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Soutien

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Comme une machine qui consommerait un maximum de pétrole uniquement pour entretenir sa surchauffe, l'intello du dessous consomme un maximum de facultés intellectuelles pour entretenir sa capacité à surmener son cerveau... en pure perte. Un pur produit de la société de surinformation dans laquelle on patauge...

Aujourd'hui j'ai décidé que tout ça allait sortir, et que je ferais connaître à  d'autres cerveaux surmenés et improductifs le chaos de mes pensées. Ca me fend un peu le coeur d'ajouter au flot d'informations inutiles qui circulent sur le net, mais il paraît qu'un être humain doit s'exprimer pour vivre, il paraît qu'il faut partager ses pensées pour qu'elles ne restent pas vaines. Alors bien sûr, cette décision tiendra jusqu'à ce que la somme d'informations que j'ingurgite chaque jour ne submerge la ressource mémoire où est née l'idée de ce blog, mais ne désespérons pas. Peut-être que le Bouddha qui veilla sur mon berceau me donnera la faculté d'entretenir mon jardin...

 

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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 06:31

Là je suis mal. Hier soir, j'étais mal, cette nuit j'ai à peine dormi et je suis mal, encore. C'est là que je me rends compte que j'avais presque oublié ce que c'était (donc ok, il y a progrès). Mais du coup je sens bien la douleur, je ne suis plus habituée, je ne suis plus dans la fatalité du "je serai toujours mal", non maintenant je sais ce que ça fait de se sentir bien et le retour dans l'anxiété, le mal au dos, la machoire crispée, l'envie de pleurer sans y arriver, la peur que la dépression refoute tout en l'air, je ressens tout ça encore plus. Maintenant, j'ai quelque chose à perdre, et c'est le bien-être relatif que j'avais trouvé... et ce boulot, qui ne me satisfait pas mais qui me permettrait de ne plus expliquer pourquoi je ne travaille pas "comme tout le monde" (même si entre temps  je me suis rendue compte que non, "tout le monde" ne travaillait pas, seul ceux qui le peuvent ou/et le veulent travaillent).
Ma mère m'a fait la remarque, que je ne devais pas me plaindre de mon travail, puisque maintenant je n'aurais selon elle plus de raison d'avoir l'impression de ne servir à rien. Comme si c'était si simple. Je ne sais pas vraiment à quoi sert ce que je peux faire dans ce boulot. Faire passer des informations sur un réseau, et après? Je ne sais même pas de quelles infos il s'agit, à quoi elles servent, ce qui se passe si ça ne marche pas...
une petite fourmi qui se retrouve au milieu d'une chaîne sans trop savoir ce que le groupe de fourmi essaye de faire. Elle sait juste qu'on lui demande de tenir, de jouer le maillon entre la fourmi du dessus et celle du dessous.
On ne peut pas dire que je me sente plus utile, maintenant. Au moins quand je jouais les agitatrices avec les autres précaires qui en avaient marre, quand je militais pour qu'on respecte les femmes je savais à quoi je voulais aboutir. Là, je ne vois pas vraiment en quoi ce que je fais est utile à la société, ça ne correspond pas à un idéal que j'ai. Je me sens moins inutile aux yeux de ceux pour qui on n'est utile à la société que si on a un travail salarié. Sauf qu'en fait à la moindre défaillance, je pourrai tomber et les autres fourmis arriveront toujours à se rattraper, sans briser la chaîne. Personne n'est indispensable. Si je retombe dans ma dépression , je ne ferai plus partie de la chaîne, et j'aurai juste encore une fois à assumer d'être celle qui a flanché et qui ne sert plus à rien parce que son travail dans la chaîne lui aura fait perdre le petit morceau de pain qu'elle essayait de ramener chez elle pour l'hiver. La petite fourmi qui aura tout perdu, son utilité dans la chaîne et ce qu'elle essayait de construire pour elle.

copyright DR La Citadelle assiégée






















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commentaires

marie sans importance 27/04/2008 10:40

Je sais que mon commentaire/question ne fera pas avancer les choses mais tu n'as pas moyen de chercher un travail plus stimulant en parallèle de ton job de fourmi ??Parce que le fait d'occuper un poste qui pourrait être occupé par n'importe quelle autre fourmi, au bout d'un moment, ça va te faire replonger.  Ce que tu décris comme "utilité" n'est qu'une "utilité" économique pour la société. Toi, en tant qu'humain (et tu l'as évidemment compris puisque sinon, tu ne te sentirais pas si inutile), tu as besoin d'être utile socialement parce que justement tu n'es pas une fourmi, tu es un être unique et qu'on ne peut pas interchanger avec un autre.En relisant, je me dis que mon commentaire n'est pas clair...En tout cas, je t'envoie tout un tas de pensées positives pour que tu puisses trouver un job qui puisse satisfaire ce besoin essentiel : l'utilité sociale (qui n'est pas économique).

L'intello du dessous 29/04/2008 23:30


oh si bien sûr il faudrait....
Mais jusqu'ici mon but était de retourner à une certaine normalité. Quitte à m'ennuyer ferme ou à me sentir inutile.
C'est bête, mais je veux que ma maman dorme mieux en se disant que j'ai enfin un CDI.
Même si dans ma tête la situation est toujours précaire car je ne me sens pas à ma place.
L'important, c'est de ne pas me laisser réduire à ce travail... (pas mauvais en soi, mais tellement loin de ce qui me passionne moi)


augenblick 20/02/2008 19:50

En écho à ce que tu as écris, la note de mon coach (qui n'empêche pas d'être aussi un peu optimiste, on lutte mieux comme ça :)http://beauvalletkiller.over-blog.com/article-16858699.html

L'intello du dessous 21/02/2008 02:21

Augenblick, merci pour le lien, et pour ta présence. En effet, l'écho est frappant. Les fourmis... Nous sommes tous priés d'oublier de chercher à comprendre où nous mène notre travail de fourmi. En ce moment, je suis priée de ne pas compromettre par mon inexpérience un projet déjà bien compromis, et je me demande au nom de quoi. La solidarité vis à vis d'autres fourmis qui se sont laissées piéger au jeu du "proposer mieux pour moins cher, même si on se rend compte que c'est infaisable"?. Ces fourmis là sont déjà tombées, ou sont déjà parties à la recherche d'une activité moins risquée et je ne sais toujours pas ce que notre pyramide de fourmis équilibristes essaye d'atteindre. La légèreté et le sourire étaient revenues depuis lundi, mais je ne suis pas encore assez dans la matrice pour ne pas voir l'absurdité de la situation. En même temps, c'est tant mieux, au lieu de ressentir la pression directement, je ne fais que m'interroger sur elle... Je préfère une insomnie pensante à une insomnie souffrante.

augenblick 19/02/2008 21:12

Les rythmes sont différents entre ce qu'il est possible de faire en militant ou dans une entreprise. Le plus difficile je crois est d'accorder tous ses rythmes de vie en fonction de ce sur quoi on souhaite agir.En attendant les contrats d'activité :) essaie de penser au meilleur chemin professionnel où tu pourras marcher, courir, dans une société qui reste encore à améliorer !Je t'envoie plein de bonnes pensées et du courage (se niche dans la nuque :) (Hé ! je suis sur la photo sur le site du 19e :))BisesAude

Messoda 18/02/2008 10:07

Juste une petite pensee affectueuse de quelqu'un qui a connu la meme chose. Courage un jour il n'y aura plus ce mal, la douleur disparaitra. Ce que je dis est bateau mais je trouve pas les mots pour te dire ce que je ressens en te lisant.Bon courage.

L'intello du dessous 21/02/2008 02:28

Merci Messoda pour ces mots d'encouragement. Il n'y a rien de bateau dans le fait de répondre à qq1 qui expirme une souffrance. Ce ne sont pas les mots en eux-mêmes qui comptent, mais l'écoute et la compréhension dont ils témoignent. J'aurai encore de ces moments là, ce qui donne l'espoir c'est de savoir que je suis capable de vivre autre chose.

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