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Soutien

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Comme une machine qui consommerait un maximum de pétrole uniquement pour entretenir sa surchauffe, l'intello du dessous consomme un maximum de facultés intellectuelles pour entretenir sa capacité à surmener son cerveau... en pure perte. Un pur produit de la société de surinformation dans laquelle on patauge...

Aujourd'hui j'ai décidé que tout ça allait sortir, et que je ferais connaître à  d'autres cerveaux surmenés et improductifs le chaos de mes pensées. Ca me fend un peu le coeur d'ajouter au flot d'informations inutiles qui circulent sur le net, mais il paraît qu'un être humain doit s'exprimer pour vivre, il paraît qu'il faut partager ses pensées pour qu'elles ne restent pas vaines. Alors bien sûr, cette décision tiendra jusqu'à ce que la somme d'informations que j'ingurgite chaque jour ne submerge la ressource mémoire où est née l'idée de ce blog, mais ne désespérons pas. Peut-être que le Bouddha qui veilla sur mon berceau me donnera la faculté d'entretenir mon jardin...

 

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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 01:31

Cela fait deux mois que j'ai quitté mon travail.

J'ai réussi à obtenir une rupture conventionnelle de contrat bien qu'on me l'ait refusée à la première demande. Ils n'avaient aucune raison de vouloir se séparer de moi, et ils recommençaient à embaucher. De plus, je faisais l'affaire au poste où j'étais et ils souhaitaient même me donner plus de responsabilités. Mais toujours sans changement de statut et au même salaire.

J'avais beau avoir un peu plus d'espoir qu'on régularise ma situation en me promouvant au grade d'ingénieur, ça me paraissait assez affreusement cynique de devoir encore être suspendue à une décision venant de Chicago pour qu'on me donne dans mon entreprise un titre que j'avais déjà dans les faits.

De toutes façons, je ne me voyais pas d'avenir dans ce métier, et ce que j'y faisais me paraissait tellement vain qu'il me paraissait absurde de continuer dans cette voie, hormis pour garder un salaire et un semblant de sécurité.

Belle sécurité qui m'amenait chez les médecin de plus en plus souvent. Le burn-out et la dépression sont pour moi un danger plus tangible que l'insécurité matérielle. Mon médecin et mon copain ont fini par me convaincre qu'il n'était pas absurde de chercher autre chose. J'ai peut-être tort de les avoir crus, l'avenir me le dira.

Je veux bien me faire du souci, m'épuiser à la tâche, perdre le sommeil, mais pour quelque chose qui le mérite. J'ai souvent perdu le sommeil d'avoir trop parlé de la violence contre les femmes, d'avoir trop écouté la désespérance des jeunes devant qui toutes les portes se ferment, et ma contribution n'a pas forcément été utile, mais traiter les données d'assurances qui gèrent les plus grandes fortunes du pays ne mérite pas qu'on se rendre malade, à mon avis.

Et voir mon chef exulter d'avoir décroché un contrat au Luxembourg parce qu'enfin on mettait le pied dans un paradis fiscal, je ne pouvais vraiment pas m'en enthousiasmer. La seule chose à laquelle je me sentais un peu utile, c'était à aider mes collègues à n'être pas trop surmenés, à les aider de temps en temps à relever le nez du guidon en riant de l'absurdité de livrer un client un jour férié, à essayer d'être une des personnes qui leur permettrait de mettre dans leur questionnaire annuel d'implication que oui, il y a quelqu'un dans mon travail qui s'intéresse à moi en tant que personne. Mais en être remerciée la plupart du temps par un "c'est bien d'avoir une fille dans l'équipe, ça apporte beaucoup de douceur" ce n'était pas vraiment ce que je cherchais...J'avais un peu envie de répondre "Je vous jure que les hommes ont le droit aussi d'être humains! Oh et puis vous me fatiguez..."

Bon enfin je pense qu'ils survivent même sans leur shoot de douceur féminine (pffff)..

 

A part ça, le cancer fait des ravages autour de moi et de ma famille. Un de mes oncles est mort à 62 ans, ses deux fils avaient déjà perdu leur mère de la même maladie 5 ans auparavant. Un ami de ma soeur vient de mourir à 41 ans, laissant une veuve et trois enfants. J'ai appris il y a quelques mois que j'avais échappé au gène qui devait multiplier par deux mes chances d'avoir un cancer du sein mais ma soeur va devoir composer avec les examens annuels.

La seule chose que je puisse faire c'est vivre, du mieux possible. Et même si ma décision de quitter le seul boulot stable que j'avais trouvé a plongé ma mère dans l'angoisse, même si j'ai encore parfois ces bouffées de dénigrement qui me font me traiter de bonne à rien, je vis. Et j'aime. Et je me bats (mal, avec tout un tas de désertions dues à ma fragilité) avec ceux qui essayent de changer la société, de nous empêcher de nous rendre de plus en plus malades, qui essayent de le faire dans le respect des plus faibles parce qu'on est tous faibles au moins une fois dans notre vie. Je ne sers à rien mais j'essaye au moins de montrer à ceux qui agissent que je les soutiens. 

Et je continue de penser que Sarkozy n'est pas mon président, que je hais ce qu'il fait de notre société. On a tellement de choses à faire pour survivre tous ensemble que c'est une abomination de tout gâcher en attisant les haines. Face à la misère il n'y a pas de nationalité qui tienne, nous somme tous citoyens du même monde et nous sommes tous dans le même bateau face aux violences, face aux désespoirs et aux révoltes. Il faut être naïf pour croire qu'on pourra expulser la violence hors de nos frontières est vivre en paix entre français bien élevés. La violence de ses discours et des ordres qu'il donne crée déjà du désespoir et de la révolte dans ma propre famille, pourtant franco-française. Que cherche-t-il vraiment à part le chaos?

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commentaires

jean-yves 01/11/2010 21:51



bonsoir,la violence n'est pas dans la rue,elle se cache au sommet de l'état,elle se dévoile dans les banques,elle frappe à mort dans les entreprises...Quelle réponse à cette violence?Les armes?la
fleur au bout du flingue?où la passivité,ce qui est hélas le cas le plus répandu...Tous dehors,comme dirait Mélenchon!



Leon 06/09/2010 10:12



Non seulement tu es loin d'être une bonne à rien mais en plus tu as du courage et de la bonté.


Tu as raison de quitter ce boulot de con, la stabilité n'est pas là où on croit, à moins de considérer l'esclavage comme une stabilité...


Haut les coeurs et vivement 2012 !!!



urchin 04/09/2010 20:52


Pas grand-chose à ajouter à ton texte; je voulais juste dire que je partage exactement ton sentiment, moi qui suis sûrement employé dans le même secteur que le tien, à des tâches tout aussi vaines,
sans même être persuadé d'avoir les qualités et les compétences requises. Je prépare mon départ pour l'an prochain, j'espère. Probablement quelque chose dans le paramédical, mais je compte bien
passer cette année entière à trouver quoi!


NingúnOtro 04/09/2010 18:47



Comme je vous comprend! Cela fait quelques heures que je suis tombé sur votre blog, et c'est comme si je lisais le mien (sauf que je n'ai pas cru utile de l'écrire, le mien). C'est dur d'être
intello et de comprendre (presque autant que d'être intello et de ne pas comprendre), parce-que le monde qui nous entoure n'est pas très logique et n'aime pas qu'on le lui rappelle sans fournir
une solution gratuite la clef à la main...



Être intello, c'est vouloir comprendre avant tout autre chose, et agir le mieux possible en accord avec ce qu'on à compris... et par les temps qui courent et les difficultés qu'on rencontre pour
se rassembler autour de projets communs, il arrive qu'on peut très bien comprendre la mécanique humaine tout seul(e), comme intello, mais qu'au moment d'agir tout ce qu'on peut faire requiert si
non plusieurs cerveaux aux moins plusieurs pairs de mains et de pieds. Et la, bonjour le bordel!


D'emblée... quand on est intelligent (ou relativement plus intelligent) on comprend qu'on ne trouvera pas de solution durable si celle-ci ne réserve pas une place d'égal à tout et chacun. Tant
que ce qu'on propose est d'enlever le pouvoir aux uns pour le confier à d'autres, on crée une opposition farouche qui ne fera que torpiller toute initiative, tout comme ce qui se fait aujourd'hui
"démocratiquement"... 51% gagnent des élections et tentent de développer un programme (publicité ou pas), et 49% mettent des bâtons dans les roues des initiatives des premiers, jusqu'au
changement de rôle aux prochaines élections. Ce système ne peut être efficient tant que les buts ultimes ne seront pas communs et qu'on ne collaborera pas tous en tirant de son mieux du chariot
qui doit avancer.



Pour vraiment avancer, il faut comprendre pourquoi les humains s'opposent les uns aux autres jusqu'au fait d'épuiser la plupart des ressources qu'ils génèrent pour se neutraliser mutuellement en
croyant que la mort de l'un est la garantie de survie de l'autre. On est vraiment devenus des champions intellectuels dans l'art d'éliminer l'adversaire imaginaire (un humain réel pourtant),
ainsi que celle de s'armer pour éviter l'élimination et les armes financières meurtrières mises à l'œuvre dernièrement conduisent à des dérapages dramatiques dont on vit depuis quelques années
les conséquences les plus visibles.



Simplifié au max, l'humanité en quête de s'assurer la survie est victime d'un piège logique dans lequel elle s'est aventuré sans le savoir au début de son existence.  Tant qu'il y avait de
l'espace, il suffisait d'être nomade en poursuivant les hautes concentrations animales dans leurs migrations. Puis, on inventa l'agriculture et l'élevage de bétail et on fabriquait ces propres
hautes concentrations sur place. Vint un jour ou les zones cultivés et pâturages empêchèrent la libre migration des animaux sauvages, et les tribus nomades eurent des problèmes pour garantir leur
subsistance. C'est à ce moment la que l'humanité s'abonna aux problèmes... car pour survivre ces tribus nomades n'eurent pas d'autre alternative que de chercher leur subsistance dans le pillage
des ressources des villageois. C'est la que les besoins de l'espèce changèrent de (nourriture + toit) qui sont des variables à évolution linéaire, à (nourriture + toit + défense), le dernier de
ces variables étant non linéaire mais EXPONENTIEL... il ne suffit pas d'avoir une épée... il faut la plus grande. En fait, la solution logique est qu'il faut une épée assez grande pour que avec
le matériel qu'il reste les autres tous réunis n'aient pas assez pour en construire une assez grande pour nous battre.


Les élites (politiques, économiques, dans l'ombre, etc.) sont toutes prisonnières de cette logique du bâton plus grand... et c'est pour cela qu'ils ne peuvent se résoudre à couper l'alimentation
des procédures qui alimentent le bâton qu'elles se sont construites pour se défendre du bâton des autres élites en concurrence. Cela devient même grotesque... pour poursuivre l'alimentation du
bâton construit pour protéger leur peuple, il est légitime d'affamer ce même peuple, car c'est celui qui est le plus compassif qui trainera derrière les autres et se fera écraser tôt ou tard.



Voilà pourquoi Margaret Thatcher disait "There Is No Alternative". C'est vrai... pour celui qui pense depuis l'intérieur de la logique de ces élites. Ils n'ont même pas besoin d'être des vilains,
c'est leur logique impeccable qui leur oblige à agir rationellement.



Le grand problème, c'est comment faire pour parvenir à une solution équitable tant pour la minorité des élites comme pour les majorités -garantir la survie-, tout en tenant compte des difficultés
que représentent l'incompréhension des élites vers des solutions en dehors de leur cadre de pensée compétitif, et l'ignorance des enjeux par la grande majorité d'ignorants (mais humains et égaux
en droits quand-même) qui ont tendance à empêcher toute solution possible en exigeant l'application de la guillotine pour ceux qu'ils ne croient que des profiteurs.


La tâche n'est pas facile, et les élites préfèrent continuer leur course vers le mur tant que celui-ci est moins matériel que la menace des guillotines.


Les humains, ils ne sont pas encore beaucoup plus évoluées que leurs frères chimpanzés qui meurent attrapés dans un piège dont il suffirait de lâcher temporairement la banane qu'ils tiennent dans
la main... le poing fermé étant trop gros pour passer par le même trou par lequel ils ont pourtant introduit la main ouverte.


 


Oh, j'ai bien un blog (ningunotro.blogsome.com) mais par manque d'audience intellectuellement stimulante je n'écris vraiment pas beaucoup.   



Greg 04/09/2010 14:32



Bienvennu parmi ceux qui ont lâché leur taf' et cherchent à faire quelque chose de leur vie (au lieu de la perde à la gagner). Deux choses : la ville n'offre des "débouchés" qu'aux employés, à
l'inverse de la campagne ; c'est fou comme on n'a pas de temps pour soi quand on ne travaille plus : )


 


 



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