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Comme une machine qui consommerait un maximum de pétrole uniquement pour entretenir sa surchauffe, l'intello du dessous consomme un maximum de facultés intellectuelles pour entretenir sa capacité à surmener son cerveau... en pure perte. Un pur produit de la société de surinformation dans laquelle on patauge...

Aujourd'hui j'ai décidé que tout ça allait sortir, et que je ferais connaître à  d'autres cerveaux surmenés et improductifs le chaos de mes pensées. Ca me fend un peu le coeur d'ajouter au flot d'informations inutiles qui circulent sur le net, mais il paraît qu'un être humain doit s'exprimer pour vivre, il paraît qu'il faut partager ses pensées pour qu'elles ne restent pas vaines. Alors bien sûr, cette décision tiendra jusqu'à ce que la somme d'informations que j'ingurgite chaque jour ne submerge la ressource mémoire où est née l'idée de ce blog, mais ne désespérons pas. Peut-être que le Bouddha qui veilla sur mon berceau me donnera la faculté d'entretenir mon jardin...

 

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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 13:32

Comme à son habitude, Sarkozy utilise un argument avancé par beaucoup pour annoncer une mesure qui ne va pas du tout dans le sens de celles(ceux)  dont il reprend les arguments. Oui, les congés maternité à rallonge rendent difficile le retour à l'emploi des femmes; ou plutôt, c'est la perception qu'ont les employeurs d'une femme ayant pris un congé parental long qui rend le retour à l'emploi difficile. Oui, ces congés parentaux sont des "trous" dans la carrière des femmes et entraînent des inégalités professionnelles importantes par la suite. Donc, dit le président, ça paraît limpide, il faut  raccourcir le congé parental.

A l'avantage de qui, en fin de compte? De ceux qui indemnisaient ce congé parental. Pour les femmes au statut précaire, qui ne peuvent pas compter sur un retour à leur ancien emploi et qui peinent de toute façon à retrouver une activité salariée, ce ne sont que des revenus en moins.
Pour les couples qui n'auront pas trouvé de place en crèche et devront payer le prix fort pour la garde de leurs enfants, ce sont aussi des revenus en moins. En effet, le compte n'y est pas sur les places en crèche, et rien n'est fait pour rendre les métiers de la petite enfance, comme par hasard en majorité féminins et précaires, plus attractifs, sans parler du fait qu'ils représentent une bonne partie des emplois à temps partiel  non choisis.
Le président s'intéresse à une partie des arguments (les congés parentaux longs freinent les femmes dans leurs carrières) et oublie les autres (l'inégalité dans le partage des tâches familiales pousse plus souvent les mères à sacrifier leur carrière que les pères, les frais de garde poussent plus souvent les femmes que les hommes à préférer l'abandon de leur activté plutôt que le financement d'une garde).
Ce que les femmes auront perdu sur le choix de la durée de leur congé parental, le gagneront-elles du côté de leur avancement de carrière? Rien n'est moins sûr. Il ne suffit pas de couper les fonds d'un côté pour qu'ils rentrent de l'autre. Finalement, raccourcir le congé parental, n'est-ce pas simplement enlever aux mères le choix de leur date de retour à l'emploi?

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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 11:08



Je suis tombée sur "Carnets de Santé", sur une note faite par Serge Carnasse sur le livre "Souffrance en France"  de Christophe Dejours. Et j'ai surtout été interpelée par ce passage.

Car en fait, chacun sait quelque chose non seulement de sa propre souffrance, mais de celle d’autrui. Et personne n’est indifférent à la douleur de l’autre. Pour Dejours, chacun a un sens moral et souffre quand il ne peut y répondre. Mais alors d’où vient l’acceptation de l’état des choses ? Du "retournement" de ce sens moral : la souffrance d’autrui est nécessaire, toute une série de raisons, très bien expliquées par les experts, en rend compte, dominées par la "guerre économique". La survie est à ce prix (de l’entreprise, de la société, de soi, de sa famille).

Cette "distorsion communicationnelle" (rendue possible par le mensonge sur ce qui de passe dans l’entreprise) est possible en faisant appel à une valeur, la virilité, assimilée au courage : le courage, c’est de savoir infliger la souffrance à autrui quand cela est nécessaire ("on n’est pas des gonzesses, on n’est pas des tapettes"). Savoir faire le "sale boulot". Christophe Dejours introduit ici une distinction précieuse entre la virilité, qui a besoin du regard des autres, et le courage, qui n’en a pas besoin et sait même l’affronter. Fuir peut être une preuve de courage (par exemple, les quelques soldats qui ont refusé les exécutions sommaires ordonnées par les nazis). Mais pour un viril, la fuite est de la lâcheté. Pas question de l’être sous le regard des autres. " Le mal a fondamentalement partie liée avec le mâle", écrit Dejours, qui avoue s’être longuement interrogé sur la pertinence de ce jeu de mots, en apparence trop facile.

En définitive, ce qui fonde la virilité est donc la peur. Pour Dejours, la peur vient avant la violence. Peur bien réelle dans notre société : peur du chômage, peur de la précarité (de récentes enquêtes ont montré que de ce point de vue au moins, l’analyse reste d’actualité). " La virilité vient soutenir la lutte contre les manifestations de la peur en promettant prestige et séduction à celui qui affronte l’adversité et en menaçant a contrario celui qui fuit de perdre son identité sexuelle de mâle. (...) Le discours viril est un discours de maîtrise, appuyé sur la connaissance, la démonstration, le raisonnement logique, supposé ne laisser aucun reste."

Cette peur induit soumission, perte des solidarités au travail et séparation entre ceux qui sont dans le travail et ceux qui en sont exclus.

 

Mais ce qui m'a surtout étonnée, c'est que quelques instants plus tard, retournant sur cette saloperie de Facebook , je tombe sur la fiche d'un journaliste,  sur un quizz  "Quel socialiste êtes-vous?" , quizz qui fait un carton chez les facebookers que je connais. Son résultat était Ségolène Royal: mais le plus étonnant, c'était la description: "Vous êtes fondamentalement gentil, presque trop, ce qui nuit à votre crédibilité. Dans un monde comme le notre il faut savoir être pourri de temps en temps !"

Non seulement je sais que beaucoup ont du sursauter à cette description d'une Ségolène trop gentille, mais je me suis dit après la lecture de l'article précédent, qu'elle manquait surtout de ces valeurs viriles qu'on considère  comme indispensable pour l'exercice du pouvoir. Qu'elle les ait ou non n'est pas vraiment la question, puisqu'étant une femme elle ne "pouvait" pas les avoir, dans l'esprit de beaucoup. Est-ce que le choix de Sarkozy n'était pas une énième conséquence de cette banalisation de la souffrance? Choisissons donc un bourreau digne de la souffrance que nous pensons nécessaire, "dans un monde comme le notre".Je parle là du Sarkozy avide de pouvoir qui faisait peur, pas du Sarkozy burlesque qui apparait depuis quelques semaines (j'étais  passée par Le roi plouc entre temps) , et qui fait dire à ceux qui avaient vanté ses valeurs viriles qu'il nous humilie aux yeux du monde...


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11 janvier 2007 4 11 /01 /janvier /2007 16:45
Désolée de ne faire qu'un copier coller de lien, mais je crois que pour ceux et celles que ça intéresse, ce texte sur les rapports homme-femme dans la conversation est assez intéressant. (et je dis bien "ceux et celles que ça intéresse" , anti-féministes de tous poils gardez vos commentaires pour vous merci :) )

Ca a fait écho à mon impression de répartition inégale du temps de parole, même dans des groupes où tout le monde a, a priori, la parole.


La répartition des têches entre les femmes et les hommes dans le travail de la conversation ,

par Corinne Monnet

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4 décembre 2006 1 04 /12 /décembre /2006 12:20
Ah ben tiens, en parlant des plafonds de verre que les femmes s'imposent d'elles-mêmes....


http://www.liberation.fr/rebonds/219492.FR.php
Par Esther DUFLO
QUOTIDIEN : lundi 27 novembre 2006
Esther Duflo est économiste, professeure au Massachusetts Institute of Technology (MIT).




Une expérience plutôt intéressante...


Est-ce les femmes elles-mêmes (en dehors de quelques exceptions importantes) qui, plus que les hommes, préfèrent éviter les situations où elles se trouveraient en compétition ? Une expérience réalisée auprès d'étudiants de l'université de Pittsburgh le suggère : les participants sont payés pour résoudre des additions (ils doivent additionner cinq nombres de deux chiffres). Au premier tour, ils sont payés 50 cents par addition juste. Le deuxième tour est un tournoi avec un autre étudiant : l'étudiant qui résout le plus d'additions est payé 2 dollars par addition juste, tandis que celui qui en résout moins n'est pas payé. Enfin, au troisième tour, ils peuvent choisir leur mode de rémunération (à la pièce, comme au premier tour, ou tournoi, comme au deuxième tour), sans savoir à l'avance qui sera leur adversaire. Filles et garçons sont également doués pour résoudre les additions. Aussi bien les filles que les garçons sont motivés par le tournoi et résolvent nettement plus d'additions au deuxième tour. Mais, au troisième tour, 73 % des garçons choisissent le tournoi, contre seulement 35 % des filles. Les garçons ont tendance à choisir le tournoi trop souvent : un certain nombre des plus faibles, qui gagneraient plus à la pièce, choisissent néanmoins le tournoi. Les filles ne le choisissent pas assez souvent : deux tiers des filles les plus fortes, qui gagneraient plus en tournoi, choisissent le paiement à la pièce, et se mettent donc délibérément hors jeu. Les auteurs de l'étude attribuent cette différence en grande partie au fait que les garçons ont davantage confiance en eux que les filles, et ont même tendance à surestimer leurs capacités. La modestie des filles leur coûte cher : au final, les filles gagnent nettement moins que les garçons dans un jeu pour lequel elles sont tout aussi compétentes.


et des rôles sociaux qui pèsent plus lourds qu'on ne pense:

 
Si les femmes sont implicitement associées à la sphère privée et à la position dominée, les femmes dirigeantes font face à un double handicap : soit elles se conforment à l'idéal traditionnel féminin, auquel cas elles ne peuvent pas être perçues comme des leaders compétents ; soit elles se conforment à l'idéal du leader, auquel cas elles sont pénalisées pour ne pas correspondre à l'idéal traditionnel de la femme («Qui va garder les enfants ?»). C'est la théorie du backlash (choc en retour), dont de nombreuses expériences ont montré la pertinence : ainsi, quand les sujets doivent choisir un leader parmi différents caractères (hommes et femmes ambitieux ou effacés), les personnages féminins «ambitieux» sont-ils rejetés par la plupart des sujets, alors que les hommes ambitieux, eux, sont plébiscités.

Cette «cage de verre» est une construction subtile, faite de préjugés et renforcée par les défenses que les femmes elles-mêmes adoptent pour s'en protéger.

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D'ailleurs, maintenant que j'y pense, je n'ai pas besoin de chercher très loin un exemple de conditionnement à la non-compétition pour les femmes. Sur les murs de ma chambre de gamine et d'adolescente, il y avait un de ces petits cadres tous mignons sur lesquels on décrit les traits de caractères soi-disant propres à un prénom.  Sur le mien on pouvait lire ceci:

Les Séverine sont charmantes et jolies. Leurs capacités intellectuelles les placent en concurrence avec les hommes. Elles s'effacent alors, car elles sont très féminines.

Je ne sais pas combien de fois j'ai pu lire ce texte, mais suffisamment pour que ça me rentre dans le crâne et me fasse comprendre que mes principales qualités étaient d'être charmante et jolie, et que malgré ces satanées facultés intellectuelles, je saurais rester féminine, c'est à dire m'effacer.

Je fais ça très bien, m'effacer. J'ai même été jusqu'à ne pas réussir à postuler en tant qu'ingénieur parce qu'il y avait sûrement des gens (dans ma tête; des garçons) bien plus qualifiés que moi qui seraient pris à ma place et que ce n'était pas la peine.

Il faut dire qu'un peu plus tôt, à un moment où je prenais plus confiance en moi, je me suis vue rétorquer sur une vague phrase du genre "plus tard, mes enfants..." ; "-plus tard t'auras pas d'enfants, t'es une arriviste". Ouuuaaaiiis, bien sûr, sur le ton de la plaisanterie , mais je vous jure que j'avais rien fait pour avoir l'air d'une arriviste. En tout cas, ça refroidit un peu les ambitions. Et je passe les multiples interrogations sur "les femmes qui font carrière font-elles peur aux hommes?" (dans les mags féminins) "Femmes en entreprise: comment concilier vie professionnelle et vie personnelle?" Autant de questions qui sous-entendent rien qu'en les posant que non c'est pas gagné pour une femme qui réussit d'avoir un mec ou de fonder une famille. En gros, une espèce d'invitation subliminale à choisir entre la carrière et la féminité.

On dirait bien que ça m'a tellement gonflée que pour l'instant  j'ai choisi ni l'un ni l'autre...


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J'avais pourtant  fait l'effort de ne pas aller dans le sens du vent en faisant une école d'ingénieurs, mais c'est tellement difficile de se projeter dans un milieu si majoritairement masculin que j'ai pas réussi à transformer l'essai... J'ai trouvé quelques chiffres intéressants sur les différences d'orientation en cours de scolarité pour les garçons et les filles:

http://media.education.gouv.fr/file/82/6/1826.pdf

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7 avril 2006 5 07 /04 /avril /2006 01:45
Communiqué du CNDF (Collectif National pour les Droits des Femmes)

Par un entretien donné au quotidien "20 Minutes", nous avons des nouvelles de Chahrazad, la jeune fille de 18 ans qui avait été brûlée à 60° par un amoureux éconduit, à Neuilly sur Marne. C'était en novembre dernier, trois ans après l'assassinat de Sohane.

Chahrazade a dû subir plusieurs interventions chirurgicales réparatrices, mais elle est sauve.

Si l'assassin de Sohane est actuellement traduit devant la justice, celui de Chahrazad n'a pas été
retrouvé. La jeune fille estime que "tous les moyens nécesssaires pour retrouver son agresseur ne sont pas mis en oeuvre". Les enquêteurs ne sont venus la voir qu'une seule fois. "C'est comme si ce n'était qu'une voiture qui avait brûlé".
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20 février 2006 1 20 /02 /février /2006 16:34

Il n'y a pas longtemps, j'ai lu sur Agoravox un texte sur l'expression "Droits de l'Homme" en français...Ce texte s'intitulait, "Dans le mot Hommes, vous voyez les femmes?". Un texte simplement clair, tentait une nouvelle fois de faire comprendre aux étroits d'esprit que la représentation impliquée par les mots n'est pas anodine. Et effectivement, quand on dit "Droits de l'Homme", on sait bien qu'il s'agit des êtres humains y compris les femmes, mais quand même... Juste un exemple caricatural. Quand on dit que les Hommes ont le droit à fonder une famille, des fois on oublie qu'on parle aussi des femmes. C'est comme ça que certains dérapent en disant que les hommes ont le droit de prendre femme et d'avoir des enfants... Ils pensent simplement expliciter le terme "fonder une famille"  , or non, ils viennent d'oublier la moitié de la population visée initialement. Le droit des femmes à fonder une famille devient ainsi la quasi obligation d'autoriser l'homme qui le souhaite à les prendre comme épouse et à leur faire des enfants ((s'y opposer serait s'opposer aux droits de l'homme!!! )...

C'est quand même très différent de l'idée de départ... Bref, il se trouve que parmi les réactions à cet article, il y avait des commentaires "amusés" d'hommes pour qui il s'agissait d'une "futilité".

 

Et c’est vrai, pour certains c’est un délire de féministes de vouloir dire «droits humains », c’est faire offense à la « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen » de 1789… Mais bien sûr qu’on lui fait offense ! Les femmes lui font offense chaque fois qu’elles vont voter puisqu’elles n’étaient pas concernées par cette fameuse déclaration… Doit-on rester accrochés à cette déclaration par laquelle les hommes naissaient libres et égaux en droits ? Mais seulement les hommes, attention !! Vouloir y rester fidèle au point de ne pas accepter de changer un seul mot du titre, est-ce aussi vouloir rester fidèle à l’esprit de l’époque qui a tout bonnement exclu les femmes de la citoyenneté ? Il ne faut pas que les défenseurs de l’expression « Droits de l’homme » s’étonnent de se faire taxer de machisme, car ils restent attachés becs et ongles à la formulation exacte d’un texte qui ne fut pas exempt de machisme!  Eh oui, je sais, c’est l’insulte suprême, c’est une hérésie d’oser dire que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ne prônait pas la véritable égalité, c’est presque une insulte à la France et à son Histoire, une insulte à la Révolution Française !! Mais si les pontes n’acceptent même pas de comprendre ça, comment croire qu’ils pensent vraiment aux femmes lorsqu’ils parlent de droits de l’Homme ?

 

Liens:  

« Droits de l’homme ou droits humains » : Le sexisme à fleur de mots

par Agnès Callamard, dans le Monde Diplomatique:

http://www.monde-diplomatique.fr/1998/03/CALLAMARD/10138.html


« Dans les mot Homme, vous voyez les femmes ? », par Marie-Christine Poncet, sur Agoravox

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=7000




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15 novembre 2005 2 15 /11 /novembre /2005 00:00
On entend tout et n'importe quoi sur les féministes... Chiennes de garde est devenu un symbole des féministes "qu'on n'aime pas"; celles qui cherchent la petite bête, celles qui veulent censurer, celles qui n'aiment pas qu'on parle de sexe, etc, etc... J'en ai entendu des vertes et des pas mûres; j'ai même mis un certain nombre d'années (au moins quatre :-) ) à oser me dire féministe. Et encore... je dis que je "fais partie d'une association féministe" (ou de femmes, selon le degré de féminisme que je sens chez mon interlocuteur.... ), mais je ne cite pas le nom qui fait bondir!! :-D

Mais finalement, qu'est-ce qu'elles font de mal, les Chiennes de Garde? Elles demandent le respect pour les femmes, elles demandent qu'on ne se fasse pas traiter de tous les noms sous prétexte qu'on est une femme, elles demandent qu'on cesse de réduire les femmes à des objets sexuels. Finalement, c'est un peu ce que souhaite toute femme normalement constituée... et tout homme qui n'est pas désespérément anti-féministe.

Quand je suis arrivée en école d'ingénieurs et que la seule chose que savaient me dire les anciens c'était "t'es bonne", je trouvais difficile de me faire des amis... Quand on racontait dans mon dos que j'allumais les mecs dès que je parlais plus de cinq minutes avec l'un d'eux (faut avouer quand même qu'il y avait quatre mecs pour une fille dans cette école; fatalement, ça m'est arrivé..!), je me demandais si c'était possible de simplement communiquer... Mais à ce moment-là, je trouvais juste que l'ambiance n'était pas terrible, et je me demandais ce que je faisais de mal pour qu'on me perçoive comme ça. Perplexité devant le mirroir le matin; est-ce qu'on va me trouver trop sexy? Est-ce qu'on va trouver que j'ai l'air d'une gamine? (coincée? intello? trop sérieuse? cochez la case correspondante...). Comment je pourrais faire pour n'avoir l'air ni d'une "salope" ni d'une "coincée du cul" ? J'ai fini par devenir une fille mystérieuse et lointaine, snobant tout le monde, simplement par incapacité à trouver quelle attitude adopter.. C'était finalement le meilleur moyen de ne pas montrer que les blagues salaces sur les autres filles ne me plaisaient pas trop et de ne pas prêter le flan aux blagues salaces sur ma propre personne...en tout cas de ne pas être obligée de les écouter!

Tomber sur le livre "Métro Boulot Macho" m'a permis de sortir de cette position intenable; j'ai enfin compris ce qui clochait!! Ce qui clochait, c'était cette image hypersexualisée qu'on me collait, en tant que rare fille dans un milieu d'homme. Ce qui clochait, c'est que je ne pouvais pas sortir de ce rôle de défouloir pour mecs post-adolescents un peu frustrés , j'étais soit la "putain", soit la "frigide", mais il m'était tout simplement impossible d'être simplement un être humain, et d'être perçue autrement qu'à travers le prisme déformant du "baisable"/"pas baisable". C'était invivable quoi! Chacune trouve sa réponse à cela; certaines s'accomodent très bien d'attirer tous les désirs, d'autres se renferment en petits groupes de copines. Je n'ai pas réussi à me cantonner dans un de ces deux rôles; trop timide et immature pour assumer d'être "sexy", trop attirée par les hommes pour les ignorer complètement, et incapable de me caser une bonne fois pour toute dès le début, meilleur moyen de régler le problème de son image dans le groupe.
Il a fallu que je navigue d'une image à une autre, d'un rôle à un autre, avant de réussir à simplement me montrer telle que j'étais; il a surtout fallu que je mette dans ma poche ma susceptibilité, et que je comprenne que sortir des stéréotypes m'exposait fatalement à des crispations et des attaques... Comprendre tout ça a été ma libération à moi; je pouvais enfin remettre dans un cadre général mon cas particulier; je ne portais plus seule la responsabilité de mes relations difficiles avec cet entourage  (milieu traditionnellement masculin, et dont toutes les représentations font référence à un temps où les femmes n'avaient pas encore mis le pied dans les grandes écoles).
Loin de me braquer contre ce "monde de machos", ça m'a permis de faire la part des choses entre les archaïsmes qui subsistent chez tous les individus (hommes et  femmes) et les capacités d'adaptation de chaque personne. Je n'avais plus à défendre mon image contre un groupe informe et monobloc et je pouvais enfin entrer en relation avec des êtres humains, tous différents mais ayant des bases culturelles (donc paternalistes) communes...


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