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Comme une machine qui consommerait un maximum de pétrole uniquement pour entretenir sa surchauffe, l'intello du dessous consomme un maximum de facultés intellectuelles pour entretenir sa capacité à surmener son cerveau... en pure perte. Un pur produit de la société de surinformation dans laquelle on patauge...

Aujourd'hui j'ai décidé que tout ça allait sortir, et que je ferais connaître à  d'autres cerveaux surmenés et improductifs le chaos de mes pensées. Ca me fend un peu le coeur d'ajouter au flot d'informations inutiles qui circulent sur le net, mais il paraît qu'un être humain doit s'exprimer pour vivre, il paraît qu'il faut partager ses pensées pour qu'elles ne restent pas vaines. Alors bien sûr, cette décision tiendra jusqu'à ce que la somme d'informations que j'ingurgite chaque jour ne submerge la ressource mémoire où est née l'idée de ce blog, mais ne désespérons pas. Peut-être que le Bouddha qui veilla sur mon berceau me donnera la faculté d'entretenir mon jardin...

 

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4 décembre 2006 1 04 /12 /décembre /2006 12:20
Ah ben tiens, en parlant des plafonds de verre que les femmes s'imposent d'elles-mêmes....


http://www.liberation.fr/rebonds/219492.FR.php
Par Esther DUFLO
QUOTIDIEN : lundi 27 novembre 2006
Esther Duflo est économiste, professeure au Massachusetts Institute of Technology (MIT).




Une expérience plutôt intéressante...


Est-ce les femmes elles-mêmes (en dehors de quelques exceptions importantes) qui, plus que les hommes, préfèrent éviter les situations où elles se trouveraient en compétition ? Une expérience réalisée auprès d'étudiants de l'université de Pittsburgh le suggère : les participants sont payés pour résoudre des additions (ils doivent additionner cinq nombres de deux chiffres). Au premier tour, ils sont payés 50 cents par addition juste. Le deuxième tour est un tournoi avec un autre étudiant : l'étudiant qui résout le plus d'additions est payé 2 dollars par addition juste, tandis que celui qui en résout moins n'est pas payé. Enfin, au troisième tour, ils peuvent choisir leur mode de rémunération (à la pièce, comme au premier tour, ou tournoi, comme au deuxième tour), sans savoir à l'avance qui sera leur adversaire. Filles et garçons sont également doués pour résoudre les additions. Aussi bien les filles que les garçons sont motivés par le tournoi et résolvent nettement plus d'additions au deuxième tour. Mais, au troisième tour, 73 % des garçons choisissent le tournoi, contre seulement 35 % des filles. Les garçons ont tendance à choisir le tournoi trop souvent : un certain nombre des plus faibles, qui gagneraient plus à la pièce, choisissent néanmoins le tournoi. Les filles ne le choisissent pas assez souvent : deux tiers des filles les plus fortes, qui gagneraient plus en tournoi, choisissent le paiement à la pièce, et se mettent donc délibérément hors jeu. Les auteurs de l'étude attribuent cette différence en grande partie au fait que les garçons ont davantage confiance en eux que les filles, et ont même tendance à surestimer leurs capacités. La modestie des filles leur coûte cher : au final, les filles gagnent nettement moins que les garçons dans un jeu pour lequel elles sont tout aussi compétentes.


et des rôles sociaux qui pèsent plus lourds qu'on ne pense:

 
Si les femmes sont implicitement associées à la sphère privée et à la position dominée, les femmes dirigeantes font face à un double handicap : soit elles se conforment à l'idéal traditionnel féminin, auquel cas elles ne peuvent pas être perçues comme des leaders compétents ; soit elles se conforment à l'idéal du leader, auquel cas elles sont pénalisées pour ne pas correspondre à l'idéal traditionnel de la femme («Qui va garder les enfants ?»). C'est la théorie du backlash (choc en retour), dont de nombreuses expériences ont montré la pertinence : ainsi, quand les sujets doivent choisir un leader parmi différents caractères (hommes et femmes ambitieux ou effacés), les personnages féminins «ambitieux» sont-ils rejetés par la plupart des sujets, alors que les hommes ambitieux, eux, sont plébiscités.

Cette «cage de verre» est une construction subtile, faite de préjugés et renforcée par les défenses que les femmes elles-mêmes adoptent pour s'en protéger.

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D'ailleurs, maintenant que j'y pense, je n'ai pas besoin de chercher très loin un exemple de conditionnement à la non-compétition pour les femmes. Sur les murs de ma chambre de gamine et d'adolescente, il y avait un de ces petits cadres tous mignons sur lesquels on décrit les traits de caractères soi-disant propres à un prénom.  Sur le mien on pouvait lire ceci:

Les Séverine sont charmantes et jolies. Leurs capacités intellectuelles les placent en concurrence avec les hommes. Elles s'effacent alors, car elles sont très féminines.

Je ne sais pas combien de fois j'ai pu lire ce texte, mais suffisamment pour que ça me rentre dans le crâne et me fasse comprendre que mes principales qualités étaient d'être charmante et jolie, et que malgré ces satanées facultés intellectuelles, je saurais rester féminine, c'est à dire m'effacer.

Je fais ça très bien, m'effacer. J'ai même été jusqu'à ne pas réussir à postuler en tant qu'ingénieur parce qu'il y avait sûrement des gens (dans ma tête; des garçons) bien plus qualifiés que moi qui seraient pris à ma place et que ce n'était pas la peine.

Il faut dire qu'un peu plus tôt, à un moment où je prenais plus confiance en moi, je me suis vue rétorquer sur une vague phrase du genre "plus tard, mes enfants..." ; "-plus tard t'auras pas d'enfants, t'es une arriviste". Ouuuaaaiiis, bien sûr, sur le ton de la plaisanterie , mais je vous jure que j'avais rien fait pour avoir l'air d'une arriviste. En tout cas, ça refroidit un peu les ambitions. Et je passe les multiples interrogations sur "les femmes qui font carrière font-elles peur aux hommes?" (dans les mags féminins) "Femmes en entreprise: comment concilier vie professionnelle et vie personnelle?" Autant de questions qui sous-entendent rien qu'en les posant que non c'est pas gagné pour une femme qui réussit d'avoir un mec ou de fonder une famille. En gros, une espèce d'invitation subliminale à choisir entre la carrière et la féminité.

On dirait bien que ça m'a tellement gonflée que pour l'instant  j'ai choisi ni l'un ni l'autre...


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J'avais pourtant  fait l'effort de ne pas aller dans le sens du vent en faisant une école d'ingénieurs, mais c'est tellement difficile de se projeter dans un milieu si majoritairement masculin que j'ai pas réussi à transformer l'essai... J'ai trouvé quelques chiffres intéressants sur les différences d'orientation en cours de scolarité pour les garçons et les filles:

http://media.education.gouv.fr/file/82/6/1826.pdf

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L'intello du dessous - dans Féminisme
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commentaires

miekellee 27/02/2007 12:20

Bonjour, bienvenue au club sous le plafond de verre! Ce qui arrive, c'est une prise de conscience collective. Et une masse critique de femmes de talent qui ont manqué quelques opportunités pour finir avec la même retraite que les hommes et la même image sociale valorisante. l'ont-elle toujours vouluu? Ont-elles eu autre chose ? Faut-il faire les mêmes erreurs ou inventer une autre vie PRO+PERSO?
Moi qui suis ingénieure dans le nucléaire, je sais que la masse critique amène la réaction en chaine... avant l'explosion de criticité.
Nous allons aider nos filles à traverser le plafond de verre par la solidarité féminine. Et nous allons inlassablement leur répéter qu'elles sont capables des plus grandes choses.
Qu'elles restent femmes cependant. C'est un trésor à préserver!
M LE PELLEC
http://www.coachs.fr

totoododo 13/01/2007 09:07

Sur ce texte j'avais pondu (pas pincetté du tout) :Bon, donc en fait les garçons choisissent le tournoi trop souvent, et les femmes pas assez. citation : Les filles ne le choisissent pas assez souvent : deux tiers des filles les plus fortes, qui gagneraient plus en tournoi, choisissent le paiement à la pièce, et se mettent donc délibérément hors jeu. Déliberement hors jeux. you loose, ce ne peux pas etre un choix beaucoup plus respectueux beaucoup plus valable. non, tu loose c'est tout si tu ne va pas affronter un adversaire. Et puis c'est le jeu merde, t'es hors jeu. Le jeu c'était de gagner le plus d'argent possible c'est ca? independament de tout le reste, quoi, c'est tout ce qui compte? Oui, peut etre, non, en fait le but c'est de prouver que les femmes elles sont plus inaptes que les autres un peu et qu'elles ont pas les couilles pour le face to face? Je ne sais pas et je m'en fous.
Les auteurs de l'étude attribuent cette différence en grande partie au fait que les garçons ont davantage confiance en eux que les filles, et ont même tendance à surestimer leurs capacités. OU alors, on aurait pu dire : les auteurs de l'etude attribuent cette différence a l'arrogance crasse dont sont imprégnés les garçons et leur absence de conscience, ainsi que par tout un système qui les poussent a ne savoir être qu'en dominant, ce que font moins souvent les filles.
La modestie des filles leur coûte cher : au final, les filles gagnent nettement moins que les garçons dans un jeu pour lequel elles sont tout aussi compétentes. l'argent brave gens l'argent, c'est tout. Faut pas vous emmerdez a essayer de voir autre chose dans la vie. Vous etes trop conne gonzesses, et le profit bordel??!!Pourtant,elles sont tout aussi compétentes, elles sont pas complètement demeurées, elles savent faire des additions elles aussi...
Mais pourquoi les garçons ont-ils plus confiance en eux ? Une explication possible est que les filles ne sont pas encouragées à se montrer compétitives. Ou alors, on aurait pu dire : Mais pourquoi les garçons sont ils si arrogants et n'ont pas d'états d'ames qui les inciterais éventuellement a preferer ne pas nuire aux autres Oui pourquoi? Une explication possible est que les filles n'aiment pas particulierement faire des choses qui nuisent aux autres.
a ben oui, ca a plus la même gueule. La mienne est certes orientée, mais pas plus que la leur, voir carrement moins, parce que moi, c'est pas un discours ambiant dont ont est complètement imprégné et dont on ne se rends même plus compte...
Dans de nombreuses circonstances, une femme ambitieuse ou compétitive est considérée comme «non féminine», en rupture avec son rôle traditionnel. Ou bien : les machos considerent que les femmes doivent fermer leurs gueules et faire la popote, que les choses serieuses c'est pas pour elles, alors faut pas nous piquer nos places, c'est notre monde d'homme, va jouer ailleurs.

Lorycalque 17/12/2006 00:08

Difficultés, discriminations et handicaps
La maternité reste un handicap majeur dans la vie professionnelle féminine. La maternité est en effet perçue par nombre d'employeurs comme une cause supplémentaire d'absence qui, pour un poste donné, leur fait préférer un homme. Cependant, d'autres obstacles de nature plus opaque contribuent à ces difficultés. Dans de nombreux cas, ce n'est pas tant la discrimination volontaire de la part de leurs collègues ou supérieurs masculins qui rentre en jeu aujourd'hui. D'une part, le monde du travail est structuré de façon trop rigide en dépit de quelques lois permettant certains aménagements horaires ; vu les travaux domestiques qui leur incombent et les enfants à charge, il est difficile pour les femmes de s'y adapter. D'autre part, il semble que les femmes ne disposent pas de certaines ressources sociales nécessaires dans une stratégie de projet et de carrière qui sont toutes basées sur des mécanismes de cooptation de la part du groupe dominant masculin, souvent réticents à accepter leurs collègues féminines, ou tout simplement parce qu'ils s'attendent à ce que celles-ci réagissent comme eux. Deux de ces mécanismes basiques ont été analysés par les sociologues :

L'effet « Token » :

Celui-ci analyse les règles générales de la stratification du pouvoir, selon les trames Token Ring parcourant l'anneau dans un sens qui est toujours le même. Il semble que les femmes tendent à assumer des comportements qui ne leur sont pas naturels, et qui à la longue jouent en leur défaveur, lorsqu'elles entrent en contact avec un milieu essentiellement masculin. Ne se sentant pas vraiment acceptées mais confrontées aux pressions du groupe masculin dominant attendant d'elles qu'elles changent leur manière d'être, un grand nombre de femmes réagissent par deux types de réactions défensives qui jouent contre elles : d'une part l'hyperconformisme et tout le zèle du néophyte qui leur en fait faire de trop de sorte qu'elles se vassalisent rapidement, ou la fugue dans l' « invisibilité », cherchant à être le plus « neutre » possible de façon à ce que l'on s'aperçoive le moins possible de leur présence ; passant inaperçues il ne leur sera guère proposé un travail plus intéressant, même si elles ont toutes les capacités pour le faire.

L'effet « Matthieu » :

Il tire son nom de l'évangéliste qui rapporte les paroles [2] de Jésus Christ selon lesquelles ceux qui ont la foi augmenteront leur grâce et ceux qui ne l'ont pas seront précipitées dans l'éternelle damnation. En l'occurrence, ceux qui « ont » (le pouvoir) sont les hommes et celles qui « n'ont pas » sont les femmes. D'après les recherches de la sociologue Judith Lorber à ce sujet, il semble bien que, quand les femmes perdent le fil conducteur de l'évolution de carrière (souvent à cause d'une maternité), elles accumulent les désavantages et ne se sortent que très difficilement de ce cercle vicieux. Exclues du cercle vertueux du prestige et du pouvoir, elles se retrouvent souvent pour le restant de leur vie condamnées aux emplois subalternes peu gratifiants et peu rémunérés.
(De "condition féminine"/wikipedia)
(J'avais rédigé une bonne partie de cet article et m'étais inspirée d'un livre de la journaliste italienne Chiara Valentini, "Le donne fanno paura", publié en 1997)

Kurpitsa 13/12/2006 04:58

Ô comme je me reconnais dans ce portrait... et pourtant, ma mère, dans l'espoir que je devienne encore plus indépendante qu'elle, m'a toujours expliqué depuis ma plus tendre enfance que les femmes sont intellectuellement supérieures aux hommes ! Il faut croire que le conditionnement social et l'inconscient collectif sont nettement plus puissants que l'éducation. Je hais la compétition, et donc j'ai une attitude évitante ou un comportement d'échec dans chaque situation qui y ressemble de près ou de loin. Bien entendu, je n'ai pas échappé (contrairement à toi) au clivage maths-sciences vs lettres-langues, et j'ai, à l'heure d'orienter mes études supérieures, toujours opéré des choix judicieux me permettant d'éviter les situations de compétition trop manifeste. Cela ne m'a surtout pas préparée à affronter les luttes permanentes du marché du travail, qu'il s'agisse de recrutements, avec l'incontournable et insupportable question pour savoir si je n'envisagerais pas une maternité prochaine (même le fait de répondre que non ne rassure pas le recruteur qui voit alors en face de lui une sorte de monstre), question qu'on ne pose bizarrement jamais aux hommes, ou qu'il s'agisse de postes dans des conditions très hostiles où le harcèlement n'est jamais loin pour les personnes que tant de conscience professionnelle rend souvent un peu trop vulnérable (alors que les bluffeurs, craignant d'être un jour démasqués, sont toujours prêts à se défendre). J'ai un point de comparaison avec mon frère qui, bien qu'ayant un background scolaire et universitaire beaucoup plus chaotique que le mien, continue à "oser", même lorsqu'il se trouve à la frontière de l'imposture ou lorsqu'il a presque atteint son seuil de Peters. Je m'en sens pour ma part incapable.

anonymous le chomeur masque 11/12/2006 18:56

Pq ne cherches tu pas à quitter cet endroit pourri qui barre l'entrée aux JD +/- jeunes?
Pour réussir en France il faut:  du travail ( un peu qd meme , d'ailleurs ca ne fait pas de mal), de la chance et une aide exogene ( piston,.....): si un des 3 elements fait defaut et qu'aucun autre element n'arrive à prendre le relais alors on est foutu .
Quoiqu'on en dise la France est malade. Elle est tout d'abord malade de ses préjugés: exemple: les universitaires: tous des feignanasses qui ne st là que par défaut et destinés à être profs. Les grandes écoles y a que ca de vrai!!! Ce prejugé reste ancré ds les esprits! Mais desormais faire une Grande Ecole ne protege plus du chomage, du rmi, des emplois precaires (pour etre poli): je connais des HEC au RMI ou font un emploi d'attente ( spé marketing qui bosse en prefecture- merci maman [ cf à l'equation d'en haut avec les elements ]) .
Et en plus les Rh ns donnent des leçons de moral " pas assez professionels, trop demandeurs, trop ceci trop celà", on a oublié de preciser que ces rh st trop cons.
Petite devinette:
Mon 1er est trop exigeant, mon 2eme n'est pas reconnaissant, mon 3eme est ""moralisateur"" mon 4eme est content de lui mon 5eme n'est pas egalitaire et mon tout in fine l'aura dans le C-L. Qui suis je?
 
 
 
 

L'intello du dessous 14/12/2006 20:01

Pourquoi je ne le quitte pas, cet endroit pourri? Ben sans doute parce que c'est le mien, de pays, et qu'il n'y a pas que des choses que je déteste. Même si les a priori dont tu parles me hérissent le poil aussi...

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