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Soutien

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Comme une machine qui consommerait un maximum de pétrole uniquement pour entretenir sa surchauffe, l'intello du dessous consomme un maximum de facultés intellectuelles pour entretenir sa capacité à surmener son cerveau... en pure perte. Un pur produit de la société de surinformation dans laquelle on patauge...

Aujourd'hui j'ai décidé que tout ça allait sortir, et que je ferais connaître à  d'autres cerveaux surmenés et improductifs le chaos de mes pensées. Ca me fend un peu le coeur d'ajouter au flot d'informations inutiles qui circulent sur le net, mais il paraît qu'un être humain doit s'exprimer pour vivre, il paraît qu'il faut partager ses pensées pour qu'elles ne restent pas vaines. Alors bien sûr, cette décision tiendra jusqu'à ce que la somme d'informations que j'ingurgite chaque jour ne submerge la ressource mémoire où est née l'idée de ce blog, mais ne désespérons pas. Peut-être que le Bouddha qui veilla sur mon berceau me donnera la faculté d'entretenir mon jardin...

 

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12 décembre 2005 1 12 /12 /décembre /2005 09:18
La semaine dernière fut un peu chargée. J'ai goûté aux joies du boulot de télé-conseillère, télé-enquêtrice plus exactement dans mon cas...
Pour être honnête, après 8 heures passées le nez sur un écran et un casque sur la tête non-stop, je n'avais aucune envie de rallumer mon ordi... Lobotomisée...
Alors quelques conseils à l'usage des personnes sondées par téléphone:
1. Même si la personne qui vous appelle a l'air très gentille, attentionnée , etc. inutile de lui raconter votre vie, elle n'écoute pas. L'oeil rivé sur le compteur de minutes, elle est juste en train de se demander comment passer à la question suivante sans trop vous froisser, histoire de rattraper sa moyenne.
2. quand elle vous dit que le questionnaire va durer 3 minutes... croyez là!! Elle en fait 100 par jour, elle sait exactement combien de temps ça dure, et si vous mettez plus, c'est vraiment que vous avez réfléchi pendant 3 plombes à chaque question. Pour mon questionnaire aux garagistes: 1minute 30 pour les plus performants, 4 minutes pour ceux qui prennent le temps de calculer combien ils ont réellement consommé d'huile à l'année, une moyenne située à 2 minutes 50!
3. Pas la peine d'expliquer pourquoi vous ne souhaitez pas répondre: je me suis rendue compte que les gens mettaient presque autant de temps à s'expliquer que ceux qui répondent directement au questionnaire.

Bon après, y a tous les secrets que j'aurais préféré ne jamais découvrir... Du genre "bonjour, je suis Unetelle, de la société Truc". Ne vous y trompez pas , Unetelle ne s'appelle aucunement Dominique Delcourt, ça c'est le nom bidon choisi par le centre d'appel pour que ça marche aussi bien pour les filles que pour les garçons. Votre intelocuteur/interlocutrice a 7 chance sur 10 de s'appeler Amina, Karim ou même des prénoms dont vous ne connaissiez même pas l'existence... J'ai trouvé ça hallucinant : c'est quelque chose d'entendu et de tout à fait assumé que si on a un nom à consonnance un peu trop exotique, il vaut mieux faire semblant de s'appeler Julien ou Céline si on ne veut pas se faire raccrocher au nez. Alors pas de discrimination dans le recrutement; tant que vous êtes bien né en France et que vous n'avez aucun accent bizarre tout va bien, mais surtout n'allez pas appeler les clients sous votre vrai nom, malheureux!!
Moi ça me paraissait tellement bidon de faire semblant de m'appeler Dominique que j'ai fini par reprendre mon vrai nom; j'ai bien tenté d'autres noms d'emprunt, mais aussitôt Dominique Delcourt revenait à l'assaut, un véritable automatisme, plus moyen de m'en débarasser!! A force de le voir écrit dans le script, je me demande si au prochain entretien d'embauche, je ne vais pas arriver en disant "Bonjour, je suis Dominique Delcourt, du magazine Réparation Atelier..oups!"

J'aurais cru aussi que quand on faisait de l'appel téléphonique son coeur de métier, on avait du matériel de pro... que nenni!! Un vieux casque type walkman, un micro intégré, un fil branché sous le téléphone, et vogue la galère! Et encore j'avais de la chance, j'avais un écouteur sur chaque oreille; le minimum syndical c'est un seul écouteur (sans doute pour mieux entendre le chef d'équipe qui se fiche royalement de te déranger en plein appel pour te dire "ouais, c'est bien, t'es déjà à la question 10 en 1 minute 20, allez...!"). Pitoyable...
Je n'oublie pas bien sûr le réseau qui saute toutes les deux heures: tout à coup, alors que la fiche de votre correspondant est sensée s'afficher sur l'écran, plus rien, ordinateur à 1 page par minute, et vous qui essayez de rattraper le coup "heu oui, donc, je vous ai déjà dit que je vous appelais pour le magazine Réparation Atelier..? " jusqu'au plantage fatal: "Excusez-moi, mon ordinateur a planté, on essayera de vous rappeler, au revoir monsieur!!"
C'est comme ça que les pauses ne se font plus en fonction du nombre d'heures passées à travailler mais en fonction des pannes de réseau. Vous aviez donné rendez vous à votre copain pour manger à 13h? Tant pis pour lui, le réseau plante à 12h15, obligation d'aller manger avant 13h15!

Est-il utile de vous dire que pour ce boulot, j'étais quand même payée deux fois plus que pendant mon stage...?
Au moins, je connais les vraies priorités de la société, comme ça...
D'ailleurs, à quoi va réellement servir ce questionnaire? Seul l'avenir nous le dira... Si vous voyez une grande enquête sur les réparateurs mécaniciens dans le prochain numéro de Réparation Atelier, surtout dites le moi! Ca me rassurera de savoir que je n'ai pas seulement servi à filer des infos à un vendeur d'enseignes Toyota ou Top Garage!

L'intello au 36e dessous...


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4 décembre 2005 7 04 /12 /décembre /2005 10:52
Je suis passée vendredi matin devant la Commission Locale d'Insertion. J'ai été reçue par quatre femmes plutôt sérieuses et de bonne foi. J'ai eu l'occasion de leur exposer l'absurdité de la situation.
Je leur ai expliqué que je refusais de signer une lettre disant que ce que je faisais n'était pas une démarche d'insertion et que je trouvais absurde que mes (maigres) indemnités de stage soient considérées comme des revenus lorsqu'il s'agissait de calculer le montant du RMI qu'on m'accordait (ce qui fait du 80€) mais que malgré cela mon stage ne soit pas considéré comme une reprise d'activité.

Résumons nous:
Lorque vous touchez le RMI à taux plein, vous avez 2 solutions:

1ere situation: vous trouvez un boulot (même un petit boulot au SMIC);  vous pouvez cumuler le RMI et votre SMIC pendant 3 mois, puis vous cumulez le SMIC et la moitié du RMI pendant encore trois mois.  J'ai aussi entendu parler d'une prime à l'emploi, mais je ne rentre pas dans les détails.

2eme situation: vous trouvez votre boulot idéal, en rapport avec votre formation, mais ils ne prennent que des stagiaires. Vous gagnez donc moins que le SMIC dans l'espoir que le stage se transformera  en emploi un jour, et en plus vous n'êtes pas autorisé à garder le RMI puisqu'on considère que vous avez repris vos études. Vous vous retrouvez donc avec votre indemnité de stage inférieure au SMIC et même parfois inférieure au RMI

3eme situation: vous restez au RMI et vous faites ce que vous aimez en tant que bénévole dans une association. *

4eme situation: vous décidez de prendre un ego de ouf et de vous mettre à votre compte. Et là , bonne chance pour vous faire facturer vos prestations à un prix qui comprenne vos charges de jeune entrepreneur... Y a 10 étudiants ou tout juste diplomés qui sont prêts à faire le même boulot à temps plein pendant 6, 9, 12 mois pour une misère. Y a pas à chercher , sans l'expérience d'un senior, vous ne faites pas le poids!

Est-ce que vous êtes vraiment étonnés que des gens choisissent la deuxième solution?
Vous trouveriez sain d'avoir 100% de diplomés chez MacDo? ( enfin, je dis ça, c'est que je n'ai pas encore vu de stage chez Mac Do, mais ça doit exister aussi, finalement) Le corrolaire est bien sûr que tous les non diplomés se retrouvent au RMI, puisque les postes non qualifiés sont pris par des diplomés qui n'ont pas voulu être payé moins que le smic pour leur travail.

D'un autre côté est-ce que vous trouveriez normal d'avoir 100% des diplomés au RMI, attendant de trouver un poste en rapport avec leur compétences? Bien sûr que non. Vous les remettriez au travail à grands  coups de pieds aux fesses!!

Là où on atteint le comble, c'est quand des salariés se voient remplacés par des jeunes stagiaires qui ont choisi la deuxième solution... C'est là qu'on se dit "stop! c'est plus possible tout ça!!"

La Commission Locale d'Insertion, bien sûr , a décidé la suspension du RMI. Mais au moins j'ai sensibilisé 4 personnes de plus au problème des stages.  Je me suis sentie vachement plus rassurée quand on m'a dit que je pourrais redemander le RMI en janvier quand je n'aurai plus le statut étudiant. Vu que mes "revenus" mirobolants de stage seront pris en compte dans le calcul de mes revenus des trois derniers mois je devrais m'en sortir avec 100 euros par mois pendant 3 mois.
Autant dire qu'il vaut mieux pas compter là dessus. Et encore moins sur le contrat d'insertion; l'an dernier je n'ai eu l'occasion de le signer que 5 mois après mon inscription, quand je m'étais déjà rabattue sur un stage!!

Donc voilà, me reste la dernière solution; il se trouve que j'ai pas un ego de ouf, que j'ai que des stages en expérience, et que je crèche encore dans l'appart de mes parents qui ont déménagé; fin du bail en décembre. Pas évident de s'installer un bureau de consultant en squat chez un copain ou dans un appart qu'on va devoir quitter dans très peu. Et puis mon stage est fini, plus de revenus de ce côté là.

Et pourtant j'ai le moral: savez pourquoi? Parce que j'ai des gens qui m'aiment et qui me laisseront pas tomber...




*:Evidemment, je ne parle pas de la solution qui consiste à taire soigneusement le fait que vous êtes en stage; pour montrer à quel point le système est absurde, il faut jouer le jeu honnêtement et sincèrement jusqu'au bout.

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24 novembre 2005 4 24 /11 /novembre /2005 22:45
Merci à tous ceux qui sont venus nous rejoindre aujourd'hui, pour la première grève unitaire des travailleurs de l'ombre que sont les stagiaires.
Ils n'aparaissent ni dans les chiffres du chomage, ni dans le chiffre des RMIstes (sauf ceux qui comme moi refusent qu'on leur assène le statut d'étudiant alors qu'ils ne cherchent qu'un moyen de s'insérer dans le monde du travail), ni dans les travailleurs. Parfois, eux-mêmes ne savent plus trop ce qu'ils sont, c'est le flou... Etudiant? Chomeur? En recherche d'emploi? Petite main?
La seule chose sûre c'est qu'ils ont rarement un revenu décent (la plupart inférieur au RMI! ) , la seule chose sûre c'est qu'ils sont précaires, et que quand on les rencontre au cours des différents rendez-vous fixés aujourd'hui dans toute la capitale, ils nous disent merci d'avoir osé parler, et merci d'avoir réussi à rassembler des jeunes isolés et plutôt honteux de leur situation; tantôt privilégiés qui se permettent de faire ce qui a un sens pour eux parce que leurs parents ne les ont pas encore complètement reniés, tantôt losers qui n'ont même pas été capables de trouver un VRAI travail. Ce qui est sûr, c'est que ce non-statut leur pesait, et qu'il a fallu qu'ils soient nombreux pour oser sortir du mutisme... 
Le plus important finalement , c'était de relever la tête.

Mais ça ne suffira pas! Nous ne voulons plus que des jeunes se sentent tellement désespérés qu'ils acceptent de vendre leur temps, leur énergie, leur créativité, et parfois aussi leur santé psychologique (j'ai été frappée du nombre de témoignages de "craquages", de journées de stages qui finissent en larmes...) pour presque rien!
TOUT TRAVAIL MERITE SALAIRE
C'est le maître mot! Et nous l'avions presque oublié dans cette jungle qu'on nous a enseigné à trouver naturelle... Le seul but était de prouver notre valeur, de se "forger une expérience" dans l'espoir d'atteindre le boulot, le vrai!  Mais ce boulot nous ne l'atteignons jamais, à l'image de la marelle que nous avons dessinée sur le parvis de la Bastille ; toujours, cette case qui revient "vous avez beaucoup de qualités mais.... nous n'avons pas de poste à pourvoir, un autre stagiaire est prêt à prendre votre place, vous nous coûteriez trop cher, vous comprenez, vous avez des diplomes..." Alors qu'est-ce qu'on fait ? On quémande un autre stage?? On part chercher un vrai travail au risque de devoir justifier le trou honteux qu'on remarquera forcément sur notre CV? (les petits boulots, bien sûr, ça ne compte pas...)
On décide de faire carrière chez MacDo, en sachant qu'il y a des besoins pour ce qu'on sait faire, mais qu'ils trouveront toujours un stagiaire pour se donner corps et âme, alors qu'un salarié, vous comprenez, ça s'encroûte, ça se marie, ça fait des enfants, ça ne travaille plus jusqu'à des heures indues..?

Nous voulons un vrai statut pour les stagiaires. En tout cas, à moi, une charte ne me suffira pas. Il me suffit de relire le Pacte Mondial, que tant de grandes entreprises ont signées, ça ne m'empêche pas de voir en quoi elles font peu d'effort pour l'honorer. Les entreprises adorent le droit mou (ça fait mieux en anglais: "soft law"), et c'est souvent pour ne surtout pas le respecter, mais se glorifier de la moindre initiative éthique...
Les entreprises ont une responsabilité sociale; si elles l'ont oublié, c'est à la loi de leur rappeler. N'en déplaisent à tous ceux qui m'ont enseigné le "développement durable" mou pendant ma dernière année d'études... Le droit mou, ça donne des contrats de travail mous = des conventions de stage, des salaires mous = des indemnités si faible qu'elles ne permettent même pas de payer un loyer....

Nous ne les laisserons pas nous endormir !


Déclaration des droits du stagiaire

 

 

24 novembre 2005

 

 

Les membres du collectif Génération précaire, constatant une détérioration des conditions de vie du stagiaire et la non reconnaissance de leur travail ont résolu d’exposer, dans une déclaration solennelle, les droits du stagiaires afin qu’ils soient transposés dans une loi :

 

 

Article 1er
Le stagiaire tout comme le salarié doit bénéficier des droits élémentaires garantis par le code du travail.

 

 

Article 2
Le stage doit retrouver sa vocation pédagogique et assurer l’insertion professionnelle et sociale du jeune.

 

 

Article 3
Aucun stage ne doit constituer un emploi déguisé. A cette fin, sa durée doit être limitée.

 

 

Article 4
Tout travail méritant salaire, aucun stagiaire ne doit fournir un travail sans être justement rémunéré.

 

 

Article 5
Le stagiaire doit avoir pouvoir participer à la solidarité nationale en cotisant aux charges sociales. Son employeur également.

 

 

 

 

Article 6
Les entreprises doivent cesser d’avoir recours abusivement à des stagiaires. Elles doivent limiter leur nombre et leur assurer un tutorat adéquat. 

 

 

Article 7
Les entreprises doivent respecter un délai entre deux périodes de stage sur le même poste.

 

 

Article 8
Les organismes de formation sont responsables et se doivent de contrôler que les conventions qu’ils délivrent ne peuvent donner lieu à des dérives.

 

 

Article 9
Une étude doit être engagée pour mettre en lumière l’impact du stage sur le marché de l’emploi.

 

 

Article 10
Les propositions citées ont vocation à être reprises dans le code du travail.

 









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27 octobre 2005 4 27 /10 /octobre /2005 00:00

Lettre à la Commission Locale d’Insertion


                   Madame, Monsieur

                Je vous écris suite à votre courrier du ***** m’annonçant qu’il est envisagé de suspendre le versement de mon allocation du RMI, pour le motif que mon statut d’étudiant est incompatible avec le versement du RMI.

               N’étant pas en situation de reprise d’études mais uniquement en stage étudiant, je demande à être entendue par la Commission Locale d’Insertion pour expliquer mon refus de rédiger une lettre dans laquelle je renoncerais à mon allocation du RMI.

                 La première lettre que j’ai reçue me rappelait que « le versement du RMI [était] subordonné à une démarche d’insertion ».  Le stage que j’effectue actuellement EST une démarche d’insertion, et c’est malheureusement la seule activité en rapport avec ma formation que j’aie trouvé. Je travaille à temps complet en entreprise tout en recevant moins que le SMIC pour un travail demandant une qualification que n’ont pas ceux qui m’encadrent ; je trouve anormal qu’on me traite comme si je n’avais fait aucun effort d’insertion en me coupant les minima sociaux. De plus, j’ai joué franc jeu en déclarant dès le début ma situation à mon référent social et en déclarant à la CAF les indemnités perçues pendant ce stage.

                Je n’ai pas de logement propre, étant  logée jusqu’ici par mes parents ; or mon père est muté ce mois. Quand j’ai demandé à mon référent social une aide à la recherche d’un logement, elle m’a répondu « vous savez bien qu’en Ile de France, sans CDI, on ne trouve pas de logement, restez chez vos parents ! ».

            Je suis donc loin d’être insérée définitivement dans la société, et loin aussi d’être une personne qui ne fait aucun effort pour y être insérée ; c’est pourquoi je refuse de renoncer de mon plein gré au RMI. Je ne suis pas la seule diplômée à être dans cette situation de non droit causée par les stages en entreprises ; c’est par solidarité avec tous les autres stagiaires précaires que je souhaite être entendue par la commission locale d’insertion.

                En espérant une suite favorable, je vous prie de recevoir, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées.

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