Comme une machine qui consommerait un maximum de pétrole uniquement pour entretenir sa surchauffe, l'intello du dessous consomme un
maximum de facultés intellectuelles pour entretenir sa capacité à surmener son cerveau... en pure perte. Un pur produit de la société de surinformation dans laquelle on patauge...
Aujourd'hui j'ai décidé que tout ça allait sortir, et que je ferais connaître à d'autres cerveaux surmenés et improductifs le chaos de mes pensées. Ca me fend un peu le coeur d'ajouter au
flot d'informations inutiles qui circulent sur le net, mais il paraît qu'un être humain doit s'exprimer pour vivre, il paraît qu'il faut partager ses pensées pour qu'elles ne restent pas vaines.
Alors bien sûr, cette décision tiendra jusqu'à ce que la somme d'informations que j'ingurgite chaque jour ne submerge la ressource mémoire où est née l'idée de ce blog, mais ne désespérons pas.
Peut-être que le Bouddha qui veilla sur mon berceau me donnera la faculté d'entretenir mon jardin...
Ma mère m'a ramené ça, un jour, de la librairie d'à côté.... je crois qu'elle commence à bien me connaître :)
Je ne connaissais Simone Weil que de nom (ce qui prouve bien que je ne suis qu'une intello du dessous) , mais j'en avais entendu parler comme d'une femme remarquable, et je pense que je n'en
aurais même pas entendu parler si je ne m'étais pas intéressée au féminisme et donc à ces gens qui tentent de faire ressortir de l'ombre les femmes remarquables qu'on oublie toujours plus vite
que les hommes remarquables... surtout quand elles n'ont pas le bon goût d'être en même temps belles et d'avoir plein d'amants.
D'après un sondage auprès des personnes lambdas qui m'entourent, c'était déjà pas mal que je ne confonde pas Simone Weil, philosophe (1909-1943) et Simone Veil, encore en vie, femme politique,
ancienne déportée juive, qui fit passer la loi pour le droit à l'avortement (d'ailleurs, chapeau... mais ce n'est pas le sujet ici...)
Donc, j'ai commencé à me plonger dans ce livre, et je crois que j'adore cette femme.
Ce qui a d'abord attiré mon attention, c'est sa description du travail ouvrier. Figurez-vous que cette bachelière à 16 ans, agregée de philosophie à 22 ans, se passionne tant pour la
défense du peuple qu'elle veut le connaître de l'intérieur et plaque son poste de professeur pour se faire embaucher en usine et travailler en tant qu'ouvrière spécialisée. Sa description est
extraordinaire. J'étais d'autant plus réceptive que j'ai expérimenté le travail d'ouvrière spécialisée en stage; 2000 pièces par jour, mouvement répétitif; prendre deux pièces, les placer sous la
presse, actionner la manivelle , enlever les pièces, recommencer... Si je l'ai expérimenté dans des conditions plutôt bonnes étant donné les progrès dans les conditions de travail, elle l'a fait
en 1934, dans des conditions bien plus difficiles... Et elle a tendance à se moquer un peu ,sortant de là, du militant politique qui n'a pas ressenti dans son corps la lassitude et la douleur des
ouvriers, et qui cependant prétend parler en leur nom... Ce qui ne l'empêche pas de devenir elle-même militante, mais avec un tout autre regard...