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Soutien

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Comme une machine qui consommerait un maximum de pétrole uniquement pour entretenir sa surchauffe, l'intello du dessous consomme un maximum de facultés intellectuelles pour entretenir sa capacité à surmener son cerveau... en pure perte. Un pur produit de la société de surinformation dans laquelle on patauge...

Aujourd'hui j'ai décidé que tout ça allait sortir, et que je ferais connaître à  d'autres cerveaux surmenés et improductifs le chaos de mes pensées. Ca me fend un peu le coeur d'ajouter au flot d'informations inutiles qui circulent sur le net, mais il paraît qu'un être humain doit s'exprimer pour vivre, il paraît qu'il faut partager ses pensées pour qu'elles ne restent pas vaines. Alors bien sûr, cette décision tiendra jusqu'à ce que la somme d'informations que j'ingurgite chaque jour ne submerge la ressource mémoire où est née l'idée de ce blog, mais ne désespérons pas. Peut-être que le Bouddha qui veilla sur mon berceau me donnera la faculté d'entretenir mon jardin...

 

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18 octobre 2007 4 18 /10 /octobre /2007 16:27
Pour la journée de refus de la misère, Xavier Bertrand et Valérie Pécresse donnent des miettes de pain aux stagiaires étudiants.


Le jour même de la Journée mondiale du refus de la misère, le ministre du Travail, des relations sociales et de la solidarité Xavier Bertrand et la ministre de l'Enseignement  Supérieur de la Recherche Valérie Pécresse, n'ont vu aucun cynisme à présenter au Comité des stages un projet de décret qu'on peut qualifier de véritable bras d'honneur vis-à-vis de tous ceux qui se sont battus pour que les stagiaires en entreprise ne soient pas des travailleurs sans contrat, sans droit et sans salaire.
S'appuyant sur la loi de mars 2006 sur l'Egalité des Chances de Dominique de Villepin, où un  article sur la gratification des stages de plus de trois mois avait été ajouté en urgence en pleine crise du CPE, le décret présenté prévoit une gratification minimum de 12,5 % du plafond horaire de la Sécurité Sociale, soit moins de 30% du SMIC, et ce uniquement à partir du premier jour du  4e mois. Ce projet de Décret aurait donc permis de rendre tout à fait légal les stages de 3  mois sans aucune gratification, permettait de rémunérer 379 euros un stage de 4 mois (soit 94 euro par mois!!) , 758 euro un stage  de 5 mois (soit 151 euro par mois) et 1137 euros un stage de 6 mois (soit 189 euros par mois). Quelle avancée spectaculaire!!! Ce n'est que grâce à une révolte salutaire des membres de Génération Précaire présents que Xavier Bertrand a consenti à  envisager une "amélioration" de ce texte avant son adoption. A la suite des discussions du comité des stages, plusieurs syndicats (CGT, CFE-CGC, FO) avaient fait des propositions communes telles que la gratification dès le premier jour de stage à 50% du SMIC et progressives en fonction de la durée et du niveau d'étude du stage, et  l'impossibilité de créer des Diplomes universitaires sans cours dispensés par l'organisme de formation et composés uniquement de stages (vous ne rêvez pas, c'était une proposition du Comité des Stages!) . Des points d'accord qui n'auront même pas été relevés par les représentants du gouvernement.

Rappelons que cette loi sur la gratification des stages était sensée faire partie du projet de loi sur l'Egalité des Chances, et qu'un autre objectif affirmé du gouvernement est de professionnaliser les cursus et de rendre obligatoires des stages dans tous les cursus universitaires[1]. Belle égalité des chances qui rend obligatoire pour tous les étudiants des stages en entreprise avec une gratification aussi symbolique: on se demande comment les étudiants  qui travaillent pour financer leurs études pourront y faire face. Non seulement on continue de nier tout apport de valeur de la part des jeunes qui font des stages en entreprise, mais en plus on offre sur un plateau des cohortes de jeunes travailleurs dociles et gratuits aux entreprises.

C'est tout l'équilibre du marché du travail qui est menacé par l'orientation que prend ce gouvernement. En même temps qu'on rend obligatoires les stages pour tous les étudiants, on  autorise les entreprises à ne pas les payer pour peu qu'ils restent moins de 4 mois dans  l'entreprise. Etant donné le nombre de jeunes inscrits chaque année dans les facs, c'est une marée de travailleurs gratuits qui s'abattra sur les entreprises, à leur grande satisfaction, malgré ce qu'elles aimeraient faire entendre.
 Quelle que soit l'inexpérience d'un étudiant, il serait bien naïf de considérer qu'en trois mois en entreprise il n'apportera absolument aucune valeur ajoutée.

Etant donné l'absence de réponse aux demandes de moralisation des stages existants [2],  des postes risquent d'être remplacés par des roulements de stagiaires étudiants, et ce dans tous les secteurs et à tous les niveaux de
l'entreprise. Partout des emplois pourront être occupés par des étudiants stagiaires gratuits, le seul contrôle étant aujourd'hui laissé aux organismes de formation dont on sait le peu de moyen pour vérifier l'aspect pédagogique et la cohérence avec le cursus des stages effectués.

De plus, alors que des réformes importantes sont en cours sur les régimes des retraites et le financement de la sécurité sociale, on continue d'exclure les jeunes de la participation à ces financements. Le gouvernement a tellement à coeur de réduire les cotisations des entreprises que le ministre Xavier Bertrand n'envisage pas qu'une rémunération décente des stagiaires puisse donner lieu à cotisation. A la suite de l'annonce d'une possible amélioration du décret,  il continue d'affirmer sans ciller qu'augmenter la gratification des stagiaires serait un "coût
pour les finances de la Sécurité sociale car cela ne peut fonctionner que si nous augmentons la franchise".
C'est dire à quel point le ministre est enfermé dans le carcan des revendications patronales, pour qui aucune gratification n'est possible sans franchise de cotisations sociales.

Nous ne pouvons pas laisser légaliser cette mise à disposition gratuite des jeunes pour les entreprises. Cela concerne tous les salariés, tous les demandeurs d'emploi, et surtout toute une société qui envoie à ses jeunes un message très clair: vous ne valez rien.



[1]: "Il faut professionnaliser tous les cursus", a insisté Valérie Pécresse devant les membres  du comité, avant de préciser que chaque diplôme post baccalauréat devrait à terme  comporter au moins un stage dans le monde professionnel."
http://www.premier-ministre.gouv.fr/information/actualites_20/un_comite_veillera_professionnalisation_57226.html
[2]: La comptabilisation du nombre de stagiaires dans les entreprises n'est toujours pas actée: les propositions du comité des statges préoyaient d'en faire porter la responsabilité aux organismes de formation. Génération Précaire souhaite  que les stagiaires soient inscrits au Registre Unique du Personnel, afin que l'inspection du Travail puisse faire son travail de détection des emplois camouflés en stages.
Aucune durée maximale n'a encore été fixée pour les stages étudiants.
Aucun quota de stagiaires n'est fixé auprès d'un même maître de stage: un maître de stage peut donc avoir en même temps une dizaine de stagiaires sans problème.
Aucun délai de carence entre deux stages n'est fixé: ainsi, un maître de stage peut avoir en permanence un stagiaire pour l'assister dans son travail.
Rien ne limite les reconductions de stage: en l'état, un stagaire peut être incité à effectuer plusieurs stages de trois mois gratuits à la suite sans que l'entreprise d'accueil en soit inquiétée.



En savoir plus:

http://fr.news.yahoo.com/afp/20071017/tfr-social-education-entreprises-gouvern-b7b6525.html

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-968122,0.html
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/politique/20071018.OBS0380/les_stages_indemnises_380_euros_a_partir_de_4_mois.html?idfx=RSS_politique
http://www.vousnousils.fr/page.php?P=data/autour_de_nous/l_actualite_du_jour/depeches_de_l_educat/&key=20071018&key2=071018113531.9xyn8foz.xml

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commentaires

augenblick 11/11/2007 11:17

Ce qu'on peut faire ? quand on est exploitant, ne pas être exploiteur, ça sera déjà un bon début.

Lhuna/Angélique 05/11/2007 17:17

Il y aura toujours des exploités et des exploitants !Que pouvons-nous faire concrètement ?Lorgnez du côté de chez EADS et vous verrez le pire du moment .Bonne journée .

christie 24/10/2007 11:21

J'ai bien lu votre commentiare et je sais bien qu'il y a tellement à faire , nous devons nous battre sur tous les fronts.. Donc , je suis solidaire...de toutes les batailles contre la précarité.. Il faut peut-être relier nos actions ..je me bat dans le cadre du handicap..bien amicalement ..

oiseau 22/10/2007 20:54

Ton article reflète bien les problèmes des jeunes face à la crise économique. On les réclame dans les entreprises pour une bouchée de pain,ils sont encore si inexpérimentés, soi-disant!!!J'ai remarqué aussi que les jeunes n'étaient pas écoutés !Si tu veux, je te mets dans mes liens!

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