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Comme une machine qui consommerait un maximum de pétrole uniquement pour entretenir sa surchauffe, l'intello du dessous consomme un maximum de facultés intellectuelles pour entretenir sa capacité à surmener son cerveau... en pure perte. Un pur produit de la société de surinformation dans laquelle on patauge...

Aujourd'hui j'ai décidé que tout ça allait sortir, et que je ferais connaître à  d'autres cerveaux surmenés et improductifs le chaos de mes pensées. Ca me fend un peu le coeur d'ajouter au flot d'informations inutiles qui circulent sur le net, mais il paraît qu'un être humain doit s'exprimer pour vivre, il paraît qu'il faut partager ses pensées pour qu'elles ne restent pas vaines. Alors bien sûr, cette décision tiendra jusqu'à ce que la somme d'informations que j'ingurgite chaque jour ne submerge la ressource mémoire où est née l'idée de ce blog, mais ne désespérons pas. Peut-être que le Bouddha qui veilla sur mon berceau me donnera la faculté d'entretenir mon jardin...

 

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14 janvier 2006 6 14 /01 /janvier /2006 19:12

Ma mère m'a ramené ça, un jour, de la librairie d'à côté.... je crois qu'elle commence à bien me connaître :)

Je ne connaissais Simone Weil que de nom (ce qui prouve bien que je ne suis qu'une intello du dessous) , mais j'en avais entendu parler comme d'une femme remarquable, et je pense que je n'en aurais même pas entendu parler si je ne m'étais pas intéressée au féminisme et donc à ces gens qui tentent de faire ressortir de l'ombre les femmes remarquables qu'on oublie toujours plus vite que les hommes remarquables... surtout quand elles n'ont pas le bon goût d'être en même temps belles et d'avoir plein d'amants.

D'après un sondage auprès des personnes lambdas qui m'entourent, c'était déjà pas mal que je ne confonde pas Simone Weil, philosophe (1909-1943) et Simone Veil, encore en vie, femme politique, ancienne déportée juive, qui fit passer la loi pour le droit à l'avortement (d'ailleurs, chapeau... mais ce n'est pas le sujet ici...)

Donc, j'ai commencé à me plonger dans ce livre, et je crois que j'adore cette femme.
Ce qui a d'abord attiré mon attention, c'est sa description du travail ouvrier. Figurez-vous que cette bachelière à 16 ans,  agregée de philosophie à 22 ans, se passionne tant pour la défense du peuple qu'elle veut le connaître de l'intérieur et plaque son poste de professeur pour se faire embaucher en usine et travailler en tant qu'ouvrière spécialisée. Sa description est extraordinaire. J'étais d'autant plus réceptive que j'ai expérimenté le travail d'ouvrière spécialisée en stage; 2000 pièces par jour, mouvement répétitif; prendre deux pièces, les placer sous la presse, actionner la manivelle , enlever les pièces, recommencer... Si je l'ai expérimenté dans des conditions plutôt bonnes étant donné les progrès dans les conditions de travail, elle l'a fait en 1934, dans des conditions bien plus difficiles... Et elle a tendance à se moquer un peu ,sortant de là, du militant politique qui n'a pas ressenti dans son corps la lassitude et la douleur des ouvriers, et qui cependant prétend parler en leur nom... Ce qui ne l'empêche pas de devenir elle-même militante, mais avec un tout autre regard...

"Des bourgeois intelligents ont cru que la grève avait été provoquée par les communistes pour gêner le nouveau gouvernement[...] En premier lieu on n'a pas eu la force d'attendre.[...] Le public, et les patrons, et Leon Blum lui-même, et tous ceux qui sont étrangers à cette vie d'esclave sont incapables de comprendre ce qui a été décisif dans cette affaire. Il s'agit, après avoir toujours plié, tout subi, tout encaissé en silence pendant des mois et des années, d'oser enfin se redresser. Se tenir debout. Prendre la parole à son tour. Indépendament des revendications, cette grève est en elle-même une joie. Une joie pure. Une joie sans mélange."

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commentaires

Jean Ploi 22/01/2006 21:14

Tu as raison, c'est compliqué. Je pense qu'il faut voir les choses dans leur évolution. Disons que je préfère que les gens prennent leurs affaires en main pour faire aboutir leurs revendications, plutôt que d'être désignés comme  victime d'une injustice (ce qu'il sont, c'est vrai) qu'il faudrait réparer. Dans le premier cas, ils sont les acteurs de leur propre libération. La morale me paraît toujours suspecte dans ce qu'elle contient de soumission. Personnellement, je n'ai aucune prévention contre la religion en général, ni contre le christianisme en particulier. Disons même que je me sens très proche des théologiens de la libération. Et, au cas où tu ne l'aurais pas encore lu, je te conseille la lecture de "la force d'aimer" de Martin Luther King.

L'intello du dessous 16/01/2006 15:17

Je n'étais pas dupe, je sais que ma mère m'a offert ce livre surtout pour me faire découvrir la femme mystique que Simone Weil est devenue vers la fin de sa vie. Elle dit qu'un esclave ou un dominé ne peut que se reconnaître dans la religion chrétienne. Et c'est pour moi aussi quelque chose de problématique... On peut devenir profondément anti-catho en se focalisant sur certains agissements de l'Eglise catholique, tout comme on peut devenir profondément anti-communiste ou anti-CGTiste quand on se focalise sur les agissements de l'URSS Stalinienne et l'absence de remise en question de l'URSS par la CGT à cette époque.  Pourtant j'ai toujours eu du mal à comprendre le rapport entre la religion dont on m'a parlé gamine et l'image "diabolisée" (si j'ose dire) qu'en ont une bonne partie des gens de gauche. Tout comme j'ai du mal à voir le rapport entre les idées défendues par certains gens de droite tout en se proclamant chrétiens.... Défendre à ce point le droit à la propriété tout en se réclamant de la religion d'un Jésus qui demandait à tous d'abandonner leurs biens pour le suivre, c'est problématique. Vouloir être les défenseurs du peuple tout en détestant cordialement des gens qui ont pris comme principe de donner leur vie aux plus faibles (certes au nom de la religion, mais alors??), c'est problématique...Et pourquoi est-ce un problème qu'elle se place plus sur un plan moral que revendicatif?? La morale, c'est pas bien?? Parce que ça a été attaché à la religion trop longtemps??Y a plein de dessous de cartes que je trouve difficiles à déchiffrer...

Jean Ploi 16/01/2006 14:26

Je me souviens avoir lu "la condition ouvrière" et j'avais beaucoup aimé. Effectivement ça sonne juste, en tout cas sur la description immédiate de la condition ouvrière. Par contre, il me semblait qu'elle manquait un peu de recul sur l'histoire du mouvement ouvrier. En effet, elle reprochait par exemple à ses camarades CGT de ne pas être assez gentils avec les syndicalistes chrétiens. D'une manière générale, elle se place sur un plan moral plutôt que revendicatif. Mais ceci n'enlève absolument rien au respect que j'ai pour cette intellectuelle qui va au bout de ses engagements.

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