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Soutien

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Comme une machine qui consommerait un maximum de pétrole uniquement pour entretenir sa surchauffe, l'intello du dessous consomme un maximum de facultés intellectuelles pour entretenir sa capacité à surmener son cerveau... en pure perte. Un pur produit de la société de surinformation dans laquelle on patauge...

Aujourd'hui j'ai décidé que tout ça allait sortir, et que je ferais connaître à  d'autres cerveaux surmenés et improductifs le chaos de mes pensées. Ca me fend un peu le coeur d'ajouter au flot d'informations inutiles qui circulent sur le net, mais il paraît qu'un être humain doit s'exprimer pour vivre, il paraît qu'il faut partager ses pensées pour qu'elles ne restent pas vaines. Alors bien sûr, cette décision tiendra jusqu'à ce que la somme d'informations que j'ingurgite chaque jour ne submerge la ressource mémoire où est née l'idée de ce blog, mais ne désespérons pas. Peut-être que le Bouddha qui veilla sur mon berceau me donnera la faculté d'entretenir mon jardin...

 

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12 novembre 2005 6 12 /11 /novembre /2005 00:00

Ce soir, c'en était trop... Anniversaire du neveu, 4 ans, né le 11 novembre; eh oui, ça arrive... Au moins, son anniversaire tombera toujours un jour férié! Toujours?? Pas si sûr, vu la vitesse à laquelle les jours non travaillés disparaissent dans le monde salarié (... pendant que le nombre de jours de chômage augmente pour d'autres)

Enfin tout ça pour dire que ce soir, c'était l'anniversaire du petit, qui a eu droit à une boîte d'engins de chantier en plastique, un costume de Zorro, sans oublier le bidule éducatif électronique qui fait du bruit et qui ne l'a pas passionné très longtemps de toute façon...

Cette soirée fut rude, à plusieurs égards... D'abord  les enfants; ils sont intenables! Il paraît que c'est normal, moi ce que je vois surtout c'est que les parents n'en peuvent plus... Le père en a marre de devoir faire l'éducation de ses mômes alors que lui-même aurait envie de dire des gros mots et sortir des blagues interdites aux moins de 18 ans; marre de jouer à "fais ce que je dis, pas ce que je fais", ça ne tient pas la route, c'est évident, il suffit de lire dans le regard du plus grand son incompréhension devant cette règle de la politesse à deux vitesses. Il est évident qu'il va comprendre que quand on est petit, on a le droit à rien, et que quand on est grand, on a droit à tout. Profonde injustice, qu'il nous fera sans doute payer à l'adolescence.  Pendant ce temps, je me sens la méchante tata jamais contente, parce que je suis incapable de participer à la conversation des "grands" tout en écoutant le petit qui vient me montrer son super camion à rouleau compresseur. Pendant que je surveille du coin de l'oeil le petit qui joue avec sa cuiller et va bientôt m'envoyer une pluie de riz complet, j'entends ma mère parler de la guerre civile qui fait rage en banlieue, je tente de dire que quand même on n'en est pas à se tirer dessus et que s'il y a un réel désespoir social les américains ont beau jeu de nous présenter comme un pays à feu et à sang alors que leurs séries nous montrent chaque semaine qu'il est tout à fait banal d'arriver aux urgences avec des blessures par balles (réelles). Bref, la bonne vieille conversation du dimanche midi, pour une fois en avant-première le vendredi soir...

Après avoir écouté la liste des exigences du grand; trois enfants, une maison, un chien, un jardin, et ... une amoureuse, j'essaye vaguement de lui dire qu'avoir des enfants sans amoureuse c'est assez difficile et que son amoureuse aprécierait surement de passer après le chien dans ses priorités. Ca fait longtemps que j'ai rangé mon féminisme dans ma poche; de toute façon même Florent Pagny met sa femme entre son canapé et son frigidaire dans les biens que le méchant fisc pourrait lui piquer(1)...
Il faut s'y faire, les femmes sont des objets comme les autres; il y a deux jours, un collègue est entré dans le bureau que je partage avec mon maître de stage, il a dit "ah, tiens, t'as remplacé l'imprimante!". Il trouvait ça drôle... Moi, je savourais le bonheur d'être au moins à la place d'un objet utile; toujours mieux que de remplacer un pot de fleurs... quoique... J'ai aussi eu droit à ça pendant le déménagement de mon bureau, alors que je portais des cartons derrière mon maître de stage qui déplaçait ses pots de fleurs; "oh, des belles plantes suivies par une jolie fleur". Là aussi, j'aurais dû être flattée, il paraît... Bref, passons, je dévie du sujet...

 C'est alors que débarque la soeur du beau-frère, exilée en Irlande où elle a enfin trouvé un salaire décent après avoir vainement tenté de faire valoir son DEA d'histoire , puis de devenir attachée commerciale en France. C'est alors qu'elle me demande si j'habite maintenant à Paris (ma vie étudiante m'a pas mal fait vadrouiller au gré des stages et des années Erasmus).
Choc.
Je viens de passer 24h chez mon copain, et je m'aperçois que mes parents qui repartent à 22h pour aller se coucher vont sans doute m'embarquer; couvre-feu. Et oui, je suis sensée habiter chez eux. Depuis que je ne suis plus "étudiante", j'ai perdu le privilège de me faire payer une chambre sur un campus, je dois regarder en face ma situation, mon adolescence qui s'éternise, mon échec dans mon envol vers mon indépendance... Et regarder tout ça en face, ça implique de reprendre la petite chambre d'amis dans l'appart de mes parents, d'y entasser les affaires que je pensais un jour installer dans MON appart, et d'accepter que ma mère soit scotchée sur l'ordinateur familial situé dans ladite chambre, voire assurer le soutien technique en cas de drame tel que modem non branché, fenêtre d'affichage trop grande pour l'écran (eh oui, le maniement de l'ascenseur, c'est tout un art!!), manque de papier dans l'imprimante...
Bref, le choc.
Alors qu'elle me pose cette question, je vois tout ça défiler dans ma tête, j'ai envie de pleurer, et je me contente de répondre; "oh non, moi, j'habite nulle part..."

(1): Florent Pagny, "Ma liberté de penser" "[...]Avec les interdits bancaires prenez ma femme, le canapé / Le micro onde, le frigidaire[...]"

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commentaires

Camille 23/11/2005 20:34

Bon décidément, chère intello du dessous, à lire tes quelques rubriques, je retrouve pas mal bouts de moi.

En intello du dessous à laquelle l'étiquette colle à la peau quand elle est en présence de ceux qui ne se posent pas trop de questions, mais avec une pensée souvent chaotique , bien malingre face aux "vrais" intellectuels, ceux qui ont une puissance de raisonnement tellement évidente, trouvés au cours de la route dans le milieu universirtaire, amical ou familial.

En écolo du dimanche ('fin moi plus du dimanche que toi vu tes aspirations), qui traverse aussi tout doucment devant les 4x4 et s'arrête pour engueuler les automobilistes garés sur la piste cyclable

En féministe ou "femme vigilante" qui met souvent le mot dans la poche parce que même parmi les jeunes, même à Sciences Po (j'étais à l'IEP de Grenoble), évoquer l'image et la situation des femmes dans la société revient à se faire targuer de "vieille féministe hystérique" et à ne pas être écoutée. D'ailleurs , vu la proportion garçons/filles dans les écoles d'ingénieurs, je m'étais toujours demandée comment ça se passait pour elles. Ben je vois que c'est pas folichon.

En membre de la génération précaire, qui aimerait bien travailler dans un domaine qui l'intéresse, si possible à quelque chose qui améliore la société. Pour mon cas c'est le développement culturel, ou la culture avec une vocation à l'engagement social. J'ai même fait 4 ans d'études dans cette direction dis donc. Mais aujourd'hui comme toi je suis bloquée. Sur le palier "du dessous " celui "néodiplomée" mais sans spécialisation (j'ai été refusée aux masters de direction de projet culturel, c'est un marché hyperconcurrenciel tu comprends) . Et comme dans la culture il y a des postes que pour des cadres spécialisés avec expérience ou des stagiaires, ben cette année je fais stagiaire. Option c'est moi qui l'ai quémandé, ça durera 6 mois, ça devrait être très intéressant mais comme ce sera en mairie je serai pas payée un rond...

..et je vivrai chez papa-maman à Lyon (enfin c'est déjà le cas) c'est à dire un peu nulle part, entre les cartons rapportés de mon appart de Grenoble et ceux de mon année Erasmus en Italie, et beaucoup dans le train qui m'emmene là bas où vit mon copain.

J'ai "seulement" 23 ans et peut-être des chances que cette situation ne dure pas trop. Mais même si j'arrive à faire ce foutu master l'année prochaine, à retrouver une identité d'étudiante quelques temps, j'ai bein peur que la sortie soit toujours la même: intello du dessous , de l'entre pallier, "tellement enthousiaste et pleine d'énergie" [jusqu'à quand] mais un peu paumée quand même.

Alros à défaut de pouvoir t'offrir le pont qui te permettrait de te sentir un peu plus chez toi dans le monde qui nous entoure, je voulais te dire que tu as au moins une petite soeur dans le même cas, et sûrement des centaines d'autres.

Et puis qu'au moins ta façon de raconter ta vie fait naître des sourires, un peu comme quand on écoute certaines chansons. Tu as jamais pensé à envoyer des textes à Jeanne Cheral ou Clarika :) ?

Courage, mamzelle, tu fais bien de perdre du temps à ton blog, c'en est autant de moins dépensé à ce qui te mine vraiment.


L'intello du dessous 24/11/2005 03:38

Waw, quel témoignage! ...
Je suis extrêmement touchée. Merci d'être passée par là, et de m'avoir fait l'honneur de me parler de ce que tu vis.
Ca me fait chaud au coeur d'apprendre que j'ai une petite soeur qui m'a lue et comprise!
Et puis ça me change, moi, l'éternelle petite soeur, l'éternelle "petite stagiaire", d'être la grande pour une fois...
Merci beaucoup et courage; finalement, on leur prouve tous les jours qu'il n'y a pas que le fric dans la vie, mais il s'en faudrait de pas beaucoup pour que le désespoir l'emporte... Alors serrons nous les coudes! Il faut que l'Humanité (avec un grand H) gagne, sinon c'est l'humanité qui va imploser! Et ça serait un énorme gachis... Dans le mouvement de Génération Précaire, j'ai rencontré des trésors , des gens extrêmement intelligents qui ont su ne pas se laisser griser par l'attrait des médias ou des politiques de quelque bord que ce soit, pour soutenir leur revendication jusqu'aux portes du gouvernement, tout en sensibilisant l'ensemble de la population en prouvant que tout est lié. Je les admire et ça m'a fait un bien fou de les rencontrer.  Les Chiennes de Garde aussi m'ont aidée à relever la tête en me faisant confiance, en me lisant et en m'encourageant à ne pas rester isolée face aux problèmes que je rencontrais.
C'est de rencontres comme celles là et de soutiens comme le tien que je vis.

Et à mon grand regret c'est aussi du soutien financier de mes parents, moi qui croyais que faire des études d'ingénieur me permettrait de leur rembourser très vite ce qu'ils ont déboursé pour moi...

Vivement le bout du tunnel, continuons de sortir du fatalisme, et créons, montrons ce qui vaut la peine sur cette terre, les "intellos" en place finiront peut-être par comprendre la ringardise de certaines de leurs théories.

Mais quand je vois les forums des 12-20 ans, j'ai très peur de ce que va donner la désespérance qui se développe chez eux, enfermés devant leurs PC, dénigrant l'action collective ou craignant de se griller en disant ce qu'ils pensent vraiment, quand ils ne sont pas tout simplement dans le culte de la violence aveugle.

Toi aussi t'es la grande soeur de ces jeunes-là, alors faut pas lâcher pour redonner du sens à la vie. J'espère que tu auras les moyens de faire ce que tu souhaites dans la culture, c'est une richesse non comptabilisée dans le PNB, mais qui est loin d'être nulle!!
;-)
J'avais tenté de donner un coup de pouce à  une troupe de théatre qui ne trouvait pas de lieu de représentation en leur écrivant un article sur le site des Chiennes de Garde (http://chiennesdegarde.org/article.php3?id_article=386) . Mais mon dieu, tout l'espace féministe était occupé par les monologues du Vagin, on ne les trouvait pas dignes de remplir une salle. J'espère qu'elles ont réussi malgré tout à faire passer leur message...

Désolée de m'étendre, mais je voudrais seulement qu'on mesure la richesse des jeunes précaires, stagiaires ou autres; on fait une grosse erreur en les maintenant en dehors de la société!

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