troisième maison de campagne! La propriété c'est le bagne!".

Parce qu'à courir après ce mode de vie délirant de la jet-set, on ne fait que s'aliéner encore et encore à des schémas destructeurs, pour nous et pour la planète. Non, ne pas avoir de Rolex à 50 ans n'est pas déshonorant, non, il n'est pas nécessaire de partir au bout du monde pour profiter de ses vacances quand les sources de plaisir sont autour de nous, dans les rencontres avec les gens qui nous entourent, dans la beauté de la nature qui malgré nos agressions continue à nous offrir le printemps à admirer.

Parce qu'il ne s'agit plus de gagner plus pour gagner plus, mais de gagner juste ce qu'il faut pour vivre bien, et que tous sur la planète aient cette même chance.

Voilà, ça fait un an que je suis développeuse informatique, une année que je rencontre des incompréhensions sur mon grade au sein de l'entreprise. Avec mon diplôme de Grande Ecole, mais qu'est-ce que je fais à travailler comme si je n'avais qu'un bac+2? Comment ai-je pu accepter ce déclassement? Un an que je vois les rancoeurs de mes collègues face aux consultants, ceux qui ont fait des Grandes Ecoles, ceux qui nous "vendent", qui gagnent 5 fois plus que nous et qui nous mettent la pression tout en ayant des airs de se sentir tellement supérieurs intellectuellement.
Un an qu'on me dit que je devrais être parmi eux.

Quelle est la part de choix dans ma situation? Je n'en ai aucune idée. Je n'ai pas choisi de peiner dans ma recherche d'emploi, de me sentir incompétente professionnellement, c'est un vrai manque de confiance en moi et une vraie souffrance, mais aujourd'hui je n'envie pas ceux qui ont eu le parcours parfait de jeune cadre dynamique...
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29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 23:56
La pub envahit over-blog!  C'est quoi ces énormes bandeaux "Taken" sur la page d'accueil?  Me la faites pas "c'est de la culture", c'est de la pub, un point c'est tout!


Tout se casse la gueule, je vous jure....

J'ai même pas internet au boulot que j'ai et qui est même pas encore un boulot, j'entretiens pas mon jardin (Bouddha, au secours!)  et je passe mes pauses de midi à errer entre les tours de la Défense avec un mauvais sandwich à 5euros à la main... quand je me retrouve pas à errer dans les méandres des Quatre Temps (pourquoi ça s'appelle  les Quatres Temps? Parce qu'il fait le même temps à l'intérieur qu'on soit en été, en hiver, ou en pleine saison des pluies? Et pourquoi pas en pleine tempête de sable? De toutes façons, le paysage est le même: consommez, consommez, il faut que vous consommiez! )

J'ai même plus assez de cerveau en sortant pour vous expliquer par quel tour de passe-passe je me retrouve encore à bosser sans salaire, alors que j'avais accepté ce boulot uniquement parce que le militantisme et le bloggisme ne nourrissent pas...

Et le pire du pire, c'est qu'en rentrant le soir, je me mets sur Facebook, et je regarde les gens par le petit bout de leurs fiches...
Je file un mauvais conton (pas bio, le coton, plutôt blanchi au chlore et récolté par des ptits nenfants pas payés... ).

Ce soir, j'avais réussi à m'échapper avant 19h de cet amas de béton et d'acier, du coup je suis tombée nez à nez, à la sortie du métro, avec les amis Verts du 12e, à qui j'avais promis un coup de main pour le tractage de ce matin.. bernique, trop crevée, je suis partie comme d'hab à 9h moins 5 pour être à 9h à l'autre bout de Paris.

Donc j'ai essayé de me rattraper, la sacoche d'une main, le sac à main au poignet , les tracts dans la troisième main (ah non , pardon, l'autre main, quoi!) .
J'ai profité de quelques sourires de voisins pourtant inconnus "c'est qui? Ah , les Verts, j'veux bien" , j'ai essayé de rester calmes face aux gens qui nous traitaient de khmers verts ou de bobos sectaires et j'ai apprécié le chocolat chaud dans le café du coin. Je me suis même surprise à ne pas avoir envie de me revisser le casque du  balladeur sur les oreilles en rentrant, et à avoir envie de discuter avec la boulangère.

Tout n'est peut-être pas perdu...


PS: ah, j'allais oublier de vous montrer les photos de mon bel environnement .."Y en a des" à qui ça donne un sentiment de puissance, d'être au 18e étage d'une tour, moi ça me donne un peu l'impression d'être dans un mauvais film de Science Fiction... Est-ce que j'ai pensé à prendre mon Prozium ce matin??

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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 06:31

Là je suis mal. Hier soir, j'étais mal, cette nuit j'ai à peine dormi et je suis mal, encore. C'est là que je me rends compte que j'avais presque oublié ce que c'était (donc ok, il y a progrès). Mais du coup je sens bien la douleur, je ne suis plus habituée, je ne suis plus dans la fatalité du "je serai toujours mal", non maintenant je sais ce que ça fait de se sentir bien et le retour dans l'anxiété, le mal au dos, la machoire crispée, l'envie de pleurer sans y arriver, la peur que la dépression refoute tout en l'air, je ressens tout ça encore plus. Maintenant, j'ai quelque chose à perdre, et c'est le bien-être relatif que j'avais trouvé... et ce boulot, qui ne me satisfait pas mais qui me permettrait de ne plus expliquer pourquoi je ne travaille pas "comme tout le monde" (même si entre temps  je me suis rendue compte que non, "tout le monde" ne travaillait pas, seul ceux qui le peuvent ou/et le veulent travaillent).
Ma mère m'a fait la remarque, que je ne devais pas me plaindre de mon travail, puisque maintenant je n'aurais selon elle plus de raison d'avoir l'impression de ne servir à rien. Comme si c'était si simple. Je ne sais pas vraiment à quoi sert ce que je peux faire dans ce boulot. Faire passer des informations sur un réseau, et après? Je ne sais même pas de quelles infos il s'agit, à quoi elles servent, ce qui se passe si ça ne marche pas...
une petite fourmi qui se retrouve au milieu d'une chaîne sans trop savoir ce que le groupe de fourmi essaye de faire. Elle sait juste qu'on lui demande de tenir, de jouer le maillon entre la fourmi du dessus et celle du dessous.
On ne peut pas dire que je me sente plus utile, maintenant. Au moins quand je jouais les agitatrices avec les autres précaires qui en avaient marre, quand je militais pour qu'on respecte les femmes je savais à quoi je voulais aboutir. Là, je ne vois pas vraiment en quoi ce que je fais est utile à la société, ça ne correspond pas à un idéal que j'ai. Je me sens moins inutile aux yeux de ceux pour qui on n'est utile à la société que si on a un travail salarié. Sauf qu'en fait à la moindre défaillance, je pourrai tomber et les autres fourmis arriveront toujours à se rattraper, sans briser la chaîne. Personne n'est indispensable. Si je retombe dans ma dépression , je ne ferai plus partie de la chaîne, et j'aurai juste encore une fois à assumer d'être celle qui a flanché et qui ne sert plus à rien parce que son travail dans la chaîne lui aura fait perdre le petit morceau de pain qu'elle essayait de ramener chez elle pour l'hiver. La petite fourmi qui aura tout perdu, son utilité dans la chaîne et ce qu'elle essayait de construire pour elle.

copyright DR La Citadelle assiégée






















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15 novembre 2007 4 15 /11 /novembre /2007 01:10
J'ai cru être dans une bonne école parce qu'il y avait une sélection à l'entrée. Mais ayant des parents qui ont trouvé les moyens de me permettre de faire ces études sans que j'aie vraiment conscience de leur coût, je ne me suis pas rendue compte tout de suite qu'une autre sélection s'était opérée, par l'argent.
Et du coup, là où je croyais trouver des gens intelligents et travailleurs je me suis trouvée entourée de gamins immatures ne connaissant pas la valeur de l'argent et se croyant plus intelligents que leurs profs, puisqu'on leur avait inculqué la haine des profs, assimilés soit à des gauchistes soit à des incompétents qui s'étaient retrouvés là parce qu'ils n'avaient pas su faire carrière en entreprise. De leurs doctorats et autres diplômes, ils n'en avaient cure, ils ne prenaient au sérieux que ceux qui avaient fait auparavant la même école, ou une "mieux classée".
J'ai été extrêmement déçue du niveau dans ces écoles qui se vantent d'avoir un taux de placement exceptionnel.  A la fin des deux années de préparation intégrée, la direction a décidé de mettre une dictée obligatoire pour l'entrée en cycle ingénieur. Ce qui me semblait un minimum pour prétendre à un diplôme d'ingénieur leur a paru scandaleux. Savoir écrire français ne leur semblait pas nécessaire.
Et le pire dans tout ça, c'est  que ces gens ont de meilleurs salaires que des universitaires dont l'intelligence m'inspire le respect.
C'est vraiment une caste de riches qui s'entretient, faisant croire que c'est le mérite qui les amène à gagner confortablement leur vie quand c'est en fait l'argent de leurs parents et l'entretien d'un réseau de relations bien placées.
Même quand on nous parle d'être arrivé à la force des poignets (cf Nicolas Sarkozy ou Rachida Dati) il s'agissait plus de lécher les bonne bottes et de sortir dans les bons endroits que de travail personnel et d'acharnement à se sortir de l'ignorance.
D'ailleurs aucun élève de grande école ne me contredira, on entre dans une grande école pour son réseau plus que pour la qualité de l'enseignement qui y est dispensé, des nos jours. Les dirigeants d'HEC ne s'y trompent pas, qui utilisent cela comme leur principal argument pour attirer les meilleurs élèves... qui en ressortiront avec un lavage de cerveau capitaliste du meilleur effet sur les recruteurs du privé.

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5 septembre 2007 3 05 /09 /septembre /2007 11:32
Ce que j'oubliais dans mon billet d'hier sur le Vélib' (sans doute un refoulement, on a tellement de raisons de s'indigner et de se révolter en ce moment que je suis obligée d'en oublier de même que je suis obligée de ne pas vous faire part ici de toutes mes révoltes parce que j'y passerais ma vie) c'est qu'à peine 5 minutes après avoir enfourché mon premier Vélib, j'assistais à ma première interpellation de cycliste. Un gars (pas un vélibiste, cette fois) avait brûlé un feu rouge devant moi. La première voiture à s'arrêter sur la piste cyclable et à m'obliger à un dépassement dangereux, c'était donc une voiture banalisée de la Police. Comme je n'étais pas trop sûre de moi, je me suis retrouvée coincée derrière eux, avec la vague trouille qu'ils me soupçonnent de vouloir m'interposer dans leur interpellation. C'est sur que l'effet dissuasif est imparable, je n'ai plus envie de prendre des sens interdits ou de brûler des feux rouges.
Mais bizarrement, je lis dans le Monde que les sanctions des comportements des cyclistes sont en augmentation depuis la mise en place de Vélib'. Est-ce pour prouver que sa mise en place a rendu les comportements dangereux plus fréquents? (on confond souvent le nombre d'interpellations avec le nombre d'infractions commises) Est-ce, en vue des municipales, un moyen de casser la dynamique du Vélib' ? (voir  Sarkofrance)
En tout cas, dans les consignes d'Alain Gardère, le directeur de la police de proximité, est également demandé la "répression des infractions commises par les autres usagers de la route" qui pourraient "entraîner un danger pour les cyclistes", dont ceux circulant sur les pistes cyclables." Que dire donc des flics qui m'ont barré la route? Pour une infraction qui n'entraînait pas de réel danger (feu pour laisser le pssages aux piétons sans aucun piéton en vue), je me suis retrouvée moi en situation beaucoup plus dangereuse grâce à leur interpellation.
[mode humour on]
J'ai une question bête: pourquoi ils ne font pas leurs interpellations à vélo??? Pft, encore un moyen de se valoriser, un truc du genre "mon engin il est plus gros que le tien, donc je suis puissant, et tu vas devoir m'obéir!" !
[mode humour off]


Pas d'indulgence pour les cyclistes
LE MONDE | 30.08.07
© Le Monde.fr
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4 septembre 2007 2 04 /09 /septembre /2007 16:20
Je tiens quand même à remercier Decaux et la Mairie de Paris  (ça sera bien la première et j'espère la dernière fois de ma vie que je remercie un publicitaire) , qui m'ont permis de réessayer le vélo. 
J'ai jamais été trop forte sur ces bêtes-là. Au collège, ma copine Joëlle fonçait à toute berzingue dans le quartier, faisant fi des trottoirs, ralentisseurs, pots de yaourts et autres obstacles sur notre chemin. Et moi, fatiguée d'avoir l'air d'une froussarde infouttue de lâcher son guidon pour indiquer ses changements de direction, j'avais fini par décider qu'on se verrait chez elle ou chez moi, mais en tout cas bien au chaud (et à l'abri) avec un Trivial Pursuit Junior et une bouteille de sirop de grenadine.
J'ai quand même refait des efforts un peu plus tard pour une ballade en VTT dans le Jura. J'avais gagné un séjour au CPIE de Franche Comté (je croyais que c'était un Centre Permanent d'Initiation à l'Environnement, à ce que je me rappelais, mais je viens de lire ailleurs qu'il s'agissait d'initiatives pour l'environnement... changement de nom ou mémoire défaillante?), fallait bien suivre le groupe et au niveau paysages, ça valait le coup.

Mais depuis ma majorité environ, rien. J'ai bien pratiqué un peu le vélo de salon devant les images du tour de France, parce que c'est toujours rigolo et qu'il fallait rentabiliser le machin que ma mère s'était achetée pour ne jamais s'en servir (comme la plupart des choses qu'elle achète d'ailleurs, mais c'est une autre histoire...).
Il ne faut pas croire pour autant que je suis devenue une fan de voiture dès le passage de mon permis. J'ai bien récupéré une vieille voiture de mon grand oncle, passée entre temps entre les mains de ma mère et donc plus trop en grosse forme, mais elle m'a servi principalement à faire mes trajets pendant mes stages (et non, l'essence était pas remboursée non plus...) jusqu'à ce qu'elle rende l'âme pendant mon stage ingénieur, sous l'oeil amusé des gars à la terrasse du bistrot qui ont regardé mon moteur fumer et cracher d'un air goguenard (non, c'est pas le moteur qui avait un air goguenard, mais suivez un peu, bon sang!) . Quand j'y repense, je me dis que c'était ce qui pouvait arriver de mieux à ce veau polluant qui suçait du Super avec plomb sans modération et qui était aussi facile à manoeuvrer qu'un char d'assaut. (bon, je sais, vous allez me dire que si j'avais du mal avec mon vélo, c'est pas étonnant que j'aie eu du mal avec une R19 sans conduite assistée, mais CA N'A RIEN A VOIR! Et d'abord j'ai eu mon permis du premier coup, na!)

Brrrreeeef, ça faisait donc quelques temps qu'à force  de pester sur le règne de l'automobile, sur l'espace énorme que les voitures prennent sur la ville, j'avais beau utiliser uniquement mes pieds et les transports en commun, je me sentais comme une écolo en pleine imposture, puisque je n'avais même pas mon vélo pour parcourir Paris et "reconquérir l'espace urbain" comme ils disent... D'où un espèce de stress en voyant arriver les Vélib' ; "mince, je vais plus pouvoir dire que c'est parce que j'ai pas de vélo"... Je suis restée à tourner autour du pot un moment, à écouter les témoignages de "ceux qui avaient essayé" (c'était quand même l'évènement de l'été à Paris, en dehors de l'actualité politique déprimante et de la météo tout aussi déprimante) et j'ai quand même fini par en essayer un. J'ai choisi une borne bien planquée dans une rue pas trop fréquentée, à une heure creuse, j'ai fait trois fois le tour de la borne (pourtant, je savais comment ça marchait, c'est mon truc de tout savoir en théorie avant d'oser passer à la pratique) et j'en ai pris un, juste pour voir. J'ai fait trois tours de pédales avant de me rendre compte que j'avais les genoux sous le menton et que je pourrais pas continuer comme ça;  j'ai failli le reposer parce que je savais pas comment remonter la selle et que le gars, dans le camion, là, c'était sûr qu'il se fouttait de ma tête,je me suis fait mal aux doigts, j'ai quand même réussi (pas assez) , et je suis partie, zigzaguant un peu, la peur au ventre et la honte aux joues, en essayant de rester le plus possible loin des voitures (le mois d'août m'a bien aidée là dessus). Quelques rues plus loin, j'étais quelqu'un d'autre: j'avais vaincu!!! La peur, la ville, les voitures, les feux rouges, le monde entier! Une reine du Vélib était née!!

Depuis j'ai des vraies traversées de Paris à mon actif, taxis hargneux et curieux qui posent des questions compris. "Alors, ça marche bien?",  "C'est cher?",  "Oh, il est beau votre vélo", etc, etc. J'ai même aidé une dame à en prendre un, connu mes premières galères (pédale manquante, borne qui refuse de fonctionner, station pleine).

Ouf, je suis une vraie écolo maintenant!! :-D

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23 mai 2007 3 23 /05 /mai /2007 15:06
Si vous conaissez mon parcours, et les déclarations des hommes au pouvoir en ce moment, vous comprendrez que je m'interroge sur ces notions de mérite et d'élitisme.

Avertissement: Je me suis lancée à relater tout ça pour mieux comprendre le sentiment d'échec vis à vis de mon mastère à HEC et de ma recherche d'emploi, échecs qui me pourrissent la vie et me donnent parfois envie de me traiter de moins que rien. L'élitisme c'est ça; beaucoup d'attentes de la part de gens qui vous utilisent plus ou moins, beaucoup de sentiment de devoir réussir pour ne pas gâcher ce que d'autres ont considéré comme des talent, et peu de choix... à moins d'avoir un caractère extrêmement bien trempé, caractère que je n'ai jamais eu, ou en tout cas pas au bon moment., et surtout pas maintenant que j'en aurais le plus besoin... (rectification après quelques jours de repos: ça dépend des jours quand même! :p).

J'ai été en classe de première, sans l'avoir choisi, dans une classe "élitiste" de mon vieux lycée de province (ce qui , je vous l'accorde est sans commune mesure avec les lycées parisiens). Seuls y avaient accés les élèves les plus prometteurs (un sondage en début d'années réalisé par mon prof de maths indiquait qu'aucun de nous n'avait eu une moyenne inférieure à 14 en maths en seconde). C'est comme ça que j'ai fait connaissance avec l'élitisme. D'une certaine manière, je l'avais "mérité", au vu de mes résultats scolaires (nous reviendrons plus tard sur le fait que la carte scolaire, bien que ne m'ayant pas épargné un collègue où la réussite au brevet des collèges était loin d'être une chose acquise, m'avait tout de même permis d'accéder à un des meilleurs lycées de la ville adjacente. La banlieue en question n'était certes pas ce qu'on appelle une "cité" de nos jours, mais comptait son lot de familles défavorisées et de problèmes de discipline).
L'arrivée dans cette classe , élitiste donc, ne s'est pas faite sans casse et sans difficultés pour les élèves sélectionnés. Tous consciencieux et soucieux de donner le meilleur d'eux -même, certains ont accusé le coup dans une classe où le niveau "médian" était bien au dessus de la moyenne des autres lycées et ont très mal vécu de passer d'une moyenne de 15 en seconde à une moyenne de 6 en première S; on n'a beau être un élève prometteur, face à l'élite on est peu de choses.
C'est que l'objectif affiché n'était pas d'obtenir le bac, comme dans la plupart des autres classes de première-terminale, mais d'intégrer les classes préparatoires aux grandes écoles, dans lesquelles nos places étaient quasiment réservées dans les lycées de la région. (ces lycées ne se fiaient d'ailleurs pas uniquement aux résultats inscrits sur le bulletin de notes mais aussi à la classe dans laquelle ces résultats étaient obtenus: c'est l'autre facette du mécanisme tant décrié selon lequel on considère qu'un bac obtenu en banlieue vaut moins qu'un bac obtenu dans un lycée d'élite).
C'est à cette période que j'ai commencé à avoir des doutes sur l'impact psychologique de l'élitisme chez des élèves certes brillants mais qui n'avaient pas demandé à être jugés du jour au lendemain comme les élèves médiocres de l'élite. C'est un changement de repère difficile à vivre, surtout à l'âge de 15-16 ans, période de l'adolescence où bien d'autres sujets de préoccupation peuvent amener à un mal-être et à une dévalorisation de soi (difficultés d'intégration dans un milieu dont on ne connaît pas les codes, découverte de la sexualité, investissement excessif de l'image que les autres ont de nous...tous ces problèmes que tous les adolescents rencontrent et qui sont supplantés dans ces conditions par la nécessité de se maintenir à flot sur le plan scolaire, reportant à plus tard les crises nécessaires de l'adolescence).
D'autres difficultés s'ajoutent sur le plan de l'orientation que l'on souhaite donner à sa vie (je dis bien sa vie , parce que l'orientation scolaire, finalement, n'est q'un moyen de donner une orientation à sa vie).
Dans cette classe dont les professeurs n'ont d'yeux que pour les grandes écoles et les classes préparatoires qui y mennent, le choix d'une vie différente est étouffé dans l'oeuf pour qui n'a pas encore un caractère assez affirmé pour ,d'une part savoir ce qu'il veut vraiment, et d'autre part oser l'affirmer face à des parents et profs qui "savent mieux que nous ce qui est bon pour nous". Je garde une certaine admiration pour Patricia qui décida de braver les interdits en s'inscrivant en fin de compte aux Beaux arts, après avoir envisagé le choix plus "raisonnable" d'une école d'architecte ; quel gâchis pour les éleveurs de "futurs cadres" qui nous faisaient cours tous les jours!
Même le prof de français s'extasiait sur nos prouesses en français, "en rien comparable avec ce qu'il observait chez nos camarades de filière L" , et m'avait présentée presque sans me demander mon avis au concours général. Sans aller bien sûr jusqu'à m'encourager à poursuivre mes études dans ce domaine, puisque mieux vaut un ingénieur ou un commercial malheureux -mais au travail- qu'un littéraire passionné mais inutile à la société du CAC40.

Pour nous donc , malgré quelques rebelles comme Patricia l'artiste, Laurence l'instit et Nadège l'infirmière ( elle subissait conjointement la pression des professeurs et la pression de sa mère pour qui instit était le plus indiqué pour une future mère de famille: "pense à tes enfants, aux vacances, aux horaires réguliers!! " ) . Bref , à quelques exceptions près nous étions destinés à alimenter en têtes bien faites les classes préparatoires Maths Sup et HEC des deux meilleurs lycées de la région.

Je tiens à préciser qu'il n'y avait pas de "pression" explicite, mais tout un ensemble de sous-entendus qui laissaient entendre qu'aucune autre carrière n'était envisagrable.

Deux exemples:

rencontre avec ma prof principale en terminale concernant mon orientation (prof de physique -plus jeune agrégée de France en son temps- surnommée Speedy pour sa capacité à remplir un tableur noir en moins de 10 minutes et ses pauses-éclair qui laissaient juste le temsp de rattraper le retard sur le notes qu'on n'avait pas encore eu le temps de prendre). Juste avant l'entretien, j'étais pour ma part d'un grande perplexité. Mon coeur penchait pour Sciences po à cause d'un goût prononcé pour la chose publique mais j'avais renoncé à cette idée suite à la réaction de ma mère quand une prof de sciences économiques en seconde le lui avait suggéré: "ben voyons! et pourquoi pas l'Ena, tant qu'on y est?". (ne me demandez pas en quoi envisager sciences po était plus prétentieux que d'envisager une école d'ingénieurs, seule ma mère le sait...)
Pour cet entretien avec ma prof princiaple, j'avais demandé à mon père de m'accompagner, de peur de ne rien savoir dire. J'ai finalement répété mot pour mot sa suggestion : "je voudrais être ingénieur" (faut-il préciser qu'il est lui-même ingénieur? :p)
Prof de physique: "je vous déconseille la classe préparatoire, j'aurais dit oui sans hésiter l'an dernier, mais ces derniers mois vous avez un peu flanché, je ne pense pas que vous tiendrez le coup"
Moi: "ah bon"
Prof de physique : " et en philo, vous vous en sortez comment"
Moi: "ça va.."
Prof de physique: " Alors faites une prépa HEC!"
Moi intérieurement: "vous oubliez que j'ai un rapport d'amour/haine avec l'histoire. Toutes ces dates à retenir sans jamais avoir le temps de s'intéresser au contexte, à ce que les gens ressentent ou vivent des évènements qui jalonnent l'histoire de la France. Sous la forme où c'est enseigné ça m'étonnerait que j'accroche plus en prépa HEC (passer en un mois des trente glorieuses aux accords de Grenelle sans rien y comprendre, c'est pas mon truc... )" Mais bon , inutile de polémiquer sur ce que je pense de l'enseignement de l'histoire, pour elle, rien n'existe en dehors de maths sup et prépa HEC.
Mon père: mais il existe des écoles à prépa intégrée, où il n'y pas la pression des prépas (vous savez les profs qui vous mettent des notes minables et vous disent à longueur de temps que vous êtes des incapables, que c'est pas comme ça que vous décrocherez les meilleurs écoles, sans même se demander si on peut avoir d'autre but dans la vie que de décrocher la meilleure école...)
Prof: oui, faites donc une école à prépa intégrée..

Deuxième exemple: Autre tentative de discussion avec mon prof de maths
Moi: j'hésite sur mon orientation: mon père m'encourage à faire une école d'ingénieurs à prépa intégrée parce que je suis bonne en maths et pas trop mauvaise en physique. Mais en fait j'ai l'impression que les matières en prépa HEC m'intéresseraient plus (même si je suis pas enchantée de me retrouver avec des commerciaux aux dents longues, mais comme tout est fait pour nous faire comprendre qu'hors Maths sup et prépa HEC, point de salut... je ne pense même pas à autre chose). J'aime mieux les sciences humaines , j'ai l'impression que c'est des matières plus nobles.
Lui: (s'étouffe): Ah bon, parce que les maths et la physique c'est pas noble?
Je comprends que j'ai fait une maladresse, je retourne m'assoir à ma place et j'attends la suite du cours.

Concours général de français
Je passe 6 heures dans une salle, je rends un devoir passable (quand on est dans l'élitisme, le passable, même si ça veut dire que ça ne vaut pas rien c'est quand même nul). Bien sûr je ne suis pas lauréate. Faut pas pousser quand même, je ne suis pas un génie. Vague impression de décevoir mon prof de français. C'est le début des innombrables sentiments d'être toujours quelqu'un qui déçoit. L'estime de moi elle se joue à ça aussi: des gens qui disent croire en mes capacités, et que je déçois. Et en quelque sorte, je m'en veux de décevoir tant de moinde.

Suite au prochain épisode si j'ai le courage et si je ne reçois pas trop de commentaires du genre "de quoi tu te plains, t'avais tout pour réussir, t'es l'unique responsable de ta vie, tu vas pas jouer les victimes!", vu que c'est pour sortir de cette culpabilité qui me détruit que j'écris tout ça.
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