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Comme une machine qui consommerait un maximum de pétrole uniquement pour entretenir sa surchauffe, l'intello du dessous consomme un maximum de facultés intellectuelles pour entretenir sa capacité à surmener son cerveau... en pure perte. Un pur produit de la société de surinformation dans laquelle on patauge...

Aujourd'hui j'ai décidé que tout ça allait sortir, et que je ferais connaître à  d'autres cerveaux surmenés et improductifs le chaos de mes pensées. Ca me fend un peu le coeur d'ajouter au flot d'informations inutiles qui circulent sur le net, mais il paraît qu'un être humain doit s'exprimer pour vivre, il paraît qu'il faut partager ses pensées pour qu'elles ne restent pas vaines. Alors bien sûr, cette décision tiendra jusqu'à ce que la somme d'informations que j'ingurgite chaque jour ne submerge la ressource mémoire où est née l'idée de ce blog, mais ne désespérons pas. Peut-être que le Bouddha qui veilla sur mon berceau me donnera la faculté d'entretenir mon jardin...

 

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12 juillet 2007 4 12 /07 /juillet /2007 18:33
Cet article qui parle des jeunes japonais qui commencent à se rebeller me parle étrangement. 
Guillaume, qui me l'a envoyé par mail, mettait en introduction: "Mêmes causes, mêmes effets: la Terre est ronde". Je ne dirais pas mieux.
Courrier International:

Dossier / japon : La jeunesse se rebelle

Les premières bourrasques de la colère

Excédés par leurs conditions de vie déplorables, de nombreux jeunes ont décidé de ne plus se laisser faire. Ils défilent en faisant du bruit mais sans violence.

En janvier 2007, un garçon de 20 ans a été arrêté pour n'avoir pas payé ses consommations dans un café manga [lieu ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre, où les clients peuvent venir lire des mangas et surfer sur Internet], où il avait passé trois jours. Il avait en tout et pour tout 15 yens [10 centimes d'euro] en poche. Il était entré dans l'établissement pour se protéger du froid et n'avait mangé en trois jours qu'un plat du jour et une assiette de frites. L'employé d'un autre café manga m'a raconté qu'une fois un client était resté une semaine et que, pendant ce temps, il n'avait rien consommé en dehors de quelques boissons. Craignant qu'il ne meure de faim, l'employé avait prévenu la police pour qu'il soit placé sous la protection des autorités. Dans un Japon censé connaître la plus longue période de prospérité depuis la dernière guerre, comment expliquer ce genre de situation ? Cette réalité nous fait comprendre que, pour de nombreux jeunes, ce pays est devenu un champ de bataille, où ceux-ci essaient tant bien que mal de survivre dans la misère et la précarité.
La longue période de récession a détruit le fondement même du travail. Au cours de la dernière décennie, de nombreux jeunes, qui n'ont pas trouvé d'emploi stable, sont devenus freeters [néologisme forgé à partir de l'anglais free et de l'allemand Arbeiter, désignant une personne vivant de petits boulots], étiquette dont ils ont le plus grand mal à se défaire. Il faut savoir que seulement 1,6 % des entreprises souhaitent recruter des freeters. Même ceux qui ont la chance de décrocher un emploi régulier se retrouvent dans des entreprises où l'on considère comme normal que le travail de dix personnes soit effectué par
seulement trois et où le nombre de morts par excès de travail [karoshi], suicides et troubles mentaux provoqués par le surmenage n'est pas près de diminuer. Quant à ceux qui, attirés par un salaire horaire de plus de 1 000 yens [6 euros], travaillent en tant qu'intérimaires dans l'industrie, il ne leur reste guère plus d'une centaine de milliers de yens une fois qu'ils ont payé leur loyer et leurs factures de chauffage ou d'électricité. Quel que soit leur statut - salarié régulier, intérimaire ou freeter -, les jeunes ne peuvent plus vivre en toute stabilité. Dans le même temps, ceux qui n'ont pas d'emploi, à
l'instar des NEET [Not in education, employment or training] ou des hikikomori [jeunes qui se replient sur eux-mêmes et vivent en reclus], se voient accablés de reproches. Pourtant, en les accusant d'être des enfants gâtés ou des fainéants, leurs aînés font preuve d'une grande ignorance à leur égard. Il est évident que, si la vie des jeunes est devenue aujourd'hui à ce point précaire, cela n'a rien à voir avec un problème psychologique personnel ou avec leur volonté, mais cela est dû au désir malsain des entreprises, qui veulent continuer à profiter d'une main-d'OEuvre jetable qui leur permet de rester compétitives à l'échelle internationale.

Travailler toujours plus pour vivre comme tout le monde

Toutefois, la colère de ces jeunes ne prend pas pour cible la société. Envoûtés par l'expression "Chacun est responsable de son sort" [à la mode depuis quelques années], ils reportent la faute sur eux-mêmes - et se punissent en s'automutilant, ou en mettant fin à leur vie. Depuis 2002, la première cause de décès des jeunes âgés de 20 à 39 ans est le suicide. N'est-ce pas la preuve que la société ne cesse de leur envoyer le message : "Bons à rien, disparaissez au plus vite" ? Dans ces conditions, comment ces jeunes peuvent-ils reprendre ce qui leur a été volé, le simple droit d'exister sans condition préalable ? Une
des réponses réside dans les activités du groupe Grande Fronde des pauvres, soutenu par un grand nombre de jeunes défavorisés de la capitale, qui tente tous les jours de multiples expériences dans le quartier de Koenji. "Aujourd'hui, la société est devenue folle. La rémunération des petits boulots ne cesse de baisser et, de ce fait, il faut travailler toujours plus pour vivre comme tout le monde. Comme il y a pénurie de travail, les entreprises en profitent pour nous exploiter toujours davantage. [...] En y réfléchissant bien, notre situation est absurde : les jours ouvrables, nous sommes exploités pour des salaires de misère et, les jours de congé, la société de consommation engloutit notre argent. Bref, nous, les bons à rien, ne sommes-nous pas condamnés à la paupérisation ? [...] Dans cette situation, il ne nous reste plus qu'à entreprendre la grande fronde des pauvres, à faire voler en éclats cette vie normale qui nous voit obéir à la société.

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commentaires

Chevillette 17/07/2007 23:25

Eh oui,Les japonais ont détruit le modéle ancien de l'emploi à vie et du dévouement à l'entreprise-mére, ils ont choisi (comme les occidentaux) le modéle de la flexibilité et du suivisme vis-à-vis des toutes puissantes entreprises, au nom de la sacro sainte "compétitivité".Il en résulte donc (comme par chez nous), chômage de masse et des jeunes....CQFD, la boucle est bouclée

Mimy 15/07/2007 08:29

Le problème du Japon est qu'il est déchiré entre ses aspirations vers l'Occident et ses traditions asiatiques. Les sociétés asiatiques ont toujours accordé une valeur suprême au travail, jusqu'à renier les plaisirs individuels. Contrairement à l'Occident, en Asie l'intérêt collectif prime sur l'individu. Il faudrait déjà changer cette mentalité, car c'est en effet culpabilisant de se sentir "inutile" à la société, les gens se remettent en cause sans accuser le système social dans lequel ils vivent.

zab 14/07/2007 09:44

Moi, la question que je me pose par rapport à cet article, c'est "qu'"ont-ils déjà fait pour dénoncer, remédier, faire prendre conscience aux jeunes de cet état de chose ?"

Eric 13/07/2007 22:22

Très intéressant (mais déjà le Monde diplo a publié un article "similaire")et pourtant je me demande si on n'a pas affaire là à un concentré d'idéologie...Cet article veut trop démontrer et ne montre pas assez.Trop noir!

Aldo Reset 13/07/2007 09:41

Les "arbeito" est le nom donné par les japonnais aux petits boulots. En 1996 j'étais à Tokyo, et j'ai vu de ces nombreux "arbeito" : - En gare souterraine de métro, un homme dans une cabine qui récite ,à chaque arrivée de métro les correspondances possibles, toute la journée.- Un jeune femme, "groom" dans un ascenseur dont le magasin était composé de 2 étages seulement (le RDC et le 1er). Et elle passait la journée entière à appuyer sur les 2 boutons et elle annoncait les articles que l'on pouvait trouver sur l'etage en question.- Un chantier le long d'une route, un chemin protegé par une cage permettait le passage des piétons, il fallait attendre la venue d'un vieux monsieur qui vous escortait le long de ce passage de 5m de long. J'avais fait l'erreur de passer par moi-même n'ayant pas remarqué la signalisation m'indiquant la présence de ce monsieur et j'ai eu le droit à une belle engueulade de sa part, il en était très vexé......A cette époque les jeunes japonais que je fréquentais trouvaient cela bien et normal. De mémoire, il y avait eu le premier scandale local dans la presse car on venait de retrouver mort de froid et de faim un homme ,sans travail, dans sa voiture.A part cela, c'est une très belle ville et un très beau pays. Et les japonais sont très accueillant envers les européens.

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