Comme une machine qui consommerait un maximum de pétrole uniquement pour entretenir sa surchauffe, l'intello du dessous consomme un maximum de facultés intellectuelles pour entretenir sa capacité à surmener son cerveau... en pure perte. Un pur produit de la société de surinformation dans laquelle on patauge...

Aujourd'hui j'ai décidé que tout ça allait sortir, et que je ferais connaître à  d'autres cerveaux surmenés et improductifs le chaos de mes pensées. Ca me fend un peu le coeur d'ajouter au flot d'informations inutiles qui circulent sur le net, mais il paraît qu'un être humain doit s'exprimer pour vivre, il paraît qu'il faut partager ses pensées pour qu'elles ne restent pas vaines. Alors bien sûr, cette décision tiendra jusqu'à ce que la somme d'informations que j'ingurgite chaque jour ne submerge la ressource mémoire où est née l'idée de ce blog, mais ne désespérons pas. Peut-être que le Bouddha qui veilla sur mon berceau me donnera la faculté d'entretenir mon jardin...

 
Vendredi 20 octobre 2006

Voilà ce que j'ai osé écrire au début de mon pseudo travail de fin d'études. Bizarrement, ça n'a pas soulevé une masse de commentaires du côté de mes profs.. L'ont-ils même lu? Est-ce que c'est si banal que ça? Aucune idée... Pas vraiment envie d'aller faire un sondage, surtout que ça remonte à loin maintenant...

C’est écoeurée, et somme toute extrêmement déçue, que je termine mes études par ce mastère spécialisé. Elève brillante jusqu’à 19 ans, je n’aurais jamais imaginé me retrouver à 28 ans chômeuse, endettée et sabotant sciemment le diplôme qui est sensé couronner mes études supérieures. Si la conjoncture a bien sûr été morose, si mon entourage familial n’a pas été des plus propices, je ne peux cependant me résoudre à accuser la mauvaise fortune ou à considérer que tout cela n’est dû qu’à mon tempérament pessimiste. Après tout, jusqu’à 18 ans j’ai résisté à des pressions bien plus fortes que lors de mes études supérieures, et j’avais toujours gardé foi en mes capacités.

Il faut se rendre à l’évidence ; ce qui m’a fait chuter, c’est de n’avoir pas trouvé un sens à ce que j’ai fait après mon bac. Pire, on peut dire que mes études m’ont dégoûtée du travail bien fait et ont fini de me convaincre que, les efforts n’étant presque jamais récompensés à leur juste valeur, il était inutile voire nuisible de trop se consacrer à l’étude. C’est ce qui m’amène à présenter pour mon travail de fin d’études un travail bâclé, sur lequel j’ai changé mille fois de sujet, pour finalement me concentrer sur le seul sujet dont l’exposé pourrait être utile aux gens qui m’entendent : les études supérieures.


Mensonge originel ? A quoi servent les études supérieures ?

Ma déception trouve sans doute sa source dans une sorte de mensonge originel des Grandes Ecoles, qui est qu’après avoir franchi les difficiles étapes de la sélection, un travail intéressant et bien payé est à la clé. C’est dans cet espoir que tous les élèves entrent en Grande Ecole, qu’il s’agisse d’école d’ingénieurs ou d’école de commerce. C’est aussi dans cette optique que j’avais décidé d’intégrer une école d’ingénieurs, tout comme la difficulté de trouver un emploi m’a finalement amenée à reconduire les mêmes espoirs dans l’école de commerce où je suis aujourd’hui. Si mon unique but avait été de me cultiver et de passer quelques années à réfléchir sur la vie avant de m’y lancer corps et âme, nul doute que j’aurais choisi la philosophie ou les sciences politiques. Mais ayant grandi avec le spectre du chômage, et ayant vu ma sœur sortir sans aucun espoir d’embauche de sa faculté de lettres modernes, j’avais choisi -pour poser le moins de problèmes possibles à une famille déjà éprouvée- de faire une Grande Ecole, ce qui devait m’assurer un avenir confortable. Ou au moins un avenir...


par L'intello du dessous publié dans : Moi et ma petite vie...
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Mercredi 18 octobre 2006
Il a du courage d'oser le dire.
Je serais Fake, je dirais que ça donne pas envie d'embaucher des gens de sa génération , mais voilà quoi... Des fois on se demande si on n'est pas plus humain en chomeur...


"La seule chose dont je suis incapable", à lire dans l'Ashram de Swâmi Petaramesh (oui oui sans rire)
par L'intello du dessous publié dans : Le monde du travail, ou du non travail...
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Lundi 9 octobre 2006
C'est drôle comme beaucoup ont pris l'article précédent au pied de la lettre.

C'est bien le problème. Entre quelqu'un de tout aussi approximatif que moi mais incapable de l'avouer et moi, on préfèrera embaucher celui qui ne se l'avoue pas.
Dans mon cas, pour répondre à fake, ce n'est pas "Génération approximative", mais "Génération qui s'auto-flagelle".
Et là où Eric voit des profs trop coulants, il y avait en fait des profs hyper exigeants (en première et terminale, j'ai été dans une classe dont les élèves avaient été sélectionnés pour tous aller en prépa, 14 de moyenne en maths exigé en seconde, présentation au concours général etc...) J'ai commencé à être complètement approximative le jour où je me suis retrouvée en école d'ingénieurs, entourée de gens chez qui ça faisait cool d'être bon sans en ficher une. Sauf que ça revient à dire que ceux qui bossent sont des imbéciles qui rament pour arriver au niveau des cadors. Je pouvais m'en sortir sans trop en faire comme tout le monde, et d'ailleurs c'était obligatoire de ne surtout pas approfondir les sujets, vu que le surmenage et le zapping entre des dizaines de matières était de mise. Vouloir ne pas être approximatif, c'était couler à coup sûr.
Un grand exemple d'approximation que j'ai trouvé, ça n'était pas chez quelqu'un de ma génération, mais chez M.Strauss Kahn, dont les conseillers avaient bombardé de coups de fil les gens de Génération Précaire (dont moi); il fallait absolument qu'il nous rencontre. Au final, ceux qui l'ont rencontrés se sont retrouvés face à quelqu'un qui n'avait absolument pas creusé le sujet, je dirais même qui n'avait même pas lu nos communiqués de presse. Idem pour de Villepin, qui a fait passer un minsucule bout de loi et croyait avoir résolu le problème.
De notre côté , il y avait eu toute une réflexion sur les moyens de verrouiller les stages pour qu'ils ne puissent pas être utilisés en substitution à des emplois , et en face, des gens qui ne voient qu'une face du problème et pensent que prendre un seul aspect en compte suffira. A moins que ce soit une réelle volonté de ne pas résoudre le problème, on ne peut que se dire qu'on a affaire à des gens très approximatifs qui ne voient pas l'ensemble d'un problème et se contentent de capter des bribes (tous n'ont retenu que le problème de rémunération, quand nous expliquions que le nombre de stagiaires par entreprise devait obligatoirement être limité, et que la limitation de la durée du stage devait s'accompagner d'un délai de carence pour qu'un enchaînement de stages ne remplacent pas un poste sur la durée... ). Tous se contentent de dire qu'il n'y a aucun problème tant qu'un stage est bien inscrit dans un parcours pédagogique, alors que la plupart du temps c'est le stage qui fait la valeur du diplome, non parce qu'il aura permis un apprentissage pratique en rapport avec l'apprentissage théorique de la formation mais seulement parce qu'il sera vu comme une véritable "expérience en entreprise", c'est à dire une mise en situation à des vrais postes. Et qui dit vrai poste dit travail non payé à sa juste valeur.

M. de Villepin ou M.Strauss Kahn n'avoueront pas être approximatifs , et pourtant ils l'ont été tous les deux dans leurs relations avec Génération Précaire. Et ce ne sont que des exemples.
Pendant mon stage, j'ai mis à jour des comportements plus qu'approximatifs (déchets appartenant à l'entreprise pris en charge par les sous traitants, même pas par volonté de se débarasser de la responsabilité des déchets, mais simplement par ignorance des lois en vigueur ou flemme d'appliquer les procédures légales).  Alors, même si je comprends que mon texte amène à dire  "comment voulez vous avoir envie d'embaucher des gens comme ça?"  je sais grâce à mon expérience de stagiaire que je suis juste un peu plus lucide sur mes manquements.
par L'intello du dessous publié dans : Moi et ma petite vie...
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