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Soutien

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Comme une machine qui consommerait un maximum de pétrole uniquement pour entretenir sa surchauffe, l'intello du dessous consomme un maximum de facultés intellectuelles pour entretenir sa capacité à surmener son cerveau... en pure perte. Un pur produit de la société de surinformation dans laquelle on patauge...

Aujourd'hui j'ai décidé que tout ça allait sortir, et que je ferais connaître à  d'autres cerveaux surmenés et improductifs le chaos de mes pensées. Ca me fend un peu le coeur d'ajouter au flot d'informations inutiles qui circulent sur le net, mais il paraît qu'un être humain doit s'exprimer pour vivre, il paraît qu'il faut partager ses pensées pour qu'elles ne restent pas vaines. Alors bien sûr, cette décision tiendra jusqu'à ce que la somme d'informations que j'ingurgite chaque jour ne submerge la ressource mémoire où est née l'idée de ce blog, mais ne désespérons pas. Peut-être que le Bouddha qui veilla sur mon berceau me donnera la faculté d'entretenir mon jardin...

 

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14 décembre 2005 3 14 /12 /décembre /2005 04:09
Il est 3h13 quand je commence à écrire. Et il  y a deux minutes, j'étais dans mon lit, parfaitement éveillée, en train de lister point par point ce que j'aimerais reprocher, si j'osais, à la grande école qui m'a accueillie ces deux dernières années (enfin, surtout la première... vous allez comprendre pourquoi). Je jouais une vraie pièce de théâtre dans ma tête; ça m'a toujours paru très étrange cette volubilité dans des scènes imaginées, que j'ai assez rarement dans la "vraie vie". Il est rare que je laisse exploser ma colère, rare même que je dise au moment opportun les choses qui me touchent ou me dérangent. Même si j'essaye de changer tout ça, ma position a souvent été le calme stoïque.
Mais dans certains moments, la colère prend le dessus, et c'est moi qui en fais les frais. Au lieu de dormir, je boue intérieurement, je me venge en parole vaines et silencieuses de toutes les humiliations qu'on fait subir quotidiennement à ceux à qui l'éducation a appris à ne pas faire de vagues.

Cette nuit, l'objet de ma colère, c'est cette école. Un grand nom, une grande marque, un symbole de l'élite paraît-il... Un symbole d'autosuffisance en réalité. "Nous sommes les meilleurs donc nous avons droit aux meilleurs élèves. Nous sommes les meilleurs donc les élèves acceptent de payer très cher (en travail mais aussi en espèces sonnantes et trébuchantes) le droit de suivre un enseignement dans nos murs. Nous sommes les meilleurs donc notre image est une véritable marque dont il faut prendre soin (nous sommes les rois du marketing, d'ailleurs). Nous sommes les meilleurs donc nos étudiants se doivent d'être irréprochables en dehors de nos murs (même si dans l'espace fermé de nos soirées tout à fait privées ils ont droit à tous les excès, voire pire). Nous sommes les meilleurs donc certaines offres d'emploi ne se transmettent qu'à ceux qui ont payé leur  dime à la vénérable association des anciens (mieux  vaut ne pas risquer une contamination par de quelconques candidatures n'émanant pas du saint des saint, vous comprenez... Et il faut bien qu'il y ait quelques avantages pour ceux qui restent fidèles à la vénérable association des anciens...). Nous sommes les meilleurs donc nos étudiants se doivent, lorsqu'ils recoivent une personnalité importante (entendez: financièrement parlant) de ne pas émettre la moindre critique, de ne pas poser la moindre question gênante, quand bien même cela ferait partie du sujet même du débat..."Je me rappelle encore de la remontrance de ma responsable pédagogique après que j'aie osé poser une question sur la bonne gouvernance des banques (allusion à peine masquée, j'avoue, aux déboires du Crédit Lyonnais) au directeur... d'une Banque. C'est vrai , j'oubliais que c'était à lui que nous devions notre formidable voyage d'étude en Afrique... Mais si la responsabilité sociale des entreprises, l'éthique et le développement durable faisaient justement l'objet de notre rencontre, cette question était-elle réellement saugrenue? Si les représentants de l'école se permettent de nous présenter comme de "futurs dirigeants" alors que nous peinons déjà à trouver un stage qui nous permette de nous loger décemment, qu'est-ce qui devrait m'empêcher de jouer le jeu et de lui poser la question d'égal à égal, de "futur dirigeant" à dirigeant que seul l'âge sépare? Quelle prétention, n'est-ce pas... !
C'est ça, être dans une grande école; devoir jouer en permanence au "futur dirigeant" même quand on ne sait même pas si on pourra rembourser son emprunt, montrer partout à quel point on est quelqu'un de brillant pour faire rayonner l'image de l'école... et surtout disparaître du paysage quand les choses tournent mal.
Je suis ulcérée par la manière dont on m'a évincée quand la dépression a montré le bout de son nez. Ecoeurée qu'on ait aimablement proposé à ma maître de stage que je me mette en arrêt maladie jusqu'à la fin de la convention de stage pour qu'elle n'ait pas à assumer le spectacle d'une difficulté de vivre qu'elle n'avait pas le courage de voir. Ecoeurée que personne n'ait évoqué le fait que vivre dans une région inconnue,  à 50km de son boulot, sans autre moyen de transport qu'un train toujours en retard et une navette qui ne fait pas d'heure sup pour rattraper les déboires de la SNCF, et avec 350 euros pour tout défraiement, ait pu être une circonstance aggravante.
Un stagiaire n'est pas salarié parce qu'il dépend encore de son école d'origine... paraît-il... Est-il normal que cette école d'origine ne propose pas d'autre solution qu'un arrêt maladie dont la durée n'est pas fixée par le médecin mais par deux personnes qui cherchent surtout à se débarasser de toute responsabilité? Est-il normal qu'au lieu de trouver un moyen pour que le stage se termine dans de bonne conditions, ou qu'un autre stage soit effectué, on botte en touche et se débarasse de l'étudiant?
Tout ça pour, en plus, annoncer quelques mois plus tard que le congé maladie ne vaut pas pour validation du stage et qu'il faut en refaire un autre! ( et avec toujours aussi peu d'aide à la recherche...)

Aujourd'hui j'ai fait mon deuxième stage, j'ai deux avis positifs de mes maîtres de stage (aussi bien du premier que du deuxième, comme c'est étrange...) mais je n'ai pas rempli une des clauses pour obtenir mon diplome. Je n'ai pas fait leur fameux mémoire de fin d'études, celui qui pourrait faire leur fierté s'il était publié. Pourquoi? Parce que j'aime me saborder moi-même? Oui, peut-être. Mais surtout parce que je n'ai plus aucune envie de faire le moindre effort pour eux. Je trouve que je leur ai donné beaucoup pour peu de choses en retour. Quand j'ai envoyé le plan définitif de mon mémoire à mon pseudo directeur de thèse l'an dernier, il avait dû me juger morte, il n'a jamais répondu sous prétexte que je n'allais pas la soutenir cette année-là.

Depuis j'ai travaillé sur d'autres sujets, j'ai eu d'autres idées, j'ai au moins 3-4 mémoires inachevés dans mon disque dur. Mais à quoi bon, honnêtement?  Qui a instauré cette règle selon laquelle il est interdit à un directeur de thèse de prendre des nouvelles de son élève quand celui-ci n'en donne pas?
Sera-t-il payé autant pour avoir attendu gentiment que je me manifeste que quelqu'un qui aurait simplement pris de mes nouvelles et m'aurait soutenu dans le choix de mon sujet, dans mes recherches de documents, dans la rédaction de ce travail? Quel était son rôle exactement dans cette mascarade?

Alors oui, je sais, j'ai tort, c'est mon propre diplôme que j'ai mis à la poubelle en n'ayant pas harcelé mon directeur de thèse et en n'ayant pas rendu ce travail. Mais pour être honnête, je ne serais même pas fière de montrer ce diplôme à qui que ce soit.
Je suis fière de la réflexion que j'ai menée au cours de ces deux ans, je suis fière d'avoir choisi de me former sur des sujets qui me paraissent plus qu'essentiels, je suis fière des quelques pages que j'ai écrites mais qui ne rentrent pas dans les critères imposés pour avoir le nom de "thèse professionnelle", et je me fiche éperdument de ne pas avoir le droit de cotiser des sommes dingues chaque année pour appartenir à la vénérable associations des anciens. Mes cotisations iront à d'autres causes et ... "c'est pas plus mal" (comme dirait mon ami). J'ai vu lors de leur dernière assemblée générale que certains pouvaient se permettre de donner des millieurs d'euro à cette mafia respectable, je sais que ma maigre contribution ne manquera pas. Certes, je perds un point de vue imprenable sur les puissants de ce pays, mais c'est vraiment tout ce que je regrette... hormis le fait que je n'ai toujours pas su dire en face aux responsables de mon école ce que je vous dis là...

Fasse la fée du net qu'ils lisent cette page un jour...

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