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Comme une machine qui consommerait un maximum de pétrole uniquement pour entretenir sa surchauffe, l'intello du dessous consomme un maximum de facultés intellectuelles pour entretenir sa capacité à surmener son cerveau... en pure perte. Un pur produit de la société de surinformation dans laquelle on patauge...

Aujourd'hui j'ai décidé que tout ça allait sortir, et que je ferais connaître à  d'autres cerveaux surmenés et improductifs le chaos de mes pensées. Ca me fend un peu le coeur d'ajouter au flot d'informations inutiles qui circulent sur le net, mais il paraît qu'un être humain doit s'exprimer pour vivre, il paraît qu'il faut partager ses pensées pour qu'elles ne restent pas vaines. Alors bien sûr, cette décision tiendra jusqu'à ce que la somme d'informations que j'ingurgite chaque jour ne submerge la ressource mémoire où est née l'idée de ce blog, mais ne désespérons pas. Peut-être que le Bouddha qui veilla sur mon berceau me donnera la faculté d'entretenir mon jardin...

 

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2 novembre 2005 3 02 /11 /novembre /2005 00:00
J'ai vu Patrick Viveret pour la première fois à une conférence du cycle "Rencontres avec des hommes remarquables" (je passe sur le mot "hommes"... J'espère qu'un jour ils se rendront compte que des femmes remarquables existent aussi, et que dans ce cas, dire "homme", ce n'est pas vide de sous-entendus...).

Et pour être remarquable, il l'est!

Bien sûr, j'avais déjà entendu parler de son rapport "Reconsidérer  la richesse", paru en 2001, dans lequel il fait une admirable critique du PIB comme seul indicateur de richesse, et fait la part belle aux nouvelles formes de définition de la richesse: Indice de Développement Humain, PIB vert, indicateurs sociaux et écologiques et "Net National Welfare".

Mais l'entendre en "live", c'était une vraie bouffée d'oxygène. Ca fait tellement de bien d'entendre dire que la valeur marchande n'est pas la seule manière de déterminer la valeur d'une action...

Surtout quand on est précaire et qu'on produit une valeur marchande quasi nulle, ça fait tellement de bien d'entendre quelqu'un revendiquer comme richesse de la société les activités non génératrices de monnaie qu'on effectue tous les jours; lien social, militantisme, défense de l'environnement...

J'encourage tout le monde à lire ce livre; les obsédés du bénéfice net comme les soi-disant "inactifs" qui se croient inutiles, les drogués du travail comme les adeptes du "laisser-aller", les "élites de la nation" comme les "rebuts de la société".

Une bouffée d'air frais, je vous dis!!

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1 novembre 2005 2 01 /11 /novembre /2005 00:00


Ca y est! On l'a fait!
"Presqu'autant de journalistes que de manifestants" dit le commentaire sur France 3 Ile de France!
Mais je ne suis pas déçue du nombre de manifestants, vu le soutien que nous avons reçu sur le site de Génération Précaire! Ce que cette phrase révèle, c'est surtout la couverture médiatique extra que nous avons obtenue pour cette manifestation! Nous n'osions même pas l'appeler ainsi, pour nous c'était un "happening" (eh oui, beaucoup de stagiaires dans les médias et dans le marketing, ça fait du franglais dans les discours...) . Pour nous, c'était à peine l'occasion d'avoir un petit article pour annoncer le mois de mobilisation que nous lançons, et nous avons eu les télés les plus importantes du PAF, et au 20h, s'il vous plaît!!
Nous sommes arrivés aux portes du Ministère du Travail!
Je suis fière d'y avoir participé, je suis fière d'avoir apporté ma pierre!
Mais le combat ne fait que commencer...


Beaucoup de journalistes me demandaient si j'avais l'intention de m'expatrier pour faire valoir mes diplômes...
Non, je ne veux pas! Je suis française, je veux que ça bouge ICI !  Je veux que l'on se rende compte de l'absurdité de la situation !
C'est toute une jeunesse qui se dégoûte de l'entreprise ! C'est toute une classe économique qui oublie ses vrais devoirs !
Au collège, j'avais appris qu'une entreprise était composée d'être humains et de capitaux et produisait des biens et des services pour répondre aux besoins d'autres êtres humains et en dégager un bénéfice. On dirait que l'être humain a disparu de l'équation. On a les yeux tellement rivés sur la Bourse qu'on croirait que le capital travaille seul; et le pire, c'est que c'est souvent le cas!! Mais à quoi ça sert tout ça, si les besoins des êtres humains ne sont plus comblés? A quoi ça sert, si la jeunesse sombre dans la violence ou l'apathie? (Clichy sous Bois ne se remet pas de la mort de deux adolescents et s'en prend à tout ce qui bouge -voitures , pompiers, policiers, journalistes- pendant que nous sommes une poignée à manifester pour que le travail et l'effort aient un sens...)

Pendant que des jeunes se désespèrent face au monde du travail impénétrable, d'autres jeunes n'y croient même plus et ne peuvent plus que manifester leur trop plein de haine, de ras le bol...
C'est le même désespoir qui s'exprime des deux côtés!

Et le même mépris qui y répond. Sur le site de Génération Précaire, on nous traite de prétentieux qui s'imaginent valoir autant qu'un salarié expérimenté, à propos de Clichy, Sarkosy parle des racailles de banlieue...

Dans les deux cas, c'est le mépris!!!

Alors merci aux journalistes d'avoir relayé notre mouvement, merci à tous ceux qui ont signé la pétition, et merci surtout aux trois révoltés qui ont osé lancer le mouvement! Il était attendu, j'espère qu'il aboutira! Que je puisse enfin exercer le métier pour lequel j'ai été formée, et que je puisse enfin laisser le RMI aux plus démunis, et les petits jobs aux non diplomés! Que je puisse me débarasser de ce mépris qui me colle à la peau!! Tantôt fille de riche qui a eu le bol de faire des études, tantôt bonne à rien qui ne sait pas se vendre pour trouver un emploi (depuis quand savoir se vendre est un gage d'efficacité dans le travail?), tantôt fille à papa qui ne décolle pas de chez ses parents (si je pouvais!!)... Est-ce que je n'aurais pas caillassé des voitures de flics si j'étais née à Clichy sous Bois?

Il faut que la jeunesse puisse vivre!!!

http://info.france3.fr/france/15297888-fr.php

http://fr.news.yahoo.com/01112005/202/des-stagiaires-defilent-masques-pour-denoncer-leur-exploitation.html
http://fr.news.yahoo.com/01112005/5/les-stagiaires-dans-la-rue-paris.html
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1 novembre 2005 2 01 /11 /novembre /2005 00:00



Ma première photo faite à la maternité fait penser au Bouddha: regard sérieux, mains sagement croisées sur la poitrine, l'air pensif et concentré. Je n'ai aucune origine asiatique, ne vous y trompez pas, simplement une jaunisse; déjà une incompatibilité d'humeurs avec ma mère...
A la maternelle, une instit lui a dit que je lui faisais penser à un ordinateur; "on dirait qu'elle n'écoute pas ce qu'on dit, elle n'a l'air de rien, et tout à coup elle nous ressort tout mot pour mot!" Elle me le ressort encore de temps en temps, pour me reprocher d'être sans coeur...
Pour pas arranger les choses, j'ai eu un père ingénieur ("je sais tout, et quand je ne le sais pas, je l'invente et je tombe juste"), une mère professeure d'espagnol fana de bouquins, deux soeurs de 5 et 6 ans mes aînées qui adoraient se consacrer à mon développement psychomoteur... Bref, j'avais tout ce qu'il fallait pour vite devenir "la tête de la classe"...
En première année de maternelle, je fais la leçon à ma voisine de table à la cantine qui tient sa fourchette à pleine main ("mais non, c'est pas comme ça qu'on fait... regarde...").
En deuxième année de maternelle, la rumeur court que je sais lire l'allemand; déformation de ce qu'a dit ma grande soeur après que j'aie essayé de déchiffrer Kronenbourg sur une canette de bière...
En troisième année de maternelle, je mouche une gamine qui faisait semblant de savoir lire en racontant ce qui lui passait par la tête en regardant les images; moi, je sais déjà déchiffrer (ma soeur aînée qui rêve de devenir instit me l'a appris!), je veux montrer à tout le monde que ce que dit la frimeuse n'est pas du tout ce qui est écrit... Et c'est à ce moment-là que j'ai compris que c'était vraiment pas cool d'être une intello. Je lisais la vraie histoire, mais -bien sûr- trop lentement pour captiver les foules, et tout le monde se rallia à l'histoire inventée de Miss Bluff.
Aujourd'hui j'ai 23 ans de plus, et ça n'a pas changé: le bluff paye toujours plus que la sincérité, les doutes et hypothèses mesurées du vrai scientifique passionnent toujours moins que les certitudes du voyant, le JT préfère toujours donner une fausse info avec du spectacle qu'une info importante sans image...
Etre intello, c'est vraiment pas cool... Mais être intello, c'est mon destin!
C'est grâce à ça qu'à 28 ans j'ai toujours ni maison ni salaire ni mari ni enfants ni chienchien ni tout ce qui fait qu'on dit qu'on a "réussi" dans la  vie! Et non contente d'avoir raté mon intégration dans la société, il faut que je continue à réfléchir... sur le destin de la planète, de l'espèce humaine, sur l'origine de la guerre, sur ce qui rend la bêtise plus attrayante que l'intelligence, sur ce qui abrutit les jeunes, sur ce qui pourrit les politiques, sur ce qui corrompt les dirigeants d'entreprise, sur ce qui fait que le respect de ce qui est différent n'existe plus que chez certains moines bouddhistes, sur les raisons qui font que des livres écrits il y a 30 ans n'ont toujours pas été lus et compris. C'est une maladie, je vous dis!! Voilà comment d'enfant Prodige, on devient une intello du dessous... stagiaire mal payée bientôt SDF, insomniaque, un peu dépressive, idéaliste, passionnée par tout ce qui ne rapporte pas un rond; le genre de personne capable de créer un blog sur son lieu de travail, d'oublier de répondre aux offres d'emploi qui l'intéressent, de penser toute la nuit à ce qu'elle va écrire dans son mémoire de fin d'études sans que jamais dans la journée elle l'écrive pour de bon... Une véritable adepte de la branlette intellectuelle, qui y laisse sa santé, sa vie sociale, ses nerfs, qui se fout en rogne pour une pub affligeante et fait exprès de traverser tout doucement devant les 4x4, quitte à risquer la chaise roulante, juste pour dire que non, ce ne sont pas les rois du bithume et que oui, j'ai raison de marcher pour préserver la planète de la surchauffe....
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28 octobre 2005 5 28 /10 /octobre /2005 00:00

Les stagiaires sont en colère! Enfin!!
Je me demande si je n'ai pas sauté de joie le jour où j'ai reçu par la liste du "Forum citoyen pour la RSE" la pétition pour la réforme du statut des stages . Enfin, on exprimait ce qui m'avait miné le moral lors de mon dernier stage , ce qui continuait de m'écoeurer en tant que militante pour un développement durable!
Le développement durable, c'est à la mode, tout le monde en parle, tout le monde dit s'y intéresser, mais quand il s'agit de réellement prendre des mesures, les seules choses qu'on propose sont des stages, pour des jeunes qui ont choisi dans leurs études de s'intéresser à la protection de l'environnement, à la responsabilité sociale des entreprises, à la gestion raisonnée des ressources.

Soyons clairs: la définition la plus retenue pour le terme Développement Durable (très mauvaise traduction de Sustainable Developement), c'est "répondre aux besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs".

La question des stages, c'est une question de développement  non durable. C'est même l'histoire d'une génération présente qui ne se préoccupe aucunement de laisser la possibilité à une autre génération présente (les 18-30 ans) de répondre à ses propres besoins. Nous avons besoin de boulot? On nous en donne... mais sans le salaire! Nous avons besoin de boulots rémunérés? On nous en donne : mais sans considération pour l'investissement personnel qu'on a mis dans nos études (et là, vive le télémarketing, la restauration rapide, etc.). Nous avons besoin de nous réaliser en faisant des choses qui nous tiennent à coeur? On nous donne toute liberté de le faire : mais en associations et en bénévoles. Nous avons besoin de croire qu'on peut travailler sans perdre son âme et dans le but d'un mieux-être commun? On nous fabrique des formations payantes qui ne débouchent sur aucun emploi. Du genre du mastère spécialisé que j'ai fait! Aucun emploi, mais combien de stages?

Ras le bol de servir de formateur à une génération qui n'a pas tout suivi (en informatique, en législation environnementale, en nouvelles technologies), qui a une maison, une famille, un pouvoir d'achat et dont la seule inquiètude est de savoir combien d'annuités elle aura pour sa retraite, alors qu'à 28 ans je n'en ai aucune, et qu'on m'annonce qu'il m'en faudra sans doute 40....

Mon inquiétude à moi, c'est:
"Quand est-ce que je ferai vraiment partie de la société?"
En y réfléchissant, l'ultime but de réformer le statut des stages, c'est tout simplement de supprimer cette forme de travail scandaleuse, exploitation d'une génération par une autre. Le cadre débordé qui n'arrive pas à faire face à ses obligations (peut-être parce qu'il occupe deux postes en même temps, voire trois? Pour justifier son salaire de cadre?) s'entend dire  "embauche un stagiaire, voire deux!". C'est comme ça qu'on rétablit l'équilibre: 2 ou 3 personnes pour effectuer le travail de 2 ou 3 personnes - tout va bien! Le seul problème c'est que l'une reçoit 35k€ par an (et je suis très optimiste, c'est souvent beaucoup plus, mais pour mon moral je préfère ne même pas savoir combien il gagne....) pendant que l'autre (ou les deux autres) reçoit 300€ par mois (3,6k€ net par an), sans autre indemnité (étudiant= pas de minimum social), sans couverture sociale (ou plutôt il paye sa sécu étudiante), sans être considéré comme apportant de la richesse à l'entreprise, sans cotisation salariale ni patronnale, sans avantages du CE, sans , sans ,sans...  Est-ce que le manque d'expérience justifie vraiment ce rapport de 1 à 10? Est-ce que notre temps vaut vraiment 10 fois moins que celui d'un quadra- ou quinqua-génaire? Sommes-nous les rebuts de la société pour ne pas mériter de participer aux cotisations sociales? Est-ce qu'on ne serait pas condamnés à se faire traiter de "Tanguy" par des parents qui ne comprennent pas qu'avec les études qu'ils nous ont payé on soit toujours à leurs basques?

Mon combat à moi , aujourd'hui, c'est de garder mon statut de RMIste malgré mon stage actuel. Qu'on ne me fasse pas croire qu'avoir des diplomes sur mon CV rend indécent ma demande, qu'on ne me considère pas comme une privilégiée sous prétexte que mes parents ne m'ont pas mis à la rue à 18 ans. Là j'en ai 28, je voudrais avoir mon lieu de vie, un travail stable, je voudrais au moins qu'on daigne m'envoyer trois mots de réponse quand j'envoie une candidature à un poste, qu'on cesse de me dire "bon dieu, mais si on n'est pas plein d'espoir à votre âge, quand le sera-t-on?". Les gens qui me disent ça ne sont pas ceux qui manquent le plus d'espoir malgré leur âge, et en général ils m'accusent de défaitisme quand je signale l'inexistence d'offres d'emploi pour les jeunes diplomés.  Si on ne veut pas de moi comme salariée, si on ne veut pas de moi comme chomeuse parce que soit disant mon stage à temps plein m'empêche de chercher sérieusement du travail, je veux qu'on reconnaisse au moins que je ne suis pas "insérée" malgré mes diplomes.

Je voudrais juste apparaître quelque part...



Et pour vous, comment ça se passe? Avez-vous fait des stages? Est-ce que cette lutte vous paraît juste? Est-ce que vous avez ou avez eu des difficultés à trouver votre premier emploi?
N'hésitez pas à me raconter en commentaire ce que vous pensez de ce mouvement...









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27 octobre 2005 4 27 /10 /octobre /2005 00:00
(Texte rédigé le 27 octobre 2005 pour l'ouverture du blog)
 
Bienvenue sur le blog de l'intello du dessous! Ce site sera ou ne sera pas tenu à jour par une intello de naissance...
Je ne fais pas partie de la France d'en bas, pas non plus de la France d'en haut, ni même des classes moyennes, je suis juste une intello du dessous... De ceux qui veulent pas trop faire part de leurs réflexions pour pas avoir l'air prétentieux mais qui savent pas non plus utiliser leur cerveau à des tâches génératrices de profit; de ceux qui pensent trop, qui pensent pour les autres, à la place des autres, et qui n'osent jamais imposer leurs idées, de ceux qui sont incapables de se résoudre à s'épanouir dans une activité manuelle ou physique, mais qui pourtant sont persuadés que les plus heureux des humains(1) sont ceux qui ne pensent que par le travail de leurs mains. De ceux qui grillent des neurones en pure perte, qui lisent des gigaoctets de livres, de magazines, de pages web, de tracts, de pétitions et n'en ressortent jamais rien. Comme une machine qui consommerait un maximum de pétrole uniquement pour entretenir sa surchauffe, l'intello du dessous consomme un maximum de facultés intellectuelles pour entretenir sa capacité à surmener son cerveau... en pure perte. Des purs produits de la société de surinformation dans laquelle on patauge...

Aujourd'hui j'ai décidé que tout ça allait sortir, et que je ferais connaître à  d'autres cerveaux surmenés et improductifs le chaos de mes pensées. Ca me fend un peu le coeur d'ajouter au flot d'informations inutiles qui circulent sur le net, mais il paraît qu'un être humain doit s'exprimer pour vivre, il paraît qu'il faut partager ses pensées pour qu'elles ne restent pas vaines. Alors bien sûr, cette décision tiendra jusqu'à ce que la somme d'informations que j'ingurgite chaque jour ne submerge la ressource mémoire où est née l'idée de ce blog, mais ne désespérons pas. Peut-être que le Bouddha qui veilla sur mon berceau me donnera la faculté d'entretenir mon jardin...


(1): spéciale dédicace à mline qui m'a reproché le masculin neutre :-P


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27 octobre 2005 4 27 /10 /octobre /2005 00:00

Lettre à la Commission Locale d’Insertion


                   Madame, Monsieur

                Je vous écris suite à votre courrier du ***** m’annonçant qu’il est envisagé de suspendre le versement de mon allocation du RMI, pour le motif que mon statut d’étudiant est incompatible avec le versement du RMI.

               N’étant pas en situation de reprise d’études mais uniquement en stage étudiant, je demande à être entendue par la Commission Locale d’Insertion pour expliquer mon refus de rédiger une lettre dans laquelle je renoncerais à mon allocation du RMI.

                 La première lettre que j’ai reçue me rappelait que « le versement du RMI [était] subordonné à une démarche d’insertion ».  Le stage que j’effectue actuellement EST une démarche d’insertion, et c’est malheureusement la seule activité en rapport avec ma formation que j’aie trouvé. Je travaille à temps complet en entreprise tout en recevant moins que le SMIC pour un travail demandant une qualification que n’ont pas ceux qui m’encadrent ; je trouve anormal qu’on me traite comme si je n’avais fait aucun effort d’insertion en me coupant les minima sociaux. De plus, j’ai joué franc jeu en déclarant dès le début ma situation à mon référent social et en déclarant à la CAF les indemnités perçues pendant ce stage.

                Je n’ai pas de logement propre, étant  logée jusqu’ici par mes parents ; or mon père est muté ce mois. Quand j’ai demandé à mon référent social une aide à la recherche d’un logement, elle m’a répondu « vous savez bien qu’en Ile de France, sans CDI, on ne trouve pas de logement, restez chez vos parents ! ».

            Je suis donc loin d’être insérée définitivement dans la société, et loin aussi d’être une personne qui ne fait aucun effort pour y être insérée ; c’est pourquoi je refuse de renoncer de mon plein gré au RMI. Je ne suis pas la seule diplômée à être dans cette situation de non droit causée par les stages en entreprises ; c’est par solidarité avec tous les autres stagiaires précaires que je souhaite être entendue par la commission locale d’insertion.

                En espérant une suite favorable, je vous prie de recevoir, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées.

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