Juste un mot pour relayer cette campagne du Réseau Solidarités que je trouve extrêmement importante (malheureusement, ce n'est pas la seule)
http://www.peuples-solidaires.org/article754.html
Dole c’est la « success story » d’une entreprise fondée au milieu du XIXe siècle pour la production d’ananas, devenue aujourd’hui une multinationale agroalimentaire qui vend plus de 200 variétés de fruits, légumes et fleurs à travers le monde et qui emploie 36 000 travailleurs permanents et 23 000 saisonniers. Cette multinationale est le leader mondial et le numéro trois en Europe pour la production et la commercialisation de bananes. Un marché qui lui rapporte plus d’un milliard d’euros par an.
« Dole verse des salaires [...] qui permettent aux travailleurs et leurs familles d’avoir un bon niveau de vie proportionnellement aux sociétés dans lesquelles ils vivent et travaillent [...] Dole respecte la liberté individuelle de chaque travailleur de rejoindre le syndicat de son choix ou de s’abstenir de toute affiliation. »
Extrait de la partie « Politique salariale » de l’engagement de Dole en matière de RSE (Responsabilité Sociale de l’Entreprise).
Dans la réalité, Dole pratique et soutient une politique antisyndicale dans les plantations de banane et les droits d’organisation et de négociation collective ne sont pas mentionnés dans son Code de conduite. En parallèle, la multinationale continue de faire baisser les coûts de production ce qui signifie salaires bas et conditions de travail difficiles. Des trois multinationales bananières, Dole est celle qui compte le moins de syndicats en Amérique Latine.
On tombe pile dans le travers qui m'est resté en travers (justement) à la RATP. Dans le cas de la RATP, je me trouvais à devoir mettre en place une certification ISO 14001 (pendant que la RATP communiquait haut et fort sur son engagement environnemental) alors que je rencontrais sur le terrain des non conformités à la loi elle-même. Ici, c'est une entreprise certifiée SA8000 (certification de la politique sociale d'une entreprise) et pour laquelle, cependant, des associations sur le terrain dénoncent l'absence de liberté syndicale.
Pour ceux qui ne connaissent pas , les certifications sont des labels délivrés par des entreprises de certification (telles que l'AFAQ ou l'AFNOR en France) et qui attestent que l'entreprise a une démarche d'amélioration continue dans un domaine ; la qualité pour l'ISO9001, l'environnement pour l'ISO 14001, et le social pour la SA8000, beaucoup plus récente.
Les entreprises qui adhèrent à la SA 8000 s'engagent :
a) à se conformer à la législation nationale et à leurs obligations contractuelles.
b) à respecter les principes des instruments internationaux suivants :
- Conv. Internationale du Travail n° 29 et 105 (Travail forcé)
- " " " n° 87 (Liberté Syndicale)
- " " " n° 100 et 111 (Egalité des rémunérations entre hommes et femmes) et non discrimination en matière d'emplois et de professions).
- " " " n° 135 (Représentation des travailleurs)
- " " " n° 138 (Age minimum au travail)
- " " " n° 155 (Santé et Sécurité au Travail)
- " " " n° 159 (Réhabilitation professionnelle et emploi des personnes handicapées).
- " " " n° 177 (Travail à domicile).
- Déclaration Universelle des droits de l'homme
- Convention Internationale relative aux droits de l'enfant.
c) A se conformer aux exigences spécifiques de la norme qui sont détaillés dans 9 critères : main d'oeuvre infantile, main d'oeuvre forcée, Santé et Sécurité, Liberté syndicale et négociations collectives, Discrimination, Pratiques disciplinaires, heures de Travail, Rémunération et système de management.
source: intervention de Mohamed ENNACEUR, Ancien Ministre et Président de SOCIAL CONSULT - TUNISIE, lors de l'Université d'été de l'IAS à Toulouse (29-30 août 2001)
Comment ne pas se poser des questions sur l'écart entre l'effet d'image (on se dit qu'une entreprise certifiée est irréprochable dans le domaine où elle est certifiée) et l'engagement réellement pris? Il ne faut pas oublier que les entreprises de certification sont privées et donc soumises à la concurrence et aux chantages du type "si vous me retirez la certification, je vais me faire certifier par votre concurrent" ...
La réponse immédiatement apportée par les professionnels est "de toute façon, l'Etat n'a pas les moyens de vérifier la conduite des entreprises et il n'y a pas d'instance capable de le faire pour des multinationales.
Donc on se contente de ce qu'on a... Et heureusement que les associations à portée internationales sont là pour dissiper l'écran de fumée de temps en temps.
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