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Soutien

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Comme une machine qui consommerait un maximum de pétrole uniquement pour entretenir sa surchauffe, l'intello du dessous consomme un maximum de facultés intellectuelles pour entretenir sa capacité à surmener son cerveau... en pure perte. Un pur produit de la société de surinformation dans laquelle on patauge...

Aujourd'hui j'ai décidé que tout ça allait sortir, et que je ferais connaître à  d'autres cerveaux surmenés et improductifs le chaos de mes pensées. Ca me fend un peu le coeur d'ajouter au flot d'informations inutiles qui circulent sur le net, mais il paraît qu'un être humain doit s'exprimer pour vivre, il paraît qu'il faut partager ses pensées pour qu'elles ne restent pas vaines. Alors bien sûr, cette décision tiendra jusqu'à ce que la somme d'informations que j'ingurgite chaque jour ne submerge la ressource mémoire où est née l'idée de ce blog, mais ne désespérons pas. Peut-être que le Bouddha qui veilla sur mon berceau me donnera la faculté d'entretenir mon jardin...

 

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6 avril 2006 4 06 /04 /avril /2006 17:03
J'ai eu hier mon exemplaire du livre que nous avons écrit collectivement , à l'aide de tous les témoignages reçus sur le site de Génération Précaire, et sur notre adresse mail. Ca s'appelle "Sois stage et tais-toi".
Je le connaissais, j'y avais participé, je l'avais relu, petits bouts par petits bouts, mais là je dois quand même reconnaître que ce bouquin est terrifiant.
J'ai commencé à le relire d'une traite mais je craque avant la fin.
Arrivée au témoignage du "petit génie de la finance" qui décide d'arrêter une fois pour toutes les stages, je craque, j'éclate en sanglots...
"Moi, j'ai arrêté cette folie qui va mal finir...[...]C'est une décision difficile à prendre, après tous les sacrifices que mes proches et moi-même avions faits. Alors, comme j'ai 26 ans, je me suis inscrit au RMI. J'ai eu honte. Quand je regarde les clochards dans la rue, je m'imagine comme eux dans quelques années. J'ai honte vis à vis de mes parents qui ont fait tant de sacrifices pour me payer mes études. J'ai honte vis-à-vis de ma famille. Tout le monde me voyait comme un petit génie de la finance, qui réussissait formidablement bien dans ses études. J'ai honte vis-à-vis de mes amis qui ont fait moins d'études que moi et qui bossent, qui s'installent en couple, ont des projets de voyages... Je n'ose plus les voir".
Je suis comme lui, j'ai honte. Tout en sachant que ni lui ni moi n'avons raison de nous sentir honteux, la honte est là.
Et pourtant, "je suis loin d'avoir passé ma jeunesse à glander", je devrais pas avoir à rougir...


-  Sortie : 13 avril 2006
-  Edition : La Découverte
-  Collection : Cahiers Libres
-  228 pages, 12€
-  Contact presse : Marion Staub (Tel 01 44 08 84 22 - Fax 01 44 08 84 17)
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2 février 2006 4 02 /02 /février /2006 00:00
Je suis désespérée...

A quoi va me mener la ridicule mission d'interim de 2 mois que je fais  en ce moment? Ca ne fait que m'imposer des horaires auxquels j'aurais bien d'autres choses à faire (entretiens de recrutement, salons pour rencontrer des entreprises, élaboration d'un projet personnel de création d'entreprise, pourquoi pas? )

Au lieu de ça, je fais soi disant une analyse environnementale que personne ne lira, pour une structure où le système qualité est déjà bancal par manque de conviction de l'encadrement , et où personne ne reprendra le flambeau pour monter un vrai système de management environnemental.

A quoi ça sert? Ca sert à ce que la direction de la boîte puisse clamer partout que son entreprise aura  certifié son système de management environnemental dans 5 ans, alors qu'elle s'est donné si peu de moyens pour y parvenir ...

Le document de la direction à destination des responsables de sites pour la mise en place de leur management environnemental précise texto qu'il est inutile de faire appel à un cabinet de consultants pour l'analyse environnementale et qu'il vaut mieux faire appel à un stagiaire d'école (moins cher).

C'est comme ça qu'à la première proposition de stage que j'ai eue dans cette entreprise, on m'a expliqué que le site était certifité ISO 14001, mais que le système de management environnemental avait été rédigé par quelqu'un qui n'était plus là (je ne savais pas encore que c'était un stagiaire), qu'il était ingérable, qu'il y avait trop de critères à prendre en compte, que le "responsable" environnement était un gars qu'on avait mis là au placard et qui n'avait pas du tout envie de s'en occuper. En gros, "help, aidez-nous, mais on doit vous dire que même si vous faites du bon boulot on n'a que de l'interim à vous proposer pour la suite". Et moi, bonne poire qui adore les causes perdues, je n'ai même pas choisi d'aller sur ce site là, mais sur un autre où il n'y avait encore rien de fait en terme de management environnemental. Et finalement c'est pire.

Tic tac, plus que 26 jours. Et tout le monde est focalisé sur l'audit qualité qui arrive, donc l'environnement, autant dire qu'on s'en fout. Comment je fais dans cette ambiance pour transmettre le flambeau?  Comment je fais pour que tout ça ne soit pas qu'un coup d'épée dans l'eau?
Et puis en mars, je retourne à mon cher chomage...
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31 décembre 2005 6 31 /12 /décembre /2005 01:25

Tout le monde l'aura compris, je suis plutôt du genre à me perdre dans mes pensées plutôt qu'à m'intéresser aux gens qui m'entourent, voire j'ai un sérieux penchant pour l'égocentrisme...

La plus grosse méga preuve qui me fait honte, d'ailleurs, c'est que j'ai deux amies qui m'ont grâcieusement mises en lien sur leur blog, et qu'ingrate et vile comme je suis, je ne leur avais même pas renvoyé l'appareil!!

On se retrouve donc dans la rubrique "A lire, à voir etc" pour faire connaissance avec deux personnes extra que j'ai rencontrées grâce, faut-il le dire? , aux Chiennes de Garde!  Eh oui, il y a de tout dans ce monde de féministes hystériques et poilues qui pourfendent le macho de base et terrorisent nos hommes politiques (enfin, il paraît, hein... ). Mais halte à l'autodérision, mon engagement auprès des Chiennes de Garde c'est plutôt sérieux; même si j'y ai rencontrées des amies plutôt drôles, je vous assure qu'on ne rigole pas beaucoup devant les lettres d'appel au secours qu'on reçoit... et il m'a fallu beaucoup de servilité stagiairiesque pour avaler les couleuvres qu'on fait subir à la "petite jeune fille" dans le milieu de machos où j'ai fait mes stages! Comment trouver le juste milieu entre révolte et diplomatie?? Faudra que je pense à vous écrire un truc là dessus...

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21 décembre 2005 3 21 /12 /décembre /2005 19:19
Cher Père Noël

J'ai pas été très sage cette année, et puis j'ai pas toujours respecté les règles de grammaire. Alors oui, je sais qu'on dit "je n'ai pas été très sage" et "je n'ai pas respecté" mais tu sais, Père Noël , de nos jours c'est pas très "in" de parler le français tout bien comme il faut...  Quand ma mamie me demandait "Veux-tu quelque chose à manger?" ça se voyait bien que Mamie elle parlait pas beaucoup avec les jeunes... Même dans les cours de français langue étrangère on apprend à dire "Est-ce que tu veux manger quelque chose?" ...

Enfin passons:

Alors cher Père Noël voilà ce que je voudrais pour Noël:

-un code du Travail
Je voudrais voir si  y a vraiment rien sur les stagiaires, parce que c'est quand même pas possible qu'ils aient fait une bourde pareille dans le code du Travail !!
Et puis aussi, je voudrais savoir à quoi servent exactement les boîtes d'Interim, parce que ça fait deux fois qu'on me dit de m'inscrire dans une boîte d'interim pour pouvoir m'embaucher, et moi je croyais que si la boîte d'interim elle gagnait presqu'autant que l'interimaire c'était parce qu'elle s'était donné du mal pour chercher des bons candidats, et qu'elle se donnait du mal pour leur trouver du travail qui corresponde à leurs envies et leurs compétences.. enfin comme dans la pub quoi! Là, la boîte d'interim elle a même pas le temps de me recevoir, elle a fait ma fiche par téléphone et elle me dit d'aller sur le site internet pour cliquer sur "accepter la mission". Dire qu'ils sont prêts à la payer tout ça , rien que pour pas me faire un CDD...
Je suis pas sûre que je comprendrai mieux avec un code du travail, mais on sait jamais...


-un code de l'Environnement
Comme ça je pourrai photocopier des pages pour mon ancien maître de stage et pour son directeur.

-un bouquin de Pierre Bourdieu: "La Noblesse d'Etat: Grandes Ecoles et esprit de corps"
J'en ai lu des passages à la Bibliothèque la dernière fois, quand j'essayais de faire un devoir sur le responsabilité sociale des Grandes Ecoles... Bon, bien sûr, finalement j'ai pas fini le travail, de toutes façon j'avais que jusqu'à la semaine dernière pour le faire, mais Père Noël, si tu m'avais offert ce bouquin à 17 ans, je me serais sûrement pas inscrit dans une école d'ingénieurs... T'as été vache sur ce coup là..

- un casque avec un micro, mais un qui marche! Comme ça je pourrai faire tout plein de missions de télé-enquêtrice et j'aurai même pas besoin de crier, et j'irai vachement plus vite que les autres parce que je serai pas obligée de raccrocher parce que j'entends rien...

- une facture de téléphone avec mon nom  et mon adresse dessus, et pas une facture de téléphone portable
Comme ça je pourrai m'inscrire sur les listes électorales. La dernière fois, non seuement la dame elle a pas voulu m'inscrire, mais en plus elle a eu l'air étonnée quand je lui ai dit que toutes les factures étaient au nom de mes parents. Je savais pas qu'on pouvait nous reprocher de faire semblant d'habiter où on habite si on payait pas l'électricité et le téléphone. Par contre j'ai encore le droit de voter dans le bled où y avait le campus de mon ancienne école, alors que j'habitais même pas dans le village et que j'y connais personne... J'avais pas tellement tort quand je disais que j'habitais nulle part...

- une adresse de psy qui fait pas attendre des heures dans sa salle d'attente et qui donne des rendez-vous à des heures où je peux y aller même si je travaille.

Je pense que déjà, avec tout ça, ma vie elle sera vachement plus cool.

A bientôt Père Noël

PS: laisse tomber les babioles, les fringues, tout ça... oublie pas que maman est accro des sites de vente par correspondance. D'ailleurs si tu pouvais faire quelque chose pour qu'ils perdent tous leurs fichiers, ça me ferait drôlement plaisir...
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14 décembre 2005 3 14 /12 /décembre /2005 04:09
Il est 3h13 quand je commence à écrire. Et il  y a deux minutes, j'étais dans mon lit, parfaitement éveillée, en train de lister point par point ce que j'aimerais reprocher, si j'osais, à la grande école qui m'a accueillie ces deux dernières années (enfin, surtout la première... vous allez comprendre pourquoi). Je jouais une vraie pièce de théâtre dans ma tête; ça m'a toujours paru très étrange cette volubilité dans des scènes imaginées, que j'ai assez rarement dans la "vraie vie". Il est rare que je laisse exploser ma colère, rare même que je dise au moment opportun les choses qui me touchent ou me dérangent. Même si j'essaye de changer tout ça, ma position a souvent été le calme stoïque.
Mais dans certains moments, la colère prend le dessus, et c'est moi qui en fais les frais. Au lieu de dormir, je boue intérieurement, je me venge en parole vaines et silencieuses de toutes les humiliations qu'on fait subir quotidiennement à ceux à qui l'éducation a appris à ne pas faire de vagues.

Cette nuit, l'objet de ma colère, c'est cette école. Un grand nom, une grande marque, un symbole de l'élite paraît-il... Un symbole d'autosuffisance en réalité. "Nous sommes les meilleurs donc nous avons droit aux meilleurs élèves. Nous sommes les meilleurs donc les élèves acceptent de payer très cher (en travail mais aussi en espèces sonnantes et trébuchantes) le droit de suivre un enseignement dans nos murs. Nous sommes les meilleurs donc notre image est une véritable marque dont il faut prendre soin (nous sommes les rois du marketing, d'ailleurs). Nous sommes les meilleurs donc nos étudiants se doivent d'être irréprochables en dehors de nos murs (même si dans l'espace fermé de nos soirées tout à fait privées ils ont droit à tous les excès, voire pire). Nous sommes les meilleurs donc certaines offres d'emploi ne se transmettent qu'à ceux qui ont payé leur  dime à la vénérable association des anciens (mieux  vaut ne pas risquer une contamination par de quelconques candidatures n'émanant pas du saint des saint, vous comprenez... Et il faut bien qu'il y ait quelques avantages pour ceux qui restent fidèles à la vénérable association des anciens...). Nous sommes les meilleurs donc nos étudiants se doivent, lorsqu'ils recoivent une personnalité importante (entendez: financièrement parlant) de ne pas émettre la moindre critique, de ne pas poser la moindre question gênante, quand bien même cela ferait partie du sujet même du débat..."Je me rappelle encore de la remontrance de ma responsable pédagogique après que j'aie osé poser une question sur la bonne gouvernance des banques (allusion à peine masquée, j'avoue, aux déboires du Crédit Lyonnais) au directeur... d'une Banque. C'est vrai , j'oubliais que c'était à lui que nous devions notre formidable voyage d'étude en Afrique... Mais si la responsabilité sociale des entreprises, l'éthique et le développement durable faisaient justement l'objet de notre rencontre, cette question était-elle réellement saugrenue? Si les représentants de l'école se permettent de nous présenter comme de "futurs dirigeants" alors que nous peinons déjà à trouver un stage qui nous permette de nous loger décemment, qu'est-ce qui devrait m'empêcher de jouer le jeu et de lui poser la question d'égal à égal, de "futur dirigeant" à dirigeant que seul l'âge sépare? Quelle prétention, n'est-ce pas... !
C'est ça, être dans une grande école; devoir jouer en permanence au "futur dirigeant" même quand on ne sait même pas si on pourra rembourser son emprunt, montrer partout à quel point on est quelqu'un de brillant pour faire rayonner l'image de l'école... et surtout disparaître du paysage quand les choses tournent mal.
Je suis ulcérée par la manière dont on m'a évincée quand la dépression a montré le bout de son nez. Ecoeurée qu'on ait aimablement proposé à ma maître de stage que je me mette en arrêt maladie jusqu'à la fin de la convention de stage pour qu'elle n'ait pas à assumer le spectacle d'une difficulté de vivre qu'elle n'avait pas le courage de voir. Ecoeurée que personne n'ait évoqué le fait que vivre dans une région inconnue,  à 50km de son boulot, sans autre moyen de transport qu'un train toujours en retard et une navette qui ne fait pas d'heure sup pour rattraper les déboires de la SNCF, et avec 350 euros pour tout défraiement, ait pu être une circonstance aggravante.
Un stagiaire n'est pas salarié parce qu'il dépend encore de son école d'origine... paraît-il... Est-il normal que cette école d'origine ne propose pas d'autre solution qu'un arrêt maladie dont la durée n'est pas fixée par le médecin mais par deux personnes qui cherchent surtout à se débarasser de toute responsabilité? Est-il normal qu'au lieu de trouver un moyen pour que le stage se termine dans de bonne conditions, ou qu'un autre stage soit effectué, on botte en touche et se débarasse de l'étudiant?
Tout ça pour, en plus, annoncer quelques mois plus tard que le congé maladie ne vaut pas pour validation du stage et qu'il faut en refaire un autre! ( et avec toujours aussi peu d'aide à la recherche...)

Aujourd'hui j'ai fait mon deuxième stage, j'ai deux avis positifs de mes maîtres de stage (aussi bien du premier que du deuxième, comme c'est étrange...) mais je n'ai pas rempli une des clauses pour obtenir mon diplome. Je n'ai pas fait leur fameux mémoire de fin d'études, celui qui pourrait faire leur fierté s'il était publié. Pourquoi? Parce que j'aime me saborder moi-même? Oui, peut-être. Mais surtout parce que je n'ai plus aucune envie de faire le moindre effort pour eux. Je trouve que je leur ai donné beaucoup pour peu de choses en retour. Quand j'ai envoyé le plan définitif de mon mémoire à mon pseudo directeur de thèse l'an dernier, il avait dû me juger morte, il n'a jamais répondu sous prétexte que je n'allais pas la soutenir cette année-là.

Depuis j'ai travaillé sur d'autres sujets, j'ai eu d'autres idées, j'ai au moins 3-4 mémoires inachevés dans mon disque dur. Mais à quoi bon, honnêtement?  Qui a instauré cette règle selon laquelle il est interdit à un directeur de thèse de prendre des nouvelles de son élève quand celui-ci n'en donne pas?
Sera-t-il payé autant pour avoir attendu gentiment que je me manifeste que quelqu'un qui aurait simplement pris de mes nouvelles et m'aurait soutenu dans le choix de mon sujet, dans mes recherches de documents, dans la rédaction de ce travail? Quel était son rôle exactement dans cette mascarade?

Alors oui, je sais, j'ai tort, c'est mon propre diplôme que j'ai mis à la poubelle en n'ayant pas harcelé mon directeur de thèse et en n'ayant pas rendu ce travail. Mais pour être honnête, je ne serais même pas fière de montrer ce diplôme à qui que ce soit.
Je suis fière de la réflexion que j'ai menée au cours de ces deux ans, je suis fière d'avoir choisi de me former sur des sujets qui me paraissent plus qu'essentiels, je suis fière des quelques pages que j'ai écrites mais qui ne rentrent pas dans les critères imposés pour avoir le nom de "thèse professionnelle", et je me fiche éperdument de ne pas avoir le droit de cotiser des sommes dingues chaque année pour appartenir à la vénérable associations des anciens. Mes cotisations iront à d'autres causes et ... "c'est pas plus mal" (comme dirait mon ami). J'ai vu lors de leur dernière assemblée générale que certains pouvaient se permettre de donner des millieurs d'euro à cette mafia respectable, je sais que ma maigre contribution ne manquera pas. Certes, je perds un point de vue imprenable sur les puissants de ce pays, mais c'est vraiment tout ce que je regrette... hormis le fait que je n'ai toujours pas su dire en face aux responsables de mon école ce que je vous dis là...

Fasse la fée du net qu'ils lisent cette page un jour...
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27 novembre 2005 7 27 /11 /novembre /2005 22:10

J'ai reçu un mail de Louna, une fille de Génération Précaire avec qui j'avais une amie commune avant même que le collectif ne soit lancé... (le monde est petit parfois...)
Elle avait accepté de faire pour France Inter son journal radiophonique; donner son impression sur ce mouvement de stagiaires, donner la parole à son entourage, etc..



J'ai donc appris qu'une partie du témoignage que j'avais laissé dans son micro avait été diffusé; mais l'ensemble de l'émission me laisse un goût très amère. Voilà, si nous avions besoin de preuve nous le savons à présent: il ne suffit pas d'être consciencieuse, travailleuse, volontaire pour y arriver dans la vie.
On est dans une belle merde toutes les deux! Enfin j'espère qu'elle en sort...
Autant ce mouvement m'a donné des ailes au début, autant je ne sais plus qu'en faire... Rencontrer d'autres personnes dans le même cas et des personnes qui trouvaient notre combat légitime m'avait galvanisée. Mais maintenant... ?
Je suis juste épuisée par tout ça, et mon stage se termine... je n'ai pas vu le temps passer, j'avais un projet pour continuer à faire ce qui me semble important , mais je me heurte à tellement de frilosité; est-ce que j'ai vraiment le courage de convaincre, de croire que je peux changer les choses?

J'ai la crève, je n'ai plus de patience, j'ai failli aller au clash avec le chef de mon responsable de stage vendredi en lui disant que les seuls comptes que j'avais à rendre étaient à mon responsable de stage et que je vivais mal qu'il relise chaque ligne que j'écrivais (sous entendu "alors qu'il ne s'y connaît pas plus que moi)... Faut être honnête, je ne suis pas dans de bonne conditions pour négocier.. On m'a proposé de l'interim pour trois mois; je devrais sans doute me réjouir mais est-ce que ça m'avance vraiment  d'avoir un horizon bloqué à fin février?  C'est fou,  je n'ai aucune envie d'accepter; j'ai envie de les pousser à reconnaître que je suis là en tant que consultante, que l'interim dans mon cas ne veut rien dire, que je ne remplace personne, j'ai envie de leur faire payer le prix juste pour ce que je fais,  ou de disparaître sans rien transmettre de mon travail, les forçant à prendre un conseil qui leur coûterait bien plus cher que le mien . Suicide symbolique?..
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12 novembre 2005 6 12 /11 /novembre /2005 00:00

Ce soir, c'en était trop... Anniversaire du neveu, 4 ans, né le 11 novembre; eh oui, ça arrive... Au moins, son anniversaire tombera toujours un jour férié! Toujours?? Pas si sûr, vu la vitesse à laquelle les jours non travaillés disparaissent dans le monde salarié (... pendant que le nombre de jours de chômage augmente pour d'autres)

Enfin tout ça pour dire que ce soir, c'était l'anniversaire du petit, qui a eu droit à une boîte d'engins de chantier en plastique, un costume de Zorro, sans oublier le bidule éducatif électronique qui fait du bruit et qui ne l'a pas passionné très longtemps de toute façon...

Cette soirée fut rude, à plusieurs égards... D'abord  les enfants; ils sont intenables! Il paraît que c'est normal, moi ce que je vois surtout c'est que les parents n'en peuvent plus... Le père en a marre de devoir faire l'éducation de ses mômes alors que lui-même aurait envie de dire des gros mots et sortir des blagues interdites aux moins de 18 ans; marre de jouer à "fais ce que je dis, pas ce que je fais", ça ne tient pas la route, c'est évident, il suffit de lire dans le regard du plus grand son incompréhension devant cette règle de la politesse à deux vitesses. Il est évident qu'il va comprendre que quand on est petit, on a le droit à rien, et que quand on est grand, on a droit à tout. Profonde injustice, qu'il nous fera sans doute payer à l'adolescence.  Pendant ce temps, je me sens la méchante tata jamais contente, parce que je suis incapable de participer à la conversation des "grands" tout en écoutant le petit qui vient me montrer son super camion à rouleau compresseur. Pendant que je surveille du coin de l'oeil le petit qui joue avec sa cuiller et va bientôt m'envoyer une pluie de riz complet, j'entends ma mère parler de la guerre civile qui fait rage en banlieue, je tente de dire que quand même on n'en est pas à se tirer dessus et que s'il y a un réel désespoir social les américains ont beau jeu de nous présenter comme un pays à feu et à sang alors que leurs séries nous montrent chaque semaine qu'il est tout à fait banal d'arriver aux urgences avec des blessures par balles (réelles). Bref, la bonne vieille conversation du dimanche midi, pour une fois en avant-première le vendredi soir...

Après avoir écouté la liste des exigences du grand; trois enfants, une maison, un chien, un jardin, et ... une amoureuse, j'essaye vaguement de lui dire qu'avoir des enfants sans amoureuse c'est assez difficile et que son amoureuse aprécierait surement de passer après le chien dans ses priorités. Ca fait longtemps que j'ai rangé mon féminisme dans ma poche; de toute façon même Florent Pagny met sa femme entre son canapé et son frigidaire dans les biens que le méchant fisc pourrait lui piquer(1)...
Il faut s'y faire, les femmes sont des objets comme les autres; il y a deux jours, un collègue est entré dans le bureau que je partage avec mon maître de stage, il a dit "ah, tiens, t'as remplacé l'imprimante!". Il trouvait ça drôle... Moi, je savourais le bonheur d'être au moins à la place d'un objet utile; toujours mieux que de remplacer un pot de fleurs... quoique... J'ai aussi eu droit à ça pendant le déménagement de mon bureau, alors que je portais des cartons derrière mon maître de stage qui déplaçait ses pots de fleurs; "oh, des belles plantes suivies par une jolie fleur". Là aussi, j'aurais dû être flattée, il paraît... Bref, passons, je dévie du sujet...

 C'est alors que débarque la soeur du beau-frère, exilée en Irlande où elle a enfin trouvé un salaire décent après avoir vainement tenté de faire valoir son DEA d'histoire , puis de devenir attachée commerciale en France. C'est alors qu'elle me demande si j'habite maintenant à Paris (ma vie étudiante m'a pas mal fait vadrouiller au gré des stages et des années Erasmus).
Choc.
Je viens de passer 24h chez mon copain, et je m'aperçois que mes parents qui repartent à 22h pour aller se coucher vont sans doute m'embarquer; couvre-feu. Et oui, je suis sensée habiter chez eux. Depuis que je ne suis plus "étudiante", j'ai perdu le privilège de me faire payer une chambre sur un campus, je dois regarder en face ma situation, mon adolescence qui s'éternise, mon échec dans mon envol vers mon indépendance... Et regarder tout ça en face, ça implique de reprendre la petite chambre d'amis dans l'appart de mes parents, d'y entasser les affaires que je pensais un jour installer dans MON appart, et d'accepter que ma mère soit scotchée sur l'ordinateur familial situé dans ladite chambre, voire assurer le soutien technique en cas de drame tel que modem non branché, fenêtre d'affichage trop grande pour l'écran (eh oui, le maniement de l'ascenseur, c'est tout un art!!), manque de papier dans l'imprimante...
Bref, le choc.
Alors qu'elle me pose cette question, je vois tout ça défiler dans ma tête, j'ai envie de pleurer, et je me contente de répondre; "oh non, moi, j'habite nulle part..."

(1): Florent Pagny, "Ma liberté de penser" "[...]Avec les interdits bancaires prenez ma femme, le canapé / Le micro onde, le frigidaire[...]"

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10 novembre 2005 4 10 /11 /novembre /2005 00:00
Juste pour vous faire part de ce mot d'humeur dans Libération...
Ca fait écho à ce que je ressens chaque fois que je regarde les pubs immenses du métro...
Les sourires forcés, les poses humiliantes, je ne peux plus m'empêcher de penser à ce qu'il y a derrière. Combien gagne-t-on pour vendre des voyages à gros coup d'humour gras et de poses suggestives? Combien pour avoir l'air d'un con et jouer le client stupide de la mauvaise banque?
Je ne trouverais pas cela humiliant dans une pièce de théâtre ou dans un film (tout dépend de la qualité des pièces de théâtre ou films)... Mais me dire que ces gens sont pour la plupart des artistes étouffés dans l'oeuf ou des gens qui ne se sont  même pas cru capables de faire quelque chose de leur cerveau (je parle ici des mannequins reconvertis en icone publicitaire) me plonge dans une tristesse infinie. Je voudrais ne pas écrire des clichés sur la vie supposée de ces ouvriers de la pub et de l'animation commerciale, mais je n'y peux rien, on ne m'en donne à voir qu'une image réductrice et fausse.
Je voudrais tellement que les photos des affiches reprennent vie et me disent à quel point "non", leur utilité sur cette planète ne se limite pas à faire vendre un produit ou un service... et qu'elles me montrent enfin leur humanité!


http://www.liberation.fr/page.php?Article=335912#

Du bruit et de l'horreur

par Pierre MARCELLE
QUOTIDIEN : vendredi 04 novembre 2005

Vous vous souvenez des intermittents du spectacle, chapitre exemplaire, voici encore à peine quelques mois, de la précarité professionnelle ? Partout banalisée, sinon déjà digérée, la précarité doit désormais s'avancer déguisée ; mardi, pourtant, on n'avait vu qu'elle, dans cette manif' de «stagiaires» masqués tels soldeurs de citrouilles d'Halloween... Qu'est-ce qui là-dessous se dissimule, de la crainte ou de la honte de l'exploité, du cynisme ou des bénéfices de l'exploiteur ? Jeudi matin, à l'heure de l'embauche, on a retrouvé un intermittent du spectacle, toujours précaire mais encore un peu plus humilié (à notre sens, car l'était-il, s'il ne se vivait pas tel ?). Déguisé, aussi, mais pas figurant ; acteur publicitaire, avec fausse moustache, bas bleus et short rutilant sous T-shirt blanc floqué d'un numéro de téléphone censé fait vendre des numéros de téléphone (voir en pages Economie) ; l'ANPE du spectacle l'avait recruté à dix euros horaires et pour 25 heures par semaine ; semblablement déguisé, un équipier l'accompagnait dans le même boulot, consistant à alpaguer le chaland (galoper de très loin vers, courir après longtemps) afin de lui fourguer un sourire et un sticker frappé du «numéro de tous les numéros». Ils bondissaient sous le soleil, consciencieusement, et si c'était pitié que d'imaginer en leurs courses échevelées un «travail» ou seulement l'hypothèse d'une activité sociale, ce n'était rien encore : posée à même le sol devant l'entrée du journal, une machine à faire du bruit ­ ovoïde en plastique pastel métaphoriquement baptisé par les marchands ghetto blaster ­ ordonnait l'agitation des deux guignols au rythme d'une scie insupportable à base de Touyoutoutou, encore amplifié par l'indifférence du piéton face à cette triple pollution ­ sonore, esthétique et morale. Que personne (ni moi-même) ne l'ait interrompue établit comme elle s'est bien banalisée, la barbarie. Et qu'entre chagrin et pitié, notre perception sociale de l'humanité s'est émoussée effroyablement.

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1 novembre 2005 2 01 /11 /novembre /2005 00:00



Ma première photo faite à la maternité fait penser au Bouddha: regard sérieux, mains sagement croisées sur la poitrine, l'air pensif et concentré. Je n'ai aucune origine asiatique, ne vous y trompez pas, simplement une jaunisse; déjà une incompatibilité d'humeurs avec ma mère...
A la maternelle, une instit lui a dit que je lui faisais penser à un ordinateur; "on dirait qu'elle n'écoute pas ce qu'on dit, elle n'a l'air de rien, et tout à coup elle nous ressort tout mot pour mot!" Elle me le ressort encore de temps en temps, pour me reprocher d'être sans coeur...
Pour pas arranger les choses, j'ai eu un père ingénieur ("je sais tout, et quand je ne le sais pas, je l'invente et je tombe juste"), une mère professeure d'espagnol fana de bouquins, deux soeurs de 5 et 6 ans mes aînées qui adoraient se consacrer à mon développement psychomoteur... Bref, j'avais tout ce qu'il fallait pour vite devenir "la tête de la classe"...
En première année de maternelle, je fais la leçon à ma voisine de table à la cantine qui tient sa fourchette à pleine main ("mais non, c'est pas comme ça qu'on fait... regarde...").
En deuxième année de maternelle, la rumeur court que je sais lire l'allemand; déformation de ce qu'a dit ma grande soeur après que j'aie essayé de déchiffrer Kronenbourg sur une canette de bière...
En troisième année de maternelle, je mouche une gamine qui faisait semblant de savoir lire en racontant ce qui lui passait par la tête en regardant les images; moi, je sais déjà déchiffrer (ma soeur aînée qui rêve de devenir instit me l'a appris!), je veux montrer à tout le monde que ce que dit la frimeuse n'est pas du tout ce qui est écrit... Et c'est à ce moment-là que j'ai compris que c'était vraiment pas cool d'être une intello. Je lisais la vraie histoire, mais -bien sûr- trop lentement pour captiver les foules, et tout le monde se rallia à l'histoire inventée de Miss Bluff.
Aujourd'hui j'ai 23 ans de plus, et ça n'a pas changé: le bluff paye toujours plus que la sincérité, les doutes et hypothèses mesurées du vrai scientifique passionnent toujours moins que les certitudes du voyant, le JT préfère toujours donner une fausse info avec du spectacle qu'une info importante sans image...
Etre intello, c'est vraiment pas cool... Mais être intello, c'est mon destin!
C'est grâce à ça qu'à 28 ans j'ai toujours ni maison ni salaire ni mari ni enfants ni chienchien ni tout ce qui fait qu'on dit qu'on a "réussi" dans la  vie! Et non contente d'avoir raté mon intégration dans la société, il faut que je continue à réfléchir... sur le destin de la planète, de l'espèce humaine, sur l'origine de la guerre, sur ce qui rend la bêtise plus attrayante que l'intelligence, sur ce qui abrutit les jeunes, sur ce qui pourrit les politiques, sur ce qui corrompt les dirigeants d'entreprise, sur ce qui fait que le respect de ce qui est différent n'existe plus que chez certains moines bouddhistes, sur les raisons qui font que des livres écrits il y a 30 ans n'ont toujours pas été lus et compris. C'est une maladie, je vous dis!! Voilà comment d'enfant Prodige, on devient une intello du dessous... stagiaire mal payée bientôt SDF, insomniaque, un peu dépressive, idéaliste, passionnée par tout ce qui ne rapporte pas un rond; le genre de personne capable de créer un blog sur son lieu de travail, d'oublier de répondre aux offres d'emploi qui l'intéressent, de penser toute la nuit à ce qu'elle va écrire dans son mémoire de fin d'études sans que jamais dans la journée elle l'écrive pour de bon... Une véritable adepte de la branlette intellectuelle, qui y laisse sa santé, sa vie sociale, ses nerfs, qui se fout en rogne pour une pub affligeante et fait exprès de traverser tout doucement devant les 4x4, quitte à risquer la chaise roulante, juste pour dire que non, ce ne sont pas les rois du bithume et que oui, j'ai raison de marcher pour préserver la planète de la surchauffe....
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27 octobre 2005 4 27 /10 /octobre /2005 00:00
(Texte rédigé le 27 octobre 2005 pour l'ouverture du blog)
 
Bienvenue sur le blog de l'intello du dessous! Ce site sera ou ne sera pas tenu à jour par une intello de naissance...
Je ne fais pas partie de la France d'en bas, pas non plus de la France d'en haut, ni même des classes moyennes, je suis juste une intello du dessous... De ceux qui veulent pas trop faire part de leurs réflexions pour pas avoir l'air prétentieux mais qui savent pas non plus utiliser leur cerveau à des tâches génératrices de profit; de ceux qui pensent trop, qui pensent pour les autres, à la place des autres, et qui n'osent jamais imposer leurs idées, de ceux qui sont incapables de se résoudre à s'épanouir dans une activité manuelle ou physique, mais qui pourtant sont persuadés que les plus heureux des humains(1) sont ceux qui ne pensent que par le travail de leurs mains. De ceux qui grillent des neurones en pure perte, qui lisent des gigaoctets de livres, de magazines, de pages web, de tracts, de pétitions et n'en ressortent jamais rien. Comme une machine qui consommerait un maximum de pétrole uniquement pour entretenir sa surchauffe, l'intello du dessous consomme un maximum de facultés intellectuelles pour entretenir sa capacité à surmener son cerveau... en pure perte. Des purs produits de la société de surinformation dans laquelle on patauge...

Aujourd'hui j'ai décidé que tout ça allait sortir, et que je ferais connaître à  d'autres cerveaux surmenés et improductifs le chaos de mes pensées. Ca me fend un peu le coeur d'ajouter au flot d'informations inutiles qui circulent sur le net, mais il paraît qu'un être humain doit s'exprimer pour vivre, il paraît qu'il faut partager ses pensées pour qu'elles ne restent pas vaines. Alors bien sûr, cette décision tiendra jusqu'à ce que la somme d'informations que j'ingurgite chaque jour ne submerge la ressource mémoire où est née l'idée de ce blog, mais ne désespérons pas. Peut-être que le Bouddha qui veilla sur mon berceau me donnera la faculté d'entretenir mon jardin...


(1): spéciale dédicace à mline qui m'a reproché le masculin neutre :-P


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