Comme une machine qui consommerait un maximum de pétrole uniquement pour entretenir sa surchauffe, l'intello du dessous consomme un maximum de facultés intellectuelles pour entretenir sa capacité à surmener son cerveau... en pure perte. Un pur produit de la société de surinformation dans laquelle on patauge...

Aujourd'hui j'ai décidé que tout ça allait sortir, et que je ferais connaître à  d'autres cerveaux surmenés et improductifs le chaos de mes pensées. Ca me fend un peu le coeur d'ajouter au flot d'informations inutiles qui circulent sur le net, mais il paraît qu'un être humain doit s'exprimer pour vivre, il paraît qu'il faut partager ses pensées pour qu'elles ne restent pas vaines. Alors bien sûr, cette décision tiendra jusqu'à ce que la somme d'informations que j'ingurgite chaque jour ne submerge la ressource mémoire où est née l'idée de ce blog, mais ne désespérons pas. Peut-être que le Bouddha qui veilla sur mon berceau me donnera la faculté d'entretenir mon jardin...

 
Dimanche 27 novembre 2005

J'ai reçu un mail de Louna, une fille de Génération Précaire avec qui j'avais une amie commune avant même que le collectif ne soit lancé... (le monde est petit parfois...)
Elle avait accepté de faire pour France Inter son journal radiophonique; donner son impression sur ce mouvement de stagiaires, donner la parole à son entourage, etc..



J'ai donc appris qu'une partie du témoignage que j'avais laissé dans son micro avait été diffusé; mais l'ensemble de l'émission me laisse un goût très amère. Voilà, si nous avions besoin de preuve nous le savons à présent: il ne suffit pas d'être consciencieuse, travailleuse, volontaire pour y arriver dans la vie.
On est dans une belle merde toutes les deux! Enfin j'espère qu'elle en sort...
Autant ce mouvement m'a donné des ailes au début, autant je ne sais plus qu'en faire... Rencontrer d'autres personnes dans le même cas et des personnes qui trouvaient notre combat légitime m'avait galvanisée. Mais maintenant... ?
Je suis juste épuisée par tout ça, et mon stage se termine... je n'ai pas vu le temps passer, j'avais un projet pour continuer à faire ce qui me semble important , mais je me heurte à tellement de frilosité; est-ce que j'ai vraiment le courage de convaincre, de croire que je peux changer les choses?

J'ai la crève, je n'ai plus de patience, j'ai failli aller au clash avec le chef de mon responsable de stage vendredi en lui disant que les seuls comptes que j'avais à rendre étaient à mon responsable de stage et que je vivais mal qu'il relise chaque ligne que j'écrivais (sous entendu "alors qu'il ne s'y connaît pas plus que moi)... Faut être honnête, je ne suis pas dans de bonne conditions pour négocier.. On m'a proposé de l'interim pour trois mois; je devrais sans doute me réjouir mais est-ce que ça m'avance vraiment  d'avoir un horizon bloqué à fin février?  C'est fou,  je n'ai aucune envie d'accepter; j'ai envie de les pousser à reconnaître que je suis là en tant que consultante, que l'interim dans mon cas ne veut rien dire, que je ne remplace personne, j'ai envie de leur faire payer le prix juste pour ce que je fais,  ou de disparaître sans rien transmettre de mon travail, les forçant à prendre un conseil qui leur coûterait bien plus cher que le mien . Suicide symbolique?..
par L'intello du dessous publié dans : Moi et ma petite vie...
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Vendredi 25 novembre 2005
Je vous avais parlé de cette conférence à l'Assemblée Nationale à l'initiative du collectif "de l'Ethique sur l'Etiquette."

En voici le compte rendu sur leur site.

http://www.ethique-sur-etiquette.org/docs/Debat_AssembleeNationale-051114.pdf

Ce qui n'y apparaît pas, et qui avait pourtant été signalé par une des syndicalistes françaises, c'est le montant qu'a touché l'ancien PDG de Carrefour en partant, qu'il était dramatiquement risible de comparer aux 15 500 euros qui ont grâcieusement été envoyés à une ONG sensée venir en aide aux victimes et aux familles de ceux qui ont perdu la vie. Un homme quitte la tête de Carrefour, on l'indemnise à hauteur de sommes que je ne peux même pas me représenter. 64 hommes et femmes meurent au travail, on n'accorde quasiment  rien à leurs familles pour faire face.  C'est ça "tous les hommes naissent libres et égaux en droit"...
par L'intello du dessous publié dans : Responsabilité Sociale des Entreprises
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Jeudi 24 novembre 2005
Merci à tous ceux qui sont venus nous rejoindre aujourd'hui, pour la première grève unitaire des travailleurs de l'ombre que sont les stagiaires.
Ils n'aparaissent ni dans les chiffres du chomage, ni dans le chiffre des RMIstes (sauf ceux qui comme moi refusent qu'on leur assène le statut d'étudiant alors qu'ils ne cherchent qu'un moyen de s'insérer dans le monde du travail), ni dans les travailleurs. Parfois, eux-mêmes ne savent plus trop ce qu'ils sont, c'est le flou... Etudiant? Chomeur? En recherche d'emploi? Petite main?
La seule chose sûre c'est qu'ils ont rarement un revenu décent (la plupart inférieur au RMI! ) , la seule chose sûre c'est qu'ils sont précaires, et que quand on les rencontre au cours des différents rendez-vous fixés aujourd'hui dans toute la capitale, ils nous disent merci d'avoir osé parler, et merci d'avoir réussi à rassembler des jeunes isolés et plutôt honteux de leur situation; tantôt privilégiés qui se permettent de faire ce qui a un sens pour eux parce que leurs parents ne les ont pas encore complètement reniés, tantôt losers qui n'ont même pas été capables de trouver un VRAI travail. Ce qui est sûr, c'est que ce non-statut leur pesait, et qu'il a fallu qu'ils soient nombreux pour oser sortir du mutisme... 
Le plus important finalement , c'était de relever la tête.

Mais ça ne suffira pas! Nous ne voulons plus que des jeunes se sentent tellement désespérés qu'ils acceptent de vendre leur temps, leur énergie, leur créativité, et parfois aussi leur santé psychologique (j'ai été frappée du nombre de témoignages de "craquages", de journées de stages qui finissent en larmes...) pour presque rien!
TOUT TRAVAIL MERITE SALAIRE
C'est le maître mot! Et nous l'avions presque oublié dans cette jungle qu'on nous a enseigné à trouver naturelle... Le seul but était de prouver notre valeur, de se "forger une expérience" dans l'espoir d'atteindre le boulot, le vrai!  Mais ce boulot nous ne l'atteignons jamais, à l'image de la marelle que nous avons dessinée sur le parvis de la Bastille ; toujours, cette case qui revient "vous avez beaucoup de qualités mais.... nous n'avons pas de poste à pourvoir, un autre stagiaire est prêt à prendre votre place, vous nous coûteriez trop cher, vous comprenez, vous avez des diplomes..." Alors qu'est-ce qu'on fait ? On quémande un autre stage?? On part chercher un vrai travail au risque de devoir justifier le trou honteux qu'on remarquera forcément sur notre CV? (les petits boulots, bien sûr, ça ne compte pas...)
On décide de faire carrière chez MacDo, en sachant qu'il y a des besoins pour ce qu'on sait faire, mais qu'ils trouveront toujours un stagiaire pour se donner corps et âme, alors qu'un salarié, vous comprenez, ça s'encroûte, ça se marie, ça fait des enfants, ça ne travaille plus jusqu'à des heures indues..?

Nous voulons un vrai statut pour les stagiaires. En tout cas, à moi, une charte ne me suffira pas. Il me suffit de relire le Pacte Mondial, que tant de grandes entreprises ont signées, ça ne m'empêche pas de voir en quoi elles font peu d'effort pour l'honorer. Les entreprises adorent le droit mou (ça fait mieux en anglais: "soft law"), et c'est souvent pour ne surtout pas le respecter, mais se glorifier de la moindre initiative éthique...
Les entreprises ont une responsabilité sociale; si elles l'ont oublié, c'est à la loi de leur rappeler. N'en déplaisent à tous ceux qui m'ont enseigné le "développement durable" mou pendant ma dernière année d'études... Le droit mou, ça donne des contrats de travail mous = des conventions de stage, des salaires mous = des indemnités si faible qu'elles ne permettent même pas de payer un loyer....

Nous ne les laisserons pas nous endormir !


Déclaration des droits du stagiaire

 

 

24 novembre 2005

 

 

Les membres du collectif Génération précaire, constatant une détérioration des conditions de vie du stagiaire et la non reconnaissance de leur travail ont résolu d’exposer, dans une déclaration solennelle, les droits du stagiaires afin qu’ils soient transposés dans une loi :

 

 

Article 1er
Le stagiaire tout comme le salarié doit bénéficier des droits élémentaires garantis par le code du travail.

 

 

Article 2
Le stage doit retrouver sa vocation pédagogique et assurer l’insertion professionnelle et sociale du jeune.

 

 

Article 3
Aucun stage ne doit constituer un emploi déguisé. A cette fin, sa durée doit être limitée.

 

 

Article 4
Tout travail méritant salaire, aucun stagiaire ne doit fournir un travail sans être justement rémunéré.

 

 

Article 5
Le stagiaire doit avoir pouvoir participer à la solidarité nationale en cotisant aux charges sociales. Son employeur également.

 

 

 

 

Article 6
Les entreprises doivent cesser d’avoir recours abusivement à des stagiaires. Elles doivent limiter leur nombre et leur assurer un tutorat adéquat. 

 

 

Article 7
Les entreprises doivent respecter un délai entre deux périodes de stage sur le même poste.

 

 

Article 8
Les organismes de formation sont responsables et se doivent de contrôler que les conventions qu’ils délivrent ne peuvent donner lieu à des dérives.

 

 

Article 9
Une étude doit être engagée pour mettre en lumière l’impact du stage sur le marché de l’emploi.

 

 

Article 10
Les propositions citées ont vocation à être reprises dans le code du travail.

 









par L'intello du dessous publié dans : Le monde du travail, ou du non travail...
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Mardi 15 novembre 2005
On entend tout et n'importe quoi sur les féministes... Chiennes de garde est devenu un symbole des féministes "qu'on n'aime pas"; celles qui cherchent la petite bête, celles qui veulent censurer, celles qui n'aiment pas qu'on parle de sexe, etc, etc... J'en ai entendu des vertes et des pas mûres; j'ai même mis un certain nombre d'années (au moins quatre :-) ) à oser me dire féministe. Et encore... je dis que je "fais partie d'une association féministe" (ou de femmes, selon le degré de féminisme que je sens chez mon interlocuteur.... ), mais je ne cite pas le nom qui fait bondir!! :-D

Mais finalement, qu'est-ce qu'elles font de mal, les Chiennes de Garde? Elles demandent le respect pour les femmes, elles demandent qu'on ne se fasse pas traiter de tous les noms sous prétexte qu'on est une femme, elles demandent qu'on cesse de réduire les femmes à des objets sexuels. Finalement, c'est un peu ce que souhaite toute femme normalement constituée... et tout homme qui n'est pas désespérément anti-féministe.

Quand je suis arrivée en école d'ingénieurs et que la seule chose que savaient me dire les anciens c'était "t'es bonne", je trouvais difficile de me faire des amis... Quand on racontait dans mon dos que j'allumais les mecs dès que je parlais plus de cinq minutes avec l'un d'eux (faut avouer quand même qu'il y avait quatre mecs pour une fille dans cette école; fatalement, ça m'est arrivé..!), je me demandais si c'était possible de simplement communiquer... Mais à ce moment-là, je trouvais juste que l'ambiance n'était pas terrible, et je me demandais ce que je faisais de mal pour qu'on me perçoive comme ça. Perplexité devant le mirroir le matin; est-ce qu'on va me trouver trop sexy? Est-ce qu'on va trouver que j'ai l'air d'une gamine? (coincée? intello? trop sérieuse? cochez la case correspondante...). Comment je pourrais faire pour n'avoir l'air ni d'une "salope" ni d'une "coincée du cul" ? J'ai fini par devenir une fille mystérieuse et lointaine, snobant tout le monde, simplement par incapacité à trouver quelle attitude adopter.. C'était finalement le meilleur moyen de ne pas montrer que les blagues salaces sur les autres filles ne me plaisaient pas trop et de ne pas prêter le flan aux blagues salaces sur ma propre personne...en tout cas de ne pas être obligée de les écouter!

Tomber sur le livre "Métro Boulot Macho" m'a permis de sortir de cette position intenable; j'ai enfin compris ce qui clochait!! Ce qui clochait, c'était cette image hypersexualisée qu'on me collait, en tant que rare fille dans un milieu d'homme. Ce qui clochait, c'est que je ne pouvais pas sortir de ce rôle de défouloir pour mecs post-adolescents un peu frustrés , j'étais soit la "putain", soit la "frigide", mais il m'était tout simplement impossible d'être simplement un être humain, et d'être perçue autrement qu'à travers le prisme déformant du "baisable"/"pas baisable". C'était invivable quoi! Chacune trouve sa réponse à cela; certaines s'accomodent très bien d'attirer tous les désirs, d'autres se renferment en petits groupes de copines. Je n'ai pas réussi à me cantonner dans un de ces deux rôles; trop timide et immature pour assumer d'être "sexy", trop attirée par les hommes pour les ignorer complètement, et incapable de me caser une bonne fois pour toute dès le début, meilleur moyen de régler le problème de son image dans le groupe.
Il a fallu que je navigue d'une image à une autre, d'un rôle à un autre, avant de réussir à simplement me montrer telle que j'étais; il a surtout fallu que je mette dans ma poche ma susceptibilité, et que je comprenne que sortir des stéréotypes m'exposait fatalement à des crispations et des attaques... Comprendre tout ça a été ma libération à moi; je pouvais enfin remettre dans un cadre général mon cas particulier; je ne portais plus seule la responsabilité de mes relations difficiles avec cet entourage  (milieu traditionnellement masculin, et dont toutes les représentations font référence à un temps où les femmes n'avaient pas encore mis le pied dans les grandes écoles).
Loin de me braquer contre ce "monde de machos", ça m'a permis de faire la part des choses entre les archaïsmes qui subsistent chez tous les individus (hommes et  femmes) et les capacités d'adaptation de chaque personne. Je n'avais plus à défendre mon image contre un groupe informe et monobloc et je pouvais enfin entrer en relation avec des êtres humains, tous différents mais ayant des bases culturelles (donc paternalistes) communes...


par L'intello du dessous publié dans : Féminisme
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Mardi 15 novembre 2005
SIX MOIS APRES L'EFFONDREMENT DE L'USINE SPECTRUM AU BANGLADESH, TRAVAILLEURS ET FAMILLES RECLAMENT TOUJOURS LEUR DÛ.


Suite au drame le plus meurtrier de l’histoire de l’industrie de la confection au Bangladesh, un appel a été lancé en direction des entreprises européennes qui s’approvisionnent dans ce pays, pour exiger des initiatives concrètes et conséquentes de leur part. Mais l’intervention ponctuelle demeure insuffisante au regard de l’ampleur de la catastrophe : les travailleurs et les familles réclament toujours leur dû !

De plus, ce drame doit être compris comme un avertissement. Une mise à plat des dispositifs existants chez les responsables de la grande distribution en matière de garantie de la qualité sociale de l’ensemble des filières d’approvisionnement est nécessaire, en associant les syndicats, les ONG et l’ensemble des parties prenantes, au Nord comme au Sud.


 Le collectif De l'éthique sur l'étiquette
et le Forum Citoyen pour la Responsabilité Sociale des Entreprises
vous invitent à participer à un DEBAT sur ce thème
le LUNDI 14 NOVEMBRE, de 19h00 à 21h00
à l'Assemblée Nationale (salle 6242)

avec la participation de
Anton MARCUS
du Free Trade zone Workers
(Syndicat sri lankais des zones franches, Sri Lanka)

Amin HAQUE
du National Garment Workers Federation
(Fédération nationale des ouvriers du textile, Bangladesh)

Olivier CHABROL
du collectif De l'éthique sur l'étiquette

Philippe PINGLIN
de la CFDT

Claudette MONTOYA
Syndicaliste CGT au sein du Groupe Carrefour

la table ronde sera animée par
Guillaume Duval,
rédacteur en chef d'Alternatives Économiques


J'ai assisté lundi à ce débat... On sait que les entreprises textiles se font un fric monstre sur le dos des pays en développement et que les travailleurs y sont traités beaucoup moins bien qu'en France... Mais en est-on vraiment conscient?

Même si on parle ici d'une usine en particulier, et qu'il a fallu un accident pour que les conditions de travail et les salaires de misère accordés aux salariés soient mis sur le devant de la scène.

Quand aux grandes entreprises qui se fournissent dans ces usines, elle ne se sentent pas responsables de ces problèmes... comme si la pression qu'elles exercent sur les coûts n'était pour rien dans cette exploitation... c'est fou comme le monde est rempli de gens qui choisissent librement de vivre dans des conditions indécentes!!

(voir les communiqués des 13 juillet et 25 octobre 2005 sur le site du collectif De l'Ethique sur l'Etiquette)


PS: Encore merci à Eric Loiselet de m'avoir envoyé l'info via la liste du forum citoyen pour la RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises)
par L'intello du dessous publié dans : Responsabilité Sociale des Entreprises
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