Comme une machine qui consommerait un maximum de pétrole uniquement pour entretenir sa surchauffe, l'intello du dessous consomme un maximum de facultés intellectuelles pour entretenir sa capacité à surmener son cerveau... en pure perte. Un pur produit de la société de surinformation dans laquelle on patauge...

Aujourd'hui j'ai décidé que tout ça allait sortir, et que je ferais connaître à  d'autres cerveaux surmenés et improductifs le chaos de mes pensées. Ca me fend un peu le coeur d'ajouter au flot d'informations inutiles qui circulent sur le net, mais il paraît qu'un être humain doit s'exprimer pour vivre, il paraît qu'il faut partager ses pensées pour qu'elles ne restent pas vaines. Alors bien sûr, cette décision tiendra jusqu'à ce que la somme d'informations que j'ingurgite chaque jour ne submerge la ressource mémoire où est née l'idée de ce blog, mais ne désespérons pas. Peut-être que le Bouddha qui veilla sur mon berceau me donnera la faculté d'entretenir mon jardin...

 
Jeudi 14 décembre 2006
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Classement des dix plus fortes rémunérations des dirigeants du SBF 120 en 2005
LEMONDE.FR | 13.12.06 | 15h54  •  Mis à jour le 13.12.06 | 16h26
  1.  

    1. John Schwarz - Directeur général de Business Objects
    26,38 millions d'euros. Sont compris les salaires, les avantages en nature, les jetons de présence, et la valorisation des stock-options et des actions gratuites attribuées, en données brutes. Source : Proxinvest.
  2. 2. Lindsay Owen-Jones - PDG de L'Oréal
    24,97 millions d'euros.
  3. 3. Bernard Arnault - PDG du groupe LVMH
    12,98 millions d'euros.
  4. 4. Antoine Zacharias - Ancien PDG de Vinci
    11,77 millions d'euros.
  5. 5. Bernard Charlès - Directeur général de Dassault Systèmes
    11,71 millions d'euros.
  6. 6. Henri de Castries - Président du directoire du groupe Axa
    10,13 millions d'euros.
  7. 7. Arnaud Lagardère - Gérant du groupe Lagardère SCA
    9,81 millions d'euros.
  8. 8. Jean-Bernard Lévy - Président du directoire du groupe Vivendi Universal
    6,04 millions d'euros.
  9. 9. Jean-François Dehecq - PDG du groupe Sanofi Aventis
  10. 5,86 millions d'euros. 

    10. René Zingraff - Ancien gérant du groupe Michelin
    5,75 millions d'euros.

Que des gros fournisseurs de stages!!

Question pour les matheux: combien de stagiaires à 300 euro le mois peut-on embeucher avec 1% du salaire de Mr Schwarz?
par L'intello du dessous publié dans : Responsabilité Sociale des Entreprises
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Lundi 4 décembre 2006
Ah ben tiens, en parlant des plafonds de verre que les femmes s'imposent d'elles-mêmes....


http://www.liberation.fr/rebonds/219492.FR.php
Par Esther DUFLO
QUOTIDIEN : lundi 27 novembre 2006
Esther Duflo est économiste, professeure au Massachusetts Institute of Technology (MIT).




Une expérience plutôt intéressante...


Est-ce les femmes elles-mêmes (en dehors de quelques exceptions importantes) qui, plus que les hommes, préfèrent éviter les situations où elles se trouveraient en compétition ? Une expérience réalisée auprès d'étudiants de l'université de Pittsburgh le suggère : les participants sont payés pour résoudre des additions (ils doivent additionner cinq nombres de deux chiffres). Au premier tour, ils sont payés 50 cents par addition juste. Le deuxième tour est un tournoi avec un autre étudiant : l'étudiant qui résout le plus d'additions est payé 2 dollars par addition juste, tandis que celui qui en résout moins n'est pas payé. Enfin, au troisième tour, ils peuvent choisir leur mode de rémunération (à la pièce, comme au premier tour, ou tournoi, comme au deuxième tour), sans savoir à l'avance qui sera leur adversaire. Filles et garçons sont également doués pour résoudre les additions. Aussi bien les filles que les garçons sont motivés par le tournoi et résolvent nettement plus d'additions au deuxième tour. Mais, au troisième tour, 73 % des garçons choisissent le tournoi, contre seulement 35 % des filles. Les garçons ont tendance à choisir le tournoi trop souvent : un certain nombre des plus faibles, qui gagneraient plus à la pièce, choisissent néanmoins le tournoi. Les filles ne le choisissent pas assez souvent : deux tiers des filles les plus fortes, qui gagneraient plus en tournoi, choisissent le paiement à la pièce, et se mettent donc délibérément hors jeu. Les auteurs de l'étude attribuent cette différence en grande partie au fait que les garçons ont davantage confiance en eux que les filles, et ont même tendance à surestimer leurs capacités. La modestie des filles leur coûte cher : au final, les filles gagnent nettement moins que les garçons dans un jeu pour lequel elles sont tout aussi compétentes.


et des rôles sociaux qui pèsent plus lourds qu'on ne pense:

 
Si les femmes sont implicitement associées à la sphère privée et à la position dominée, les femmes dirigeantes font face à un double handicap : soit elles se conforment à l'idéal traditionnel féminin, auquel cas elles ne peuvent pas être perçues comme des leaders compétents ; soit elles se conforment à l'idéal du leader, auquel cas elles sont pénalisées pour ne pas correspondre à l'idéal traditionnel de la femme («Qui va garder les enfants ?»). C'est la théorie du backlash (choc en retour), dont de nombreuses expériences ont montré la pertinence : ainsi, quand les sujets doivent choisir un leader parmi différents caractères (hommes et femmes ambitieux ou effacés), les personnages féminins «ambitieux» sont-ils rejetés par la plupart des sujets, alors que les hommes ambitieux, eux, sont plébiscités.

Cette «cage de verre» est une construction subtile, faite de préjugés et renforcée par les défenses que les femmes elles-mêmes adoptent pour s'en protéger.

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D'ailleurs, maintenant que j'y pense, je n'ai pas besoin de chercher très loin un exemple de conditionnement à la non-compétition pour les femmes. Sur les murs de ma chambre de gamine et d'adolescente, il y avait un de ces petits cadres tous mignons sur lesquels on décrit les traits de caractères soi-disant propres à un prénom.  Sur le mien on pouvait lire ceci:

Les Séverine sont charmantes et jolies. Leurs capacités intellectuelles les placent en concurrence avec les hommes. Elles s'effacent alors, car elles sont très féminines.

Je ne sais pas combien de fois j'ai pu lire ce texte, mais suffisamment pour que ça me rentre dans le crâne et me fasse comprendre que mes principales qualités étaient d'être charmante et jolie, et que malgré ces satanées facultés intellectuelles, je saurais rester féminine, c'est à dire m'effacer.

Je fais ça très bien, m'effacer. J'ai même été jusqu'à ne pas réussir à postuler en tant qu'ingénieur parce qu'il y avait sûrement des gens (dans ma tête; des garçons) bien plus qualifiés que moi qui seraient pris à ma place et que ce n'était pas la peine.

Il faut dire qu'un peu plus tôt, à un moment où je prenais plus confiance en moi, je me suis vue rétorquer sur une vague phrase du genre "plus tard, mes enfants..." ; "-plus tard t'auras pas d'enfants, t'es une arriviste". Ouuuaaaiiis, bien sûr, sur le ton de la plaisanterie , mais je vous jure que j'avais rien fait pour avoir l'air d'une arriviste. En tout cas, ça refroidit un peu les ambitions. Et je passe les multiples interrogations sur "les femmes qui font carrière font-elles peur aux hommes?" (dans les mags féminins) "Femmes en entreprise: comment concilier vie professionnelle et vie personnelle?" Autant de questions qui sous-entendent rien qu'en les posant que non c'est pas gagné pour une femme qui réussit d'avoir un mec ou de fonder une famille. En gros, une espèce d'invitation subliminale à choisir entre la carrière et la féminité.

On dirait bien que ça m'a tellement gonflée que pour l'instant  j'ai choisi ni l'un ni l'autre...


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J'avais pourtant  fait l'effort de ne pas aller dans le sens du vent en faisant une école d'ingénieurs, mais c'est tellement difficile de se projeter dans un milieu si majoritairement masculin que j'ai pas réussi à transformer l'essai... J'ai trouvé quelques chiffres intéressants sur les différences d'orientation en cours de scolarité pour les garçons et les filles:

http://media.education.gouv.fr/file/82/6/1826.pdf

par L'intello du dessous publié dans : Féminisme
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Dimanche 3 décembre 2006

JT de France 3 du dimanche 3 décembre

Je sais que j'ai sûrement tort d'écrire ça, mais là je ne peux pas me taire.
J'ai fait très attention au début à ne pas tout mélanger, à ce qu'on ne prenne pas ma parole pour celle de Génération Précaire sous prétexte que j'avais un blog personnel où je parlais aussi de Génération Précaire, j'ai toujours essayé de respecter le travail d'orfèvre qui était fait par l'ensemble du groupe pour que personne ne se sente trahi dans l'image qui était véhiculée par les médias ou ailleurs. Il a même fallu savoir dire non à des politiques estimés par certains d'entre nous pour respecter la neutralité politique du collectif, pour montrer que le problème des stages était au dessus des logiques partisanes et devait être pris en main par tous.
Mais là, je suis écoeurée et je ne peux plus le cacher.

J'en ai marre des journalistes et de leurs simplifications stupides.
J'en ai marre qu'ils piétinent ce qui nous tient à coeur pour que ça rentre dans leur format de JT ou qu'ils transforment la vérité pour la rendre plus vendeuse.

L'action du collectif "Génération Précaire", a abouti à une loi et un décret, mais a aussi abouti à une prise de conscience impensable ne serait-ce qu'un an auparavant: la  conscience que le travail, même d'un étudiant en stage, ne peut pas être utilisé gratuitement par une entreprise. Et ce n'est pas l'action d'une ou deux personnes.

Seulement les gens aiment trop réduire les choses à une seule personne, à un porte parole. C'est là que nous surprenions; plusieurs porte-paroles, d'origine et d'opinions politiques différentes, se relayaient pour dénoncer le problème des stages. Non, ça ne concernait pas que les professions culturelles ou journalistiques, des juristes venaient parler de leurs stages-exploitation. Non ça ne concernait pas que les parisiens, des collectifs se créaient partout en France. Non, ça ne concernait pas que les bac+x, des apprentis parlaient de la concurrence qui apparaissait parfois entre apprentis et stagiaires de bac pro.

Et ce soir je découvre que Génération Précaire et Jeudi noir, c'est la même chose. Je vois un titre "jeudi noir" surmonté d'une photo de la manif des stagiaires.
Que certains d'entre nous, grisés par les flash-mobs et le pouvoir de communiquer aux médias en aient profité pour créer un autre collectif porté sur le logement (que je ne juge pas sur le fond d'ailleurs) est une chose. Réduire tout cela à un seul et même mouvement, c'est intellectuellement malhonnête et déloyal.

En tant que féministe aussi ça me fait bondir. Vous ne trouvez pas ça étrange qu'une manif de stagiaires à laquelle j'ai participé le 1er novembre 2005 ait regroupé en grande majorité des femmes, et qu'aujourd'hui on nous présente deux hommes comme les instigateurs du mouvement? Cathy et toutes les autres, qui se sont occupées des relations à la presse, du courrier aux sympathisants qui rejoignaient le mouvement, qui ont planché sur les textes juridiques à soumettre aux assemblées, etc. ont disparu du paysage médiatique. A voir le sujet de ce soir, il ne reste plus que Leïla, en retrait, et les éternels propriétaires de la parole, Lionel et Julien. Qui aurait imaginé que le plafond de verre pour les femmes existe aussi au sein de Génération Précaire? Mais c'est logique, que voulez-vous. Il y a celle qui portel'initiative d'un livre de témoignages, dirige la rédaction, les relations avec la maison d'édition, coache les écrivains et finit par en laisser le bénéfice à une association officiellement représentée par trois hommes. Il y a celle qui manage une équipe juridique, rédige des textes, épluche les textes de loi, et finit par quitter le mouvement, écoeurée par le "marketing politique" qui plaît tant à ceux qui parlent mieux et surtout plus fort que les autres. Il y a celle qui gère les relations média pendant 6 mois et finit par lacher l'affaire parce que c'est difficile à vivre, un téléphone portable qui sonne toutes les dix minutes, de 7h du matin à 11h du soir et qu'elle en a assez qu'on lui demande des témoignages larmoyants. Il y a celle qui répond avec humanité à tous les mails reçus et veille à ce qu'aucun étudiant travaillant sur les stages et  demandant l'aide du collectif ne soit oublié et qui retourne à ses propres études à elle parce qu'elle est en train de mettre son diplome en péril. Bien sûr il y a aussi des hommes qui travaillent dans l'ombre, et sont moins entendus parce que leur voix porte moins , parce qu'ils sont moins charismatiques, et aussi parce qu'ils sont moins à l'aise avec le bluff.

Mais c'est la dure loi de la vie. Il y a ceux qui se mettent en avant et ceux qui travaillent dans l'ombre , ça a toujours été le cas. J'ai retrouvé nombre de fois dans les réunions de Génération Précaire des comportement évoqués par les sociologues de genre. Des hommes qui dirigent la parole, des femmes qui veulent garder l'anonymat (moi-même ici présente), des femmes pour qui tout doit être parfaitement préparé pour qu'on n'ose même évoquer un sujet et des hommes que l'approximation ne dérange pas du tout, qui n'ont aucune honte à envoyer un communiqué de presse rédigé en 10 minutes. Nous avions besoin des deux, je ne suis pas en train de rejeter une attitude plutôt qu'une autre. Ce que je rejette, c'est la disparition de certains aspects dans ce que je reçois aujourd'hui dans le journal télévisé. L'image des stagiaires masqués de blanc était trop belle pour qu'on ne la réutilise pas pour présenter le collectif Jeudi noir. Soit. Quelques-uns du collectif jeudi noir ont aussi fait partie et font encore partie du collectif Génération Précaire. Soit. Mais on oublie que la mise en scène -qui a tant plu lorsque le collectif Génération Précaire a attiré l'attention des journalistes- était parfois violamment rejetée par ceux qu'on présente aujourd'hui comme les initiateurs du mouvement.
Lionel et Julien n'auraient pas eu accès aux médias sans les idées jugées loufoques de Cathy, le coup de gueule de Cathy ne serait pas arrivé devant le parlement sans l'audace de julien et  le pragmatisme de lionel. Soit. Les trois n'auraient pas fait grand chose sans la partcipation, le soutien, l'enthousiasme, la rage, de tous les autres.
C'est pourtant pas compliqué! Un collectif,  c'est un collectif.

Et ce n'est pas parce qu'on retrouve des gueules qu'on a déjà vues dans un collectif Jeudi noir  qu'il faut croire que Jeudi noir c'est Génération Précaire.

RAaaaah, cette soupe médiatique est de plus en plus écoeurante.






par L'intello du dessous publié dans : Génération Précaire
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