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Soutien

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Comme une machine qui consommerait un maximum de pétrole uniquement pour entretenir sa surchauffe, l'intello du dessous consomme un maximum de facultés intellectuelles pour entretenir sa capacité à surmener son cerveau... en pure perte. Un pur produit de la société de surinformation dans laquelle on patauge...

Aujourd'hui j'ai décidé que tout ça allait sortir, et que je ferais connaître à  d'autres cerveaux surmenés et improductifs le chaos de mes pensées. Ca me fend un peu le coeur d'ajouter au flot d'informations inutiles qui circulent sur le net, mais il paraît qu'un être humain doit s'exprimer pour vivre, il paraît qu'il faut partager ses pensées pour qu'elles ne restent pas vaines. Alors bien sûr, cette décision tiendra jusqu'à ce que la somme d'informations que j'ingurgite chaque jour ne submerge la ressource mémoire où est née l'idée de ce blog, mais ne désespérons pas. Peut-être que le Bouddha qui veilla sur mon berceau me donnera la faculté d'entretenir mon jardin...

 

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3 février 2006 5 03 /02 /février /2006 15:25
On m'a fait suivre aujourd'hui ce texte, paru dans le journal d'une association d'une Grande Ecole de Commerce que je n'ai pas envie de nommer parce que ce qui est décrit est tellement commun à toutes les Grandes Ecoles que son nom n'apporte rien... Et vu que je connais la susceptibilité de certaines des personnes qui les dirigent, y enseignent, ou y sont élèves, je préfère ne pas avoir à discuter avec eux du caractère ironique et un peu méprisant de ce texte. Mais je l'ai adoré, alors je vous le livre, avec l'accord de son auteur, après des petites modifications d'anonymisation.

Qu’il est plaisant de voir tous les petits Etudiants en Ecole de Commerce, déguisés pour l’occasion avec plus ou moins de bonheur, arpenter d’un pas fiévreux la belle moquette bleu corporate qui recouvre les couloirs de l’Ecole. Les Forums Entreprises sont un moment d’émerveillement pour qui sait regarder d’un œil naïf.

Partout où se pose le regard, dans la marée bleu nuit des costumes et cravates parfois de mauvais goût, mais avec constance d’un conformisme triste, d’une résignation et d’une soumission ostensible, on peut observer ces mêmes joues tendres, ces mêmes espoirs, ces mêmes doutes et ces mêmes croyances, nimbées d’une vague odeur rance d’égoïsme rampant.

La plupart ont l’allure incertaine des marcheurs perdus. Même les plus arrogants, ceux qui se parent de leurs certitudes pour oublier qu’ils ne savent rien, ces étudiants là, le cou enflé comme des jabots trop rouges de petits coqs de très basse-cour, hésitent. Serai-je à la hauteur de mes ambitions ? Suis-je aussi bon que je prétends l’être ?

Ils doutent, et lorsque la lumière passe sur leurs visages, le reflet du reste du monde luit sur leurs traits encore enfantins. Car le drame est là. C’est l’ombre noire qui étend ses ailes sur ces carrefours, sur ce tremplin vers l’avenir comme dit le directeur. Le reste du monde est là qui attend, veille, observe, grouille dans les coulisses des horizons forcément lointains.

Comme la logique libérale était rassurante tant que l’on était persuadé d’être les meilleurs. La compétition mondiale ? Pas de problème ! Tant qu’elle ne touche que la piétaille non qualifiée. Mais l’intégration économique s’est poursuivie inlassablement, avec ce rien d’obstination lente qui fait la véritable essence des forces inéluctables. Et aujourd’hui, un Etudiant en Ecole de Commerce dans un Forum Entreprise, c’est un apprenti manager, le cerveau plein de rêves décrépis d’une ancienne bourgeoisie en fin de règne, le ventre légèrement arrondi par trop de bières, l’œil un peu cerné de trop de fêtes étudiantes, et le cerveau un peu mou d’avoir trop peu réfléchi ; parce que bon, on a déjà travaillé en prépa, quand même ! Et ce jeune égaré se sait en compétition avec des milliers d’étudiants de Chine, d’Inde, du Japon ou des Etats-Unis, qu’il suppose mieux formés et plus travailleurs que les nantis bouffis d’orgueil de son école.

La haine de soi francophobe distillée par les media, cette chanson sans fin du Déclin, le jeune s’en est fait l’écho, jusqu’à douter de lui-même. Car après tout, malgré tout ce qu’il prétend et pense, il est français jusqu’au bout de ses ongles. Et que vaut un petit Français dans le monde des Chinois et des Indiens ?

                                                                      J.L.

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commentaires

celine 08/09/2006 18:36

Ca me rappelle des choses sur le lavage de cerveau opéré par les grandes écoles qui vous font croire que vous etes les meilleurs. Petite anecdote vécue, ce qui lui procure encore plus de croustillant ;). J'ai fait ma licence dans les murs d'une ecole d'ingenieur tres connue et "réputée" (en effet, la fac ne pouvait se payer les equipements et les profs adequats et avait passé un accord avec cette grande école). A midi, a la cafetéria, rien ne distingait les licences/maitrises des élèves ingénieurs. Un mec s'approche de moi : "salut t'es mignonne, t'es en quelle année?", "licence" et lui de répondre, "ah excuse moi" et de s'en aller. Formidable !!! Sur le coup j'ai pas franchement aimé mais maintenant, j'adore ;).Cétait il y a 10 ans, alors vous pouvez bien trembler maintenant chers élèves à l'égo demesuré, moi je ne m'en lasse pas !!!!!!

FloW 07/02/2006 21:10

on voit les mêmes en école d'ingénieurs...et c'est d'autant plus interessant à regarder de l'oeil du recruteur sur un forum. Les touristes, les craintifs, les orgueilleux et les vrais bons.mais dans la vraie vie, les rôles sont parfois inversés car ce ne sont pas ceux qui ont les meilleurs resultats qui font les meilleurs managers. Contrairement, à ce que l'on nous enseigne en école, l'Humain, ça compte plus que le reste.

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