Comme une machine qui consommerait un maximum de pétrole uniquement pour entretenir sa surchauffe, l'intello du dessous consomme un maximum de facultés intellectuelles pour entretenir sa capacité à surmener son cerveau... en pure perte. Un pur produit de la société de surinformation dans laquelle on patauge...

Aujourd'hui j'ai décidé que tout ça allait sortir, et que je ferais connaître à  d'autres cerveaux surmenés et improductifs le chaos de mes pensées. Ca me fend un peu le coeur d'ajouter au flot d'informations inutiles qui circulent sur le net, mais il paraît qu'un être humain doit s'exprimer pour vivre, il paraît qu'il faut partager ses pensées pour qu'elles ne restent pas vaines. Alors bien sûr, cette décision tiendra jusqu'à ce que la somme d'informations que j'ingurgite chaque jour ne submerge la ressource mémoire où est née l'idée de ce blog, mais ne désespérons pas. Peut-être que le Bouddha qui veilla sur mon berceau me donnera la faculté d'entretenir mon jardin...

 
Vendredi 29 février 2008
La pub envahit over-blog!  C'est quoi ces énormes bandeaux "Taken" sur la page d'accueil?  Me la faites pas "c'est de la culture", c'est de la pub, un point c'est tout!


Tout se casse la gueule, je vous jure....

J'ai même pas internet au boulot que j'ai et qui est même pas encore un boulot, j'entretiens pas mon jardin (Bouddha, au secours!)  et je passe mes pauses de midi à errer entre les tours de la Défense avec un mauvais sandwich à 5euros à la main... quand je me retrouve pas à errer dans les méandres des Quatre Temps (pourquoi ça s'appelle  les Quatres Temps? Parce qu'il fait le même temps à l'intérieur qu'on soit en été, en hiver, ou en pleine saison des pluies? Et pourquoi pas en pleine tempête de sable? De toutes façons, le paysage est le même: consommez, consommez, il faut que vous consommiez! )

J'ai même plus assez de cerveau en sortant pour vous expliquer par quel tour de passe-passe je me retrouve encore à bosser sans salaire, alors que j'avais accepté ce boulot uniquement parce que le militantisme et le bloggisme ne nourrissent pas...

Et le pire du pire, c'est qu'en rentrant le soir, je me mets sur Facebook, et je regarde les gens par le petit bout de leurs fiches...
Je file un mauvais conton (pas bio, le coton, plutôt blanchi au chlore et récolté par des ptits nenfants pas payés... ).

Ce soir, j'avais réussi à m'échapper avant 19h de cet amas de béton et d'acier, du coup je suis tombée nez à nez, à la sortie du métro, avec les amis Verts du 12e, à qui j'avais promis un coup de main pour le tractage de ce matin.. bernique, trop crevée, je suis partie comme d'hab à 9h moins 5 pour être à 9h à l'autre bout de Paris.

Donc j'ai essayé de me rattraper, la sacoche d'une main, le sac à main au poignet , les tracts dans la troisième main (ah non , pardon, l'autre main, quoi!) .
J'ai profité de quelques sourires de voisins pourtant inconnus "c'est qui? Ah , les Verts, j'veux bien" , j'ai essayé de rester calmes face aux gens qui nous traitaient de khmers verts ou de bobos sectaires et j'ai apprécié le chocolat chaud dans le café du coin. Je me suis même surprise à ne pas avoir envie de me revisser le casque du  balladeur sur les oreilles en rentrant, et à avoir envie de discuter avec la boulangère.

Tout n'est peut-être pas perdu...


PS: ah, j'allais oublier de vous montrer les photos de mon bel environnement .."Y en a des" à qui ça donne un sentiment de puissance, d'être au 18e étage d'une tour, moi ça me donne un peu l'impression d'être dans un mauvais film de Science Fiction... Est-ce que j'ai pensé à prendre mon Prozium ce matin??

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Lundi 18 février 2008

Là je suis mal. Hier soir, j'étais mal, cette nuit j'ai à peine dormi et je suis mal, encore. C'est là que je me rends compte que j'avais presque oublié ce que c'était (donc ok, il y a progrès). Mais du coup je sens bien la douleur, je ne suis plus habituée, je ne suis plus dans la fatalité du "je serai toujours mal", non maintenant je sais ce que ça fait de se sentir bien et le retour dans l'anxiété, le mal au dos, la machoire crispée, l'envie de pleurer sans y arriver, la peur que la dépression refoute tout en l'air, je ressens tout ça encore plus. Maintenant, j'ai quelque chose à perdre, et c'est le bien-être relatif que j'avais trouvé... et ce boulot, qui ne me satisfait pas mais qui me permettrait de ne plus expliquer pourquoi je ne travaille pas "comme tout le monde" (même si entre temps  je me suis rendue compte que non, "tout le monde" ne travaillait pas, seul ceux qui le peuvent ou/et le veulent travaillent).
Ma mère m'a fait la remarque, que je ne devais pas me plaindre de mon travail, puisque maintenant je n'aurais selon elle plus de raison d'avoir l'impression de ne servir à rien. Comme si c'était si simple. Je ne sais pas vraiment à quoi sert ce que je peux faire dans ce boulot. Faire passer des informations sur un réseau, et après? Je ne sais même pas de quelles infos il s'agit, à quoi elles servent, ce qui se passe si ça ne marche pas...
une petite fourmi qui se retrouve au milieu d'une chaîne sans trop savoir ce que le groupe de fourmi essaye de faire. Elle sait juste qu'on lui demande de tenir, de jouer le maillon entre la fourmi du dessus et celle du dessous.
On ne peut pas dire que je me sente plus utile, maintenant. Au moins quand je jouais les agitatrices avec les autres précaires qui en avaient marre, quand je militais pour qu'on respecte les femmes je savais à quoi je voulais aboutir. Là, je ne vois pas vraiment en quoi ce que je fais est utile à la société, ça ne correspond pas à un idéal que j'ai. Je me sens moins inutile aux yeux de ceux pour qui on n'est utile à la société que si on a un travail salarié. Sauf qu'en fait à la moindre défaillance, je pourrai tomber et les autres fourmis arriveront toujours à se rattraper, sans briser la chaîne. Personne n'est indispensable. Si je retombe dans ma dépression , je ne ferai plus partie de la chaîne, et j'aurai juste encore une fois à assumer d'être celle qui a flanché et qui ne sert plus à rien parce que son travail dans la chaîne lui aura fait perdre le petit morceau de pain qu'elle essayait de ramener chez elle pour l'hiver. La petite fourmi qui aura tout perdu, son utilité dans la chaîne et ce qu'elle essayait de construire pour elle.

copyright DR La Citadelle assiégée






















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Samedi 16 février 2008
Je sais, je suis trop catégorique, mais cet article m'a quand même bien fait rire...

http://ladiesroom.fr/2008/02/15/denonciation-secte-non-repertoriee/


J'avoue, je trouve ça honteux d'avoir accès à des offres d'emploi réservées aux HEC; bon le hic c'est que même si on diffuse l'offre ailleurs, le cv est pas retenu sans le nom de la secte dessus :)
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Vendredi 15 février 2008
Quand j'étais au chomage, je ne faisais que supposer que le travail abrutissait et  ne laissait plus beaucoup de temps de cerveau disponible pour réfléchir sur les problèmes de société , pour être à l'écoute des autres.

Maintenant, je sais que c'est  vrai.

La preuve, ce blog désespérément vide.

Et le pire, c'est que je ne suis toujours pas salariée....
publié dans : Le monde du travail, ou du non travail... communauté : Je rêve d'un autre monde.
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Lundi 4 février 2008
http://www.hobsons.fr/home_news.php?Id=3900


cette décision permettra aussi aux étudiants Bac +5, ceux des grandes écoles, ceux dont les parents sont majoritairement des cadres*, de continuer à disposer de bonifications importantes. Ils sont embauchés par des groupes qui les valorisent et n’osent les payer au lance-pierres.

Stages courts et cycles courts

Les autres, les Bac +5 issus des filières peu valorisées par les entreprises – comme les lettres, la communication ou les sciences –, les Bac +2, les étudiants en Licence, les soutiers de l’enseignement supérieur français issus des classes sociales les plus pauvres (29 % des étudiants de Licence sont issus de catégories sociales favorisées), débuteront leur carrière en entreprise avec tout au plus 30 % du Smic. Autant dire que, la plupart du temps, ils n’auront rien, les stages courts étant l’apanage des cycles courts. Voilà gâchée une belle occasion de développer l’entente entre entreprise et étudiants. Dommage !
Gwenole Guiomard – Hobsons France

* Dans les écoles de commerce et d’ingénieurs, les parents d’élèves sont, respectivement à 67,5 % et à 59, 4 %, des cadres. Ces catégories socioprofessionnelles supérieures représentaient, en France, en 2006, 14, 9 % des actifs.
publié dans : Génération Précaire communauté : Politique Directe
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