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Ce blog regroupe des articles sur tous les sujets qui me tiennent à coeur; développement durable, droits de l'être humain, féminisme, questions sociales. Vous y trouverez aussi des coups de gueule ou des anecdotes sur ma vie de tous les jours.

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Souffrance nécessaire, virilité, et vote...



Je suis tombée sur "Carnets de Santé", sur une note faite par Serge Carnasse sur le livre "Souffrance en France"  de Christophe Dejours. Et j'ai surtout été interpelée par ce passage.

Car en fait, chacun sait quelque chose non seulement de sa propre souffrance, mais de celle d’autrui. Et personne n’est indifférent à la douleur de l’autre. Pour Dejours, chacun a un sens moral et souffre quand il ne peut y répondre. Mais alors d’où vient l’acceptation de l’état des choses ? Du "retournement" de ce sens moral : la souffrance d’autrui est nécessaire, toute une série de raisons, très bien expliquées par les experts, en rend compte, dominées par la "guerre économique". La survie est à ce prix (de l’entreprise, de la société, de soi, de sa famille).

Cette "distorsion communicationnelle" (rendue possible par le mensonge sur ce qui de passe dans l’entreprise) est possible en faisant appel à une valeur, la virilité, assimilée au courage : le courage, c’est de savoir infliger la souffrance à autrui quand cela est nécessaire ("on n’est pas des gonzesses, on n’est pas des tapettes"). Savoir faire le "sale boulot". Christophe Dejours introduit ici une distinction précieuse entre la virilité, qui a besoin du regard des autres, et le courage, qui n’en a pas besoin et sait même l’affronter. Fuir peut être une preuve de courage (par exemple, les quelques soldats qui ont refusé les exécutions sommaires ordonnées par les nazis). Mais pour un viril, la fuite est de la lâcheté. Pas question de l’être sous le regard des autres. " Le mal a fondamentalement partie liée avec le mâle", écrit Dejours, qui avoue s’être longuement interrogé sur la pertinence de ce jeu de mots, en apparence trop facile.

En définitive, ce qui fonde la virilité est donc la peur. Pour Dejours, la peur vient avant la violence. Peur bien réelle dans notre société : peur du chômage, peur de la précarité (de récentes enquêtes ont montré que de ce point de vue au moins, l’analyse reste d’actualité). " La virilité vient soutenir la lutte contre les manifestations de la peur en promettant prestige et séduction à celui qui affronte l’adversité et en menaçant a contrario celui qui fuit de perdre son identité sexuelle de mâle. (...) Le discours viril est un discours de maîtrise, appuyé sur la connaissance, la démonstration, le raisonnement logique, supposé ne laisser aucun reste."

Cette peur induit soumission, perte des solidarités au travail et séparation entre ceux qui sont dans le travail et ceux qui en sont exclus.

 

Mais ce qui m'a surtout étonnée, c'est que quelques instants plus tard, retournant sur cette saloperie de Facebook , je tombe sur la fiche d'un journaliste,  sur un quizz  "Quel socialiste êtes-vous?" , quizz qui fait un carton chez les facebookers que je connais. Son résultat était Ségolène Royal: mais le plus étonnant, c'était la description: "Vous êtes fondamentalement gentil, presque trop, ce qui nuit à votre crédibilité. Dans un monde comme le notre il faut savoir être pourri de temps en temps !"

Non seulement je sais que beaucoup ont du sursauter à cette description d'une Ségolène trop gentille, mais je me suis dit après la lecture de l'article précédent, qu'elle manquait surtout de ces valeurs viriles qu'on considère  comme indispensable pour l'exercice du pouvoir. Qu'elle les ait ou non n'est pas vraiment la question, puisqu'étant une femme elle ne "pouvait" pas les avoir, dans l'esprit de beaucoup. Est-ce que le choix de Sarkozy n'était pas une énième conséquence de cette banalisation de la souffrance? Choisissons donc un bourreau digne de la souffrance que nous pensons nécessaire, "dans un monde comme le notre".Je parle là du Sarkozy avide de pouvoir qui faisait peur, pas du Sarkozy burlesque qui apparait depuis quelques semaines (j'étais  passée par Le roi plouc entre temps) , et qui fait dire à ceux qui avaient vanté ses valeurs viriles qu'il nous humilie aux yeux du monde...


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O
de toute façon quand on parle d'une femme qui cherche du pouvoir soit elle est trop gentille, soit elle est psychorigides. Dans les 2 cas ça suffit à prédire qu'elle va échouer.Les hommes eux sont combatifs, persévérant, pugnaces, habiles...
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G
Pourtant Ségolène Royal a aussi ses côtés requin, qui la rapprocherait de la virilité telle que définie ici, non ?
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L
<br /> Tout-à-fait: c'est pour ça que je dis que la qualifier de trop gentille, ça peut en faire sursauter certains. Je oense que là encore, on lui attribue des traits de caractères qu'on attribue<br /> habituellement aux femmes (les femmes sont trop douces pour faire de la politique) sans que ça colle réellement au personnage.<br /> Donc les valeurs viriles, ce ne sont pas des valeurs qu'elle n'a pas, mais c'est ce qu'on suppose qu'elle ne peut avoir par le simple fait qu'elle est femme.<br /> <br /> <br />
A
Ta note est excellente ! (d'une excellence beaucoup plus vaste que celle qui est véhiculée par les conventions de notre classe dirigeante)
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