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Soutien

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Comme une machine qui consommerait un maximum de pétrole uniquement pour entretenir sa surchauffe, l'intello du dessous consomme un maximum de facultés intellectuelles pour entretenir sa capacité à surmener son cerveau... en pure perte. Un pur produit de la société de surinformation dans laquelle on patauge...

Aujourd'hui j'ai décidé que tout ça allait sortir, et que je ferais connaître à  d'autres cerveaux surmenés et improductifs le chaos de mes pensées. Ca me fend un peu le coeur d'ajouter au flot d'informations inutiles qui circulent sur le net, mais il paraît qu'un être humain doit s'exprimer pour vivre, il paraît qu'il faut partager ses pensées pour qu'elles ne restent pas vaines. Alors bien sûr, cette décision tiendra jusqu'à ce que la somme d'informations que j'ingurgite chaque jour ne submerge la ressource mémoire où est née l'idée de ce blog, mais ne désespérons pas. Peut-être que le Bouddha qui veilla sur mon berceau me donnera la faculté d'entretenir mon jardin...

 

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6 avril 2006 4 06 /04 /avril /2006 17:03
J'ai eu hier mon exemplaire du livre que nous avons écrit collectivement , à l'aide de tous les témoignages reçus sur le site de Génération Précaire, et sur notre adresse mail. Ca s'appelle "Sois stage et tais-toi".
Je le connaissais, j'y avais participé, je l'avais relu, petits bouts par petits bouts, mais là je dois quand même reconnaître que ce bouquin est terrifiant.
J'ai commencé à le relire d'une traite mais je craque avant la fin.
Arrivée au témoignage du "petit génie de la finance" qui décide d'arrêter une fois pour toutes les stages, je craque, j'éclate en sanglots...
"Moi, j'ai arrêté cette folie qui va mal finir...[...]C'est une décision difficile à prendre, après tous les sacrifices que mes proches et moi-même avions faits. Alors, comme j'ai 26 ans, je me suis inscrit au RMI. J'ai eu honte. Quand je regarde les clochards dans la rue, je m'imagine comme eux dans quelques années. J'ai honte vis à vis de mes parents qui ont fait tant de sacrifices pour me payer mes études. J'ai honte vis-à-vis de ma famille. Tout le monde me voyait comme un petit génie de la finance, qui réussissait formidablement bien dans ses études. J'ai honte vis-à-vis de mes amis qui ont fait moins d'études que moi et qui bossent, qui s'installent en couple, ont des projets de voyages... Je n'ose plus les voir".
Je suis comme lui, j'ai honte. Tout en sachant que ni lui ni moi n'avons raison de nous sentir honteux, la honte est là.
Et pourtant, "je suis loin d'avoir passé ma jeunesse à glander", je devrais pas avoir à rougir...


-  Sortie : 13 avril 2006
-  Edition : La Découverte
-  Collection : Cahiers Libres
-  228 pages, 12€
-  Contact presse : Marion Staub (Tel 01 44 08 84 22 - Fax 01 44 08 84 17)

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commentaires

Eric 30/04/2006 20:45

Tiens, c'est "amusant", cette honte, il m'est arrivé de l'éprouver, je dirais autrefois.
Il n'y a aucune raison d'avoir honte d'être un diplômé sans statut social gratifiant.
Il y a aussi, le sentiment de s'être fait berner. Je l'ai ressenti le jour où j'ai obtenu mon DEA (de Littérature française). Mais ça aussi, cette haine sourde, ça a disparu.
J'ai compris.
 

Yannick Comenge 25/04/2006 09:18

L'expérience que j'ai est celle d'un jeune chercheur qui croyait en une illusion de carriere scientifique. Apres une thèse peu financé, j'ai touché un chomage plutot maigre, ensuite je suis rentré dans une forme de no-mans-land juridique (pas de RMI, pas de sécu confortable)... aussi quand le mouvement des stagiaires a vu le jour en octobre 2005 j'ai compris que je pouvais à mon niveau aider les plus jeunes pour qu'ils ne tombent pas dans les pieges des "formations publiques ou privés", dans ces formes d'esclavages modernes qui finissent par user et abuser de jeunes diplomés tres courageux.
Avec le temps de mon coté, j'ai pu negocier un contrat de recherche au Quebec avec tout ce que cela implique comme déracinement. La recherche demande plus de sacrifice à certains apparemment. Un moment j'ai penser faire une carriere de journaliste en terme de reconversion. L'heure est donc aux choix, mais aujourd'hui, grace à Generationprécaire je prends conscience de l'importance de proteger socialement les autres à defaut de n'avoir pas eu cette chance...
Lisez "Sois stage et tais toi"... cela parle de la jeunesse de France et de son arrivée sur le marché de l'emploi. Apres le CPE, on comprend mieux ses aspirations, les témoignages sont édifiants et ceux sont eux qui ont "écrit" l'ame de ce livre...

ju 07/04/2006 10:57

S'inscrire au RMI, ça peut paraître difficile dans les premiers temps. Mais le sentiment de honte je ne le comprends pas. Il n'y a pas de honte à avoir. C'est une réaction un peu bourgeoise. Le RMi te file dans les 300€/mois. C'est ce qui va te permettre d'acheter ta carte orange pour aller passer tes entretiens. Certains sont dans la fin de trentaine et le RMI c'est ce qui leur permet de vivre.Après un stage, surtout de dernière année ou d'année de césure, c'est difficile, mais bon, on trouvera un truc, peu importe ce que c'est, on est presque assuré de trouver un truc. D'autres Rmistes n'ont pas cette certitude. Tu le dis très bien. On n'a aucune raison de se sentir honteux.Bon ceci dit, j'ai hâte de lire ce livre. C'est un bel aboutissement.Mais je me demande s'il ne va pas prêcher les convaincus.

L'intello du dessous 07/04/2006 12:32

La honte ne vient pas du fait de s'inscrire au RMI , c'est plus de ne pas arriver à répondre aux espoirs qui accompagnaient les études que j'ai faites. Avoir été une privilégiée à qui on paye des études, et ne même pas parvenir à remercier mes parents pour ça; et au contraire, continuer à leur demander de l'aide. Ca n'a rien de bourgeois, ce n'est pas la honte d'avoir un statut de RMIste, c'est la honte d'avoir soulevé des espoirs , des admirations, et finalement se retrouver sur le bord de la route... L'impression que ceux qui abandonnent leur études après le bac ne s'en sortent pas pire que moi et que j'ai été bien prétentieuse de faire tout ça. Cela dit, tant mieux si tu ne comprends pas ce sentiment. Je ne le souhaite pas aux autres... Nous avons choisi un certain nombre de personnes à qui donner ce livre (notamment notre cher premier ministre), et nous avons bien l'intention de leur faire lire les passages qui les intéresseront le plus s'ils ne sont pas convaincus... Personnellement j'ai rendez vous avec la responsable de ma formation, et j'ai bien l'intention de lui lire le chapitre sur les bénéfices qu'établissements supérieurs et entreprises tirent du "trafic des conventions". Ca devrait lui parler... !Si les non convaincus ne vont pas à ce livre, le livre viendra à eux! :)

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