Comme une machine qui consommerait un maximum de pétrole uniquement pour entretenir sa surchauffe, l'intello du dessous consomme un maximum de facultés intellectuelles pour entretenir sa capacité à surmener son cerveau... en pure perte. Un pur produit de la société de surinformation dans laquelle on patauge...

Aujourd'hui j'ai décidé que tout ça allait sortir, et que je ferais connaître à  d'autres cerveaux surmenés et improductifs le chaos de mes pensées. Ca me fend un peu le coeur d'ajouter au flot d'informations inutiles qui circulent sur le net, mais il paraît qu'un être humain doit s'exprimer pour vivre, il paraît qu'il faut partager ses pensées pour qu'elles ne restent pas vaines. Alors bien sûr, cette décision tiendra jusqu'à ce que la somme d'informations que j'ingurgite chaque jour ne submerge la ressource mémoire où est née l'idée de ce blog, mais ne désespérons pas. Peut-être que le Bouddha qui veilla sur mon berceau me donnera la faculté d'entretenir mon jardin...

 
Lundi 9 octobre 2006
C'est drôle comme beaucoup ont pris l'article précédent au pied de la lettre.

C'est bien le problème. Entre quelqu'un de tout aussi approximatif que moi mais incapable de l'avouer et moi, on préfèrera embaucher celui qui ne se l'avoue pas.
Dans mon cas, pour répondre à fake, ce n'est pas "Génération approximative", mais "Génération qui s'auto-flagelle".
Et là où Eric voit des profs trop coulants, il y avait en fait des profs hyper exigeants (en première et terminale, j'ai été dans une classe dont les élèves avaient été sélectionnés pour tous aller en prépa, 14 de moyenne en maths exigé en seconde, présentation au concours général etc...) J'ai commencé à être complètement approximative le jour où je me suis retrouvée en école d'ingénieurs, entourée de gens chez qui ça faisait cool d'être bon sans en ficher une. Sauf que ça revient à dire que ceux qui bossent sont des imbéciles qui rament pour arriver au niveau des cadors. Je pouvais m'en sortir sans trop en faire comme tout le monde, et d'ailleurs c'était obligatoire de ne surtout pas approfondir les sujets, vu que le surmenage et le zapping entre des dizaines de matières était de mise. Vouloir ne pas être approximatif, c'était couler à coup sûr.
Un grand exemple d'approximation que j'ai trouvé, ça n'était pas chez quelqu'un de ma génération, mais chez M.Strauss Kahn, dont les conseillers avaient bombardé de coups de fil les gens de Génération Précaire (dont moi); il fallait absolument qu'il nous rencontre. Au final, ceux qui l'ont rencontrés se sont retrouvés face à quelqu'un qui n'avait absolument pas creusé le sujet, je dirais même qui n'avait même pas lu nos communiqués de presse. Idem pour de Villepin, qui a fait passer un minsucule bout de loi et croyait avoir résolu le problème.
De notre côté , il y avait eu toute une réflexion sur les moyens de verrouiller les stages pour qu'ils ne puissent pas être utilisés en substitution à des emplois , et en face, des gens qui ne voient qu'une face du problème et pensent que prendre un seul aspect en compte suffira. A moins que ce soit une réelle volonté de ne pas résoudre le problème, on ne peut que se dire qu'on a affaire à des gens très approximatifs qui ne voient pas l'ensemble d'un problème et se contentent de capter des bribes (tous n'ont retenu que le problème de rémunération, quand nous expliquions que le nombre de stagiaires par entreprise devait obligatoirement être limité, et que la limitation de la durée du stage devait s'accompagner d'un délai de carence pour qu'un enchaînement de stages ne remplacent pas un poste sur la durée... ). Tous se contentent de dire qu'il n'y a aucun problème tant qu'un stage est bien inscrit dans un parcours pédagogique, alors que la plupart du temps c'est le stage qui fait la valeur du diplome, non parce qu'il aura permis un apprentissage pratique en rapport avec l'apprentissage théorique de la formation mais seulement parce qu'il sera vu comme une véritable "expérience en entreprise", c'est à dire une mise en situation à des vrais postes. Et qui dit vrai poste dit travail non payé à sa juste valeur.

M. de Villepin ou M.Strauss Kahn n'avoueront pas être approximatifs , et pourtant ils l'ont été tous les deux dans leurs relations avec Génération Précaire. Et ce ne sont que des exemples.
Pendant mon stage, j'ai mis à jour des comportements plus qu'approximatifs (déchets appartenant à l'entreprise pris en charge par les sous traitants, même pas par volonté de se débarasser de la responsabilité des déchets, mais simplement par ignorance des lois en vigueur ou flemme d'appliquer les procédures légales).  Alors, même si je comprends que mon texte amène à dire  "comment voulez vous avoir envie d'embaucher des gens comme ça?"  je sais grâce à mon expérience de stagiaire que je suis juste un peu plus lucide sur mes manquements.
par L'intello du dessous publié dans : Moi et ma petite vie...
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