Comme une machine qui consommerait un maximum de pétrole uniquement pour entretenir sa surchauffe, l'intello du dessous consomme un
maximum de facultés intellectuelles pour entretenir sa capacité à surmener son cerveau... en pure perte. Un pur produit de la société de surinformation dans laquelle on patauge...
Aujourd'hui j'ai décidé que tout ça allait sortir, et que je ferais connaître à d'autres cerveaux surmenés et improductifs le chaos de mes pensées. Ca me fend un peu le coeur d'ajouter au
flot d'informations inutiles qui circulent sur le net, mais il paraît qu'un être humain doit s'exprimer pour vivre, il paraît qu'il faut partager ses pensées pour qu'elles ne restent pas vaines.
Alors bien sûr, cette décision tiendra jusqu'à ce que la somme d'informations que j'ingurgite chaque jour ne submerge la ressource mémoire où est née l'idée de ce blog, mais ne désespérons pas.
Peut-être que le Bouddha qui veilla sur mon berceau me donnera la faculté d'entretenir mon jardin...
Là je suis mal. Hier soir, j'étais mal, cette nuit j'ai à peine dormi et je suis mal, encore. C'est là que je me rends compte que j'avais presque oublié ce que c'était (donc ok, il y a progrès).
Mais du coup je sens bien la douleur, je ne suis plus habituée, je ne suis plus dans la fatalité du "je serai toujours mal", non maintenant je sais ce que ça fait de se sentir bien et le retour
dans l'anxiété, le mal au dos, la machoire crispée, l'envie de pleurer sans y arriver, la peur que la dépression refoute tout en l'air, je ressens tout ça encore plus. Maintenant, j'ai quelque
chose à perdre, et c'est le bien-être relatif que j'avais trouvé... et ce boulot, qui ne me satisfait pas mais qui me permettrait de ne plus expliquer pourquoi je ne travaille pas "comme tout le
monde" (même si entre temps je me suis rendue compte que non, "tout le monde" ne travaillait pas, seul ceux qui le peuvent ou/et le veulent travaillent).
Ma mère m'a fait la remarque, que je ne devais pas me plaindre de mon travail, puisque maintenant je n'aurais selon elle plus de raison d'avoir l'impression de ne servir à rien. Comme si c'était
si simple. Je ne sais pas vraiment à quoi sert ce que je peux faire dans ce boulot. Faire passer des informations sur un réseau, et après? Je ne sais même pas de quelles infos il s'agit, à quoi
elles servent, ce qui se passe si ça ne marche pas...
une petite fourmi qui se retrouve au milieu d'une chaîne sans trop savoir ce que le groupe de fourmi essaye de faire. Elle sait juste qu'on lui demande de tenir, de jouer le maillon entre la
fourmi du dessus et celle du dessous.
On ne peut pas dire que je me sente plus utile, maintenant. Au moins quand je jouais les agitatrices avec les autres précaires qui en avaient marre, quand je militais pour qu'on respecte les
femmes je savais à quoi je voulais aboutir. Là, je ne vois pas vraiment en quoi ce que je fais est utile à la société, ça ne correspond pas à un idéal que j'ai. Je me sens moins inutile aux yeux
de ceux pour qui on n'est utile à la société que si on a un travail salarié. Sauf qu'en fait à la moindre défaillance, je pourrai tomber et les autres fourmis arriveront toujours à se rattraper,
sans briser la chaîne. Personne n'est indispensable. Si je retombe dans ma dépression , je ne ferai plus partie de la chaîne, et j'aurai juste encore une fois à assumer d'être celle qui a flanché
et qui ne sert plus à rien parce que son travail dans la chaîne lui aura fait perdre le petit morceau de pain qu'elle essayait de ramener chez elle pour l'hiver. La petite fourmi qui aura tout
perdu, son utilité dans la chaîne et ce qu'elle essayait de construire pour elle.

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