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Soutien

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Comme une machine qui consommerait un maximum de pétrole uniquement pour entretenir sa surchauffe, l'intello du dessous consomme un maximum de facultés intellectuelles pour entretenir sa capacité à surmener son cerveau... en pure perte. Un pur produit de la société de surinformation dans laquelle on patauge...

Aujourd'hui j'ai décidé que tout ça allait sortir, et que je ferais connaître à  d'autres cerveaux surmenés et improductifs le chaos de mes pensées. Ca me fend un peu le coeur d'ajouter au flot d'informations inutiles qui circulent sur le net, mais il paraît qu'un être humain doit s'exprimer pour vivre, il paraît qu'il faut partager ses pensées pour qu'elles ne restent pas vaines. Alors bien sûr, cette décision tiendra jusqu'à ce que la somme d'informations que j'ingurgite chaque jour ne submerge la ressource mémoire où est née l'idée de ce blog, mais ne désespérons pas. Peut-être que le Bouddha qui veilla sur mon berceau me donnera la faculté d'entretenir mon jardin...

 

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31 décembre 2005 6 31 /12 /décembre /2005 00:07

Officiellement, un stagiaire ne travaille pas, il apprend. C’est en substance ce que Larcher a répondu à mes collègues de Génération Précaires lorsqu’ils lui ont demandé un vrai statut pour le stagiaire dans l’entreprise, inscrit dans le code du Travail.

 « Un stagiaire ne travaille pas, il apprend… » Ok, je reconnais que c'était le but de départ, mais j'ai comme l'impression que de l'eau a coulé sous les ponts depuis...

 

Un stagiaire, aujourd'hui (en dehors des stages de découverte de l'entreprise) travaille bel et bien. Bien sûr il apprend aussi, mais pas forcément dans une mesure plus élevée qu'un jeune embauché qu'on forme au début de son travail.

 

Ce n'est pas parce que les entreprises veulent de plus en plus des gens immédiatement productifs qu’il faut oublier qu'elles doivent normalement former les travailleurs qu'elles embauchent. J’ai même entendu dire que des anciens de ma promo avaient eu 6 mois de formation en entreprise après avoir été embauchés !! Vous imaginez ?? 6 mois à ne pas être productif et à être payé à un salaire d’ingénieur !! On croit rêver… Il paraîtrait même que dans l’entreprise, on a droit à des jours de formation, et qu’on est payé le même salaire que d’habitude pour aller à des stages où on apprend vraiment quelque chose !! De quoi faire rêver beaucoup de stagiaires, à qui on continue de dire qu’ils ne travaillent pas et qu’ils n’ont pas à réclamer de salaire, et ce même s'ils sont les seuls à mettre à jour les documents qualité de l'entreprise qui lui permettront plus tard d'arborer leur beau label ISO, ce même s'ils conçoivent le site internet qui permettra à l'entreprise d'attirer de nouveaux clients, ce même s'ils sont les seuls à savoir se servir efficacement et rapidement d'internet pour trouver un renseignement... enfin, passons, comme d'habitude je me laisse emporter par mes souvenirs de stage et l'amertume me revient!

 

 

Revenons à notre formation: dans le cas d'une embauche, les entreprises forment le salarié pour en tirer profit quand il deviendra pleinement opérationnel ; dans le cas du stage, elle n'a peut-être pas le temps d'en tirer pleinement profit, ce qui à la limite justifierait qu'elle ne le paye pas à un salaire plein. Mais quand elle l'embauche à la fin du stage ou après la fin de sa formation, elle est bien la bénéficiaire de cette formation qu’elle lui aura donné en stage... au départ, c'est comme ça que les stages devaient être un tremplin vers l'emploi ; la formation de début de contrat se déplaçait vers la période de stage et l'entreprise avait un avantage à embaucher un ancien stagiaire par rapport à un inconnu… Si de plus en plus d’entreprises trouvent que finalement c’est aussi bien de faire tourner des stagiaires sur un poste au lieu de garder la même personne, c’est peut-être que la « formation » dispensée ne prend pas tant de temps que ça , et que le stagiaire est opérationnel plus vite qu’on ne croyait.. non ? Peut-être même que le rapport formation/travail apporté est largement en faveur de l’entreprise. Enfin, moi, je dis ça, c’est juste parce qu’on m’avait appris que les entreprises recherchaient la rentabilité, n’étaient pas philanthropes et faisaient rarement exprès d’avoir un mode de fonctionnement complètement ruineux… Franchement, avoir la moitié de son effectif en stagiaires, si vraiment ce ne sont que des gens qui ne travaillent pas et qui coûtent du temps de formation à l’entreprise, je ne comprends pas que ces boîtes ne coulent pas plus vite !! Dans Capital on en voyait même une qui avait l’air de s’en sortir pas mal comme ça ; elle pouvait vendre ses prestations beaucoup moins chères que ces concurrents… sans blague !

  

 

En tout cas, dire qu'un stagiaire ne travaille pas DU TOUT, et ce dans tous les cas, c'est du fouttage de gueule vis à vis de tous les stagiaires, M. Larcher ! (d’ailleurs, heureusement que je n’étais pas dans la délégation, je crois que j’aurais claqué la porte, personnellement !!!). Il y a quantité de stages où le jeune travaille réellement et apporte un bénéfice à l'entreprise (on a tous fait ce genre de stages et on en connaît tous). La preuve, c’est qu'avec mon bac+5 ingénieur et mon mastère spécialisé on m'appelle encore pour des stages, et que visiblement on est embêté que je dise non (eh oui, y a pas beaucoup de vraies formations qui font des stages en janvier…). On ne s'offusque pas que je demande un CDD (sous entendu, "oui oui c'est tout à fait un travail qui pourrait être donné à un vrai salarié") mais bien sûr c'est impossible pour des raisons de budget (sous entendu "ce qu'on veut, c'est quelqu'un qui nous fasse du bon travail, mais qui ne nous coûte pas grand chose"). Alors si les ministres persistent à croire que les stagiaires ne travaillent pas, c'est qu'ils sont sur leur nuage et on est là pour les aider à en descendre.

 

 

  

Sur un autre plan, je continue à penser que tant que le stage se fait sur les périodes de vacances des étudiants, il ne doit pas être un facteur d'appauvrissement par rapport à des boulots alimentaires. Sinon, l'inégalité est criante entre ceux qui peuvent faire des stages intéressants à mettre sur le cv sans être payés et ceux qui seront obligés de se rabattre sur des jobs alimentaires parce que c'est pour eux le seul moyen de financer l'année suivante. Et je ne parle même pas des stages obligatoires (là, je pense que c'est aux universités et écoles d'intervenir pour que la rémunération soit au moins DECENTE! )

 

 

 

Donc M. Larcher est fier de nous présenter l'élaboration de sa nouvelle charte... signée par : le ministère de l'éducation nationale, le ministère du travail, et les syndicats patronaux...

En tous cas, leur charte ne peut pas être sérieuse à partir du moment où ils oublient complètement les organismes de formation. A ce que je sais, ce n'est pas le ministère de l'Education Nationale qui a décidé que les écoles de commerce pourraient décider de faire des années de césure! (ok, faut que je me renseigne...)  Donc leur charte sera bancale puisqu'elle ne sera même pas signée par les principaux responsables de l'accroissement du nombre de stages, à savoir les Grandes Ecoles. Ok, je m'avance en disant ça, mais ce qui est sûr c'est que si elles ne s'engagent pas à cesser de demander toujours plus de stages obligatoires, les universitaires continueront de suivre leur mouvement et les CV avec 10 stages deviendront la norme! Quand j'ai commencé, tout le monde croyait sincèrement qu'il était interdit de faire des stages de plus 6 mois. Les grandes écoles de commerce sont arrivées par là dessus, et ont instauré le top de la concurrence déloyale pour trouver un premier emploi: l'année de césure!! Moi, bêtement, je croyais qu'on autorisait les élèves à aller travailler un an en entreprise avant leur dernière année.. Après tout, pourquoi pas; c'est vrai que les études c'est long et que ça fait pas de mal de remettre les pieds dans le monde réel pendant un moment entre deux années... Il a fallu que Génération Précaire apparaisse pour que je m'apperçoive que non, l'année de césure n'est pas une année de travail mais une année de stage!!! Explosés les 6 mois (qui n'avaient rien de réglementaires mais qui étaient au moins communément admis). Voilà la porte ouverte aux stages de fin d'études de 12, 18 voire 24 mois, soyons fous!!  Bien sûr l'école de commerce, elle , n'accepte pas ça pour ses propres élèves (eux, ils doivent pouvoir montrer qu'ils ont été embauchés moins de 6 mois après la sortie, c'est la réputation de l'école qui est en jeu!!) mais pour ceux qui rament derrière, les "petites grandes" écoles, les facs, les DESS, masters, etc... Le seul moyen d'avoir l'air de quelque chose face à un "jeune diplomé" avec 2 ans d'expérience, c'est de faire un stage de 24 mois en fin de cursus!! voire deux de 12 mois, voire 4 de 6 mois... voire de faire des stages jusqu'à plus soif, jusqu'à se rendre compte qu'on l'aura jamais, le vrai boulot , et qu'on ne nous propose plus que des stages!!!

Donc bon, le ministre de l'éducation nationale, le patron du medef et tous ses potes pourront toujours signer une charte, je ne suis pas sûre qu'on soit vraiment en phase avec le problème, là...

Un peu de sérieux , M. Larcher!!

 

 

 

 

Nous avons besoin que le stagiaire ait un STATUT dans l'entreprise, c'est le problème que nous dénonçons depuis le début, et la charte ne résoudra pas ce point crucial. On ne peut pas continuer à considérer qu'un stagiaire est élève d'un établissement alors qu'il n'y va quasiment jamais, qu'aucun prof ne s'en préoccupe sauf dans de rares cas pour lire le rapport de stage, qu'aucun lien sérieux n'est fait entre le maître de stage et l'établissement d'enseignement, etc. Continuer à dire que le stagiaire est élève dans les situations auxquelles on assiste aujourd'hui, c'est du n'importe quoi! Le stagiaire se retrouve à n'être ni étudiant ni travailleur, c'est à dire qu’il est clairement dans une situation où il ne sait plus vers qui se tourner en cas de problème. Seule une loi qui lui donne un statut dans l'entreprise peut régler ça.

PS: cette diatribe n'est que la mienne, je ne parle pas ici au nom de Génération Précaire, qui est un collectif démocratique où les positions sont discutées avant déclaration.... à voir sur http://www.generation-precaire.org

 

 

 

 

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