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Comme une machine qui consommerait un maximum de pétrole uniquement pour entretenir sa surchauffe, l'intello du dessous consomme un maximum de facultés intellectuelles pour entretenir sa capacité à surmener son cerveau... en pure perte. Un pur produit de la société de surinformation dans laquelle on patauge...

Aujourd'hui j'ai décidé que tout ça allait sortir, et que je ferais connaître à  d'autres cerveaux surmenés et improductifs le chaos de mes pensées. Ca me fend un peu le coeur d'ajouter au flot d'informations inutiles qui circulent sur le net, mais il paraît qu'un être humain doit s'exprimer pour vivre, il paraît qu'il faut partager ses pensées pour qu'elles ne restent pas vaines. Alors bien sûr, cette décision tiendra jusqu'à ce que la somme d'informations que j'ingurgite chaque jour ne submerge la ressource mémoire où est née l'idée de ce blog, mais ne désespérons pas. Peut-être que le Bouddha qui veilla sur mon berceau me donnera la faculté d'entretenir mon jardin...

 

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12 juillet 2006 3 12 /07 /juillet /2006 18:03
On nous a beaucoup demandé, à Génération Précaire, si nous nous étions appelés "Génération" en opposition avec la génération d'avant (sous entendu celle qui a entre 50 et 60 ans aujourd'hui, voire un peu plus, et qui semble impossible à déloger des postes de pouvoir aujourd'hui). Je ne peux pas répondre personnellement, n'ayant pas été à l'origine du nom du collectif, mais je sais que très souvent on n'osait pas la confrontation frontale, non notre combat ne visait pas à attaquer la génération de nos parents, puisqu'ils étaient eux-mêmes victimes indirectement du problème des stages... forcés de continuer à entretenir des "plus si jeunes" à qui ils avaient déjà payé de longues études en comparaison avec ce que leurs parents avaient fait pour eux. Nous avions même des mails de cinquantenaires confrontés à des propositions de stages de réinsertion, alors qu'ils avaient les compétences et l'expérience, ou simplement confrontés à la concurrence de jeunes stagiaires forcément ultra compétitifs en comparaison avec un salarié (une simple question de coût salarial, rien de plus).
Quand un stagiaire est pris en remplacement lors d'un congé maternité (ce qui est illégal mais arrive quand même) , c'est un interimaire qui loupe un poste. Quand des stagiaires abattent le travail de standardiste-secrétaire-assistant-documentaliste , c'est autant de secrétaires, standardistes, assistants qu'on ne pense même  pas à embaucher.
Nos revendications s'arrêtaient là, il n'était pas question de se mettre en guerre contre la génération précédente.
De toute façon, ç'aurait été suicidaire, c'est soit elle qui nous embauche, soit elle qui décide de la politique du pays (merci les députés considérés comme des bambins à 45 ans) , soit elle qui nous subventionne quand on peine à s'insérer (merci papa maman, tonton tata etcetera).

Moi, je voudrais quand même dire merci aux soixante-huitards qui nous ont mis dans la tête des belles idées. Les belles idées ça remplit pas l'estomac mais ça coûte pas cher. Ils ont eu la chance de pouvoir vivre avec des belles idées et de continuer à les dire même sans les appliquer. Ils ont eu la chance de pouvoir traiter de bourgeois des gens à peine plus riches qu'eux et nous inculquer le mépris de l'argent, parce qu'ils avaient la possibilité d'avoir en même temps l'argent et les belles idées.
Alors je les remercie parce que le RMI existe encore,qu'il peut être bien utile et qu'il donne une belle image de solidarité (même si on ne vit pas super bien avec le RMI, on est bien d'accord, c'est quand même une façon de ne pas laisser les gens complètement dans la mouise) , je remercie mes parents de continuer à me soutenir malgré mon incapacité chronique à rentrer dans ce putain de monde du travail, je les remercie d'être fiers de voir qu'on se bouge pour réveiller nos politiques....

Et pour ceux qui verraient de l'ironie dans mes propos, je m'en excuse... (ou pas)

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Aujourd'hui j'ai vu ça sur le forum de Génération Précaire, ça m'a fait un bien fou (là l'ironie est bien  là ):

"Tu te crois au pays des bisounours ou quoi toi ? tu crois peut être qu’il y a des démocraties participatives dans le monde ? Mais tu revasses ou quoi le pouvoir appartient à 2% de privilégiés les autres ont la parole mais personne ne les écoute. T’es pas contente et bah descends dans la rue pète 4 bijouteries et mets le feu à 20 bagnoles là on t’écoutera car tu AGIRAS.Arrete d’accuser les autres et ne t’en prends qu’à toi chacun a ce qu’il mérite. 25 ans et déja frustrée ca promet, putain mais bats toi ca sert à rien de blablater sur le net."
(je précise que ça ne m'était pas destiné, mais ça aurait pu :) )

Voilà l'idéologie pour les prochaines années, préparez vous, ça va pas être la fête...

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commentaires

Eric 14/07/2006 22:21

"Moi, je voudrais quand même dire merci aux soixante-huitards qui nous ont mis dans la tête des belles idées. Les belles idées ça remplit pas l'estomac mais ça coûte pas cher. Ils ont eu la chance de pouvoir vivre avec des belles idées et de continuer à les dire même sans les appliquer. Ils ont eu la chance de pouvoir traiter de bourgeois des gens à peine plus riches qu'eux et nous inculquer le mépris de l'argent, parce qu'ils avaient la possibilité d'avoir en même temps l'argent et les belles idées. "
Pas d'accord. Les belles idées qui mènent dans le mur, ça coûte cher, contrairement à ce que vous dites!
Avoir de "belles idées", si ça conduit à nier la réalité, ça s'appelle le bovarisme. Vous savez comment elle a fini, Emma?
Quand à la fin de la citation, si elle n'est pas ironique, c'est que je ne sais plus ce qu'est l'ironie.
Mais, globalement d'accord avec vous: les 68tards ne sont pas nos ennemis.
L'ennemi, je dirais, c'est ce que vous appelez les "belles idées" et que j'appellerais plutôt les "idées fausses". (Enfin c'est ainsi que j'interprète votre expression "les belles idées" _ et, je le reconnais, j'exagère un peu.)
Et si je dois conclure, je dirais qu'au contraire, Mai 68 est une époque qui a cruellement manqué d'idées (sinon, comment expliquer, par exemple, que certains aient prêté attention aux fariboles de Mao?). C'était surtout l'époque de la découverte de l'individualisme et pas des idées. On se révoltait contre la morale (la famille, la société), on voulait s'épanouir personnellement. Pas beaucoup d'idées là dedans...
Mais, je l'avoue, Mai 68 ne m'a jamais transcendé (je suis né en 71): Mai 68 ça a toujours été synonyme pour moi de profs baba cools laxistes et souvent peu compétents... et autres joyeusetés...

L'intello du dessous 19/07/2006 13:09

Moi, quand je parle des belles idées des 68ards, c'est plutôt au "Peace and Love" que je pense, aux manifestations contre la guerre du Vietnam, etc... Je pense aux journalistes qui s'émancipent de l'information officielle... Je pense à l'émergence de l'engagement politique chez les jeunes, aux débats, au féminisme aussi. Enfin, je crois que chacun a sa mythologie sur 68, aussi fausse dans un sens que dans l'autre. En tous cas, en te lisant , Eric, j'ai l'impression que tu es pas mal dans la "tyrannie de la réalité", en imaginant d'emblée que je parle d'idées fausses... :) je te conseille vraiment ce livre, au passage (Mona Chollet, of course). Y a un passage très intéressant sur Emma Bovary justement...

Patrick Bellerose 14/07/2006 17:39

Salut, je suis un journaliste québécois et je prépare un article sur la précarité de l'emploi chez les jeunes en France. Pourriez-vous me contacter, j'aurais besoin de quelques contacts, ou p-ê d'une entrevue avec vous.Merci à l'avance,Patrick Bellerosemagazine Jobboom

wrath666 13/07/2006 12:20

Le mieux serait de refuser entièrement les stages (plutôt que d'accuser telle ou telle génération "coupable"). Voir ce post à ce sujet:
http://20six.fr/wrath666/art/1280919/Stages_et_milieu_de_l_edition
 

L'intello du dessous 13/07/2006 19:19

Il ne s'agit pas d'accuser une génération, mais depuis les années 70 il est de bon ton de faire des emplois aux rabais pour les jeunes (les stages en font partie). C'est ce qui a créé la mentalité selon laquelle un jeune est considéré par essence comme inégal à un travailleur "normal".
Je souris un peu à la lecture de ton commentaire, car c'est également mon avis. Mais si à Science Po on a le loisir de refuser les stages, ce nest le cas ni en IUT, ni en BTS, ni en école de commerce, ni en école d'ingénieur, ni en master à  la fac. Les stages obligatoires pour valider les études sont de plus en plus nombreux, et pour beaucoup refuser les stages reviendrait à refuser de faire telles ou telles études.
Il y a un an, il était impensable de demander la fin des stages, mais j'ai écrit dès le départ sur ce blog ce que j'en pensais.... Et il faut savoir qu'en même temps qu'on crée la charte des stages et qu'on réglemente un peu l'indemnisation, Larcher prévoit une multiplication du nombre de stages. Encore une fois, ce sont les jeunes qui ne sont pas capables d'entrer directement dans une entreprise. Alors qu'on sait pertinemment que c'est le marché de l'emploi qui n'a pas les capacités d'absorber les jeunes qui arrivent.
Bref, un peu désolée si tu as seulement retenu que j'accusais une génération.
http://intellodudessous.over-blog.com/categorie-296947.html

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