Dimanche 23 septembre 2007
Après la réaction d'usagère moyenne du Vélib, vient le temps des interrogations sur la pertinence de la méthode employée pour obtenir ces vélos en libre service (bien sûr les questions étaient là dès le début pour moi, j'avais juste envie de faire un billet un peu plus léger, du style  "et si pour une fois j'essayais de simplement voir le positif?" D'ailleurs ,l'absence de réaction à mes remerciements à Decaux m'a surprise, et j'en ai déduit soit que j'endormais tout le monde avec mon blog, ou que personne n'osait me contredire, ou que personne ne me lisait tout court :p ) 

Mais je suis quand même particulièrement sensible aux craintes des associations anti-pub et environnementales vis à vis du contrat de la Mairie de Paris avec Decaux.

Je vous laisse lire leur communiqué de presse:

              
Communiqué de presse
               Jeudi 20 septembre 2007

Vélib et règlement local de publicité (RLP) à Paris :
            Un marché contre nature



Le projet de RLP, qui doit être adopté le 27 septembre par le groupe de travail sur la publicité, présente d’importants reculs liés à la signature sans concertation du contrat avec l’entreprise JCDecaux,  faisant dépendre le projet « Vélib » d’un surcroît de publicité. Les  associations dénoncent notamment le projet de généraliser le défilement des dispositifs et l’augmentation résultante du nombre de publicités (jusqu’à plus de 220%).

Le contre-exemple de Paris pourrait alors servir de vitrine publicitaire et de référence nationale et mondiale aux afficheurs, pour encore davantage de pression publicitaire et aux dépens de la société civile. Instrumentaliser un projet utile comme les vélos en libre-service est particulièrement grave pour la société et l’environnement.

Les associations demandent à Bertrand Delanoë et à la majorité municipale parisienne de renoncer à revoir ainsi à la baisse le projet de R.L.P. et à ouvrir des pourparlers avec l’afficheur JCDecaux pour qu’il renonce à un certain nombre des nouveaux dispositifs et procédés publicitaires prévus.

Nous demandons à la mairie de Paris, par décision officielle à prendre avant la réunion du 27 septembre :

- L’interdiction des panneaux défilants et lumineux ;
- Le respect de ses engagements de ramener le nombre d’obstacles urbains de 8 m² à 200 ;
- La séparation des marchés publicitaires et des vélos en libre-service.

Contact :
Laure Nicolas, Résistance à l’agression publicitaire au 01 43 28 39 21 et 06 64 81 39 22
M. Birrenbaum, Plate-forme des comités parisiens d’habitants et de participation à la vie de la Cité au 01 44 07 25 26

Associations signataires :

Résistance à l’agression publicitaire (R.A.P.), CLCV Paris,
Plate-forme des comités parisiens d’habitants et de participation à la vie de la Cité, Paysages de France, La vélorution, Action consommation, Agir pour l’environnement.


Voir article détaillé ci-dessous.
Une action sera organisée le mardi 25 septembre à 19 h. Voir appel à action ci-dessous.

               ----------------------------------------


      VÉLIB ET RLP DE PARIS : UN MARCHÉ CONTRE NATURE

Á Paris, le 20 septembre 2007. Après deux ans de silence, la Ville de Paris a décidé de mener à son terme la révision de son règlement local de publicité (RLP), qui avait débuté en 2003. Court-circuitant le groupe de travail prévu par la loi, certaines décisions ont été prises dans la plus grande opacité. Ainsi, la signature du contrat Vélib a nécessité une profonde modification de ce nouveau RLP, mettant les membres du groupe de travail et les citoyens devant le fait accompli.

Avant d’être un projet de transports non motorisés, Vélib est un marché publicitaire. La fourniture et l’entretien des vélos n’est pour le groupe JCDecaux qu’un alibi pour obtenir une position stratégique en matière d’affichage, et pour contrer la volonté de la population d’échapper au matraquage publicitaire. Ainsi, l’une des mesures les plus significatives du projet de RLP en matière de publicité sur mobilier urbain est-elle remise en cause par le contrat Vélib. Alors qu’en 2005, il était question de ramener le nombre de panneaux de grand format à 200 (chiffre encore considérable), les associations ont appris que le projet en prévoyait désormais 350 ! (1).

Ce genre de manque de transparence dans la passation des marchés de mobilier urbain, dénoncé aujourd’hui par les associations, a déjà fait l’objet de nombreuses critiques, notamment dans un rapport de la chambre régionale des comptes (2). Quant à la cour d’appel de Paris, elle avait considéré que JCDecaux poursuivait « délibérément le verrouillage du marché » avec ses pratiques d’une « gravité exceptionnelle. » (3) La signature du contrat Vélib avec la mairie de Paris risque de ne rien arranger à l’affaire, bien au contraire, et d’autres villes commettent la même erreur de lier leur marché de vélos en libre-service à un marché publicitaire (4).

La quasi-généralisation du défilement des publicités sur mobilier urbain – un autre effet secondaire du contrat Vélib – constitue un autre recul très important du RLP par rapport à la situation qui prévalait. La très légère diminution du nombre de mobilier urbain publicitaire (-20 %) précédemment annoncée par la mairie de Paris s’accompagne en réalité d’une véritable explosion du nombre de publicités (+220%), du fait du recours à des systèmes défilants. Systèmes défilants qui sont un summum en matière de dénaturation des paysages et de gêne visuelle pour les habitants Cette décision entre aussi en contradiction totale avec la nécessaire maîtrise de l’énergie : un panneau de ce type consomme en moyenne plus d'électricité qu'un ménage français pour ses usages domestiques.

Il aurait fallu envisager Vélib comme un service public à part entière : c’est ce qu’a fait par exemple la ville d’Orléans en choisissant de séparer les deux marchés. Elle ne se trouve ainsi pas pieds et poings liés au marché publicitaire. Tandis que Vélib fait dépendre le développement du vélo de la publicité, c’est-à-dire d’une incitation au gaspillage qui fait largement la promotion... de la voiture (5).

Même si la mise à disposition à grande échelle de vélos en libre-service est une bonne chose, les élus Verts de la capitale eux-mêmes reconnaissent que la gestion de ce service public par un publicitaire n’en est pas une (6). Ce choix comporte beaucoup de dangers et d’inconvénients cachés. Un des plus graves en l’occurrence à Paris est d’avoir nié le rôle des instances de concertation. JCDecaux fait sa loi en lieu et place des élus et de la population ; va-t-on le laisser faire ? Les associations demandent aux élus parisiens de renoncer au bradage de leurs paysages au profit de l’omniprésence de l’affichage publicitaire défilant.

.

1  Les raisons de la limitation de ces dispositifs avaient pourtant été exposées par la mairie en 2005 : « [...] ils posent davantage de problèmes en terme d’insertion paysagère et sont actuellement majoritairement disposés à la périphérie de la capitale, où l’effort de dédensification est le plus nécessaire. » Compte-rendu de la réunion n°5 du groupe de travail sur la révision du règlement de la publicité et des enseignes du lundi 5 novembre 2005 à l’hôtel de ville.

2  Rapport de la chambre régionale des comptes d’île de France sur la gestion de la publicité et du mobilier urbain de la ville de Paris, 2006.

3  Cour d’appel de Paris, 1ére chambre - section H, arrêt du 21 février 2006

4  Après Lyon, Villeurbanne, Marseille, Aix-en-Provence et Paris, Toulouse, Rouen est la huitième ville française à avoir confié au groupe français d'affichage et de mobilier urbain JCDecaux la mise en place de ses vélos en libre service.

5  Parmi les dix premiers annonceurs français figurent trois fabricants de voitures.

6  La bicyclette, nouvel enjeu politique. Le vélo en libre service doit s’intégrer à une offre cohérente de transports en commun et de circulations douces, Libération, 4 septembre 2007.

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A l’appel de Résistance à l’agression publicitaire, la Vélorution, Agir pour l’environnement, l’Eglise de la très sainte consommation...

         Rassemblement festif
         mardi 25 septembre 2007 à 19 heures


        Sur le terre-plein central au carrefour du bd de Belleville et de la rue Ménilmontant (20e)
        Métro : station Ménilmontant (ligne 2)



         Venez nombreux dénoncer le scandale de l'affichage publicitaire défilant  et lumineux

Le projet de règlement local de publicité, régissant la place de la publicité à Paris, doit être adopté le 27 septembre. Il présente d’importants reculs liés à la signature sans concertation du contrat "Vélib" entre la mairie de Paris et l’entreprise JCDecaux. En effet, ce contrat fait dépendre l’installation des vélib d’un surcroît de publicité. Les associations dénoncent notamment le projet de généraliser le défilement des panneaux et l’augmentation résultante du nombre de publicités.

               Parce que nous refusons :

- Le gaspillage énergétique : Un panneau de ce type consomme en moyenne plus d'électricité qu'un ménage français pour ses usages domestiques
- La pollution visuelle : Le défilement associé à l’éclairage crée une perturbation supplémentaire majeure dans la perception du paysage puisque de tels dispositifs ont tendance plus encore à focaliser l’attention.

- Le matraquage publicitaire : La diminution du nombre de panneaux publicitaires (-20 %) annoncée par la mairie de Paris s’accompagne en réalité d’une véritable explosion du nombre de publicités (+220%), du fait du recours à des systèmes défilants.

            Nous demandons à la mairie de Paris :

- L’interdiction des panneaux défilants et lumineux
- Le respect de ses engagements en ramenant le nombre d’obstacles urbains de 8 m² à 200
- La séparation des marchés publicitaires et des vélos en libre-service


Résistance à l'agression publicitaire (R.A.P.)- 53, rue Jean Moulin
94300 Vincennes - 01.43.28.39.21 - 06 64 81 39 22 (Laure Nicolas) - www.antipub.net
les ti_bug_fck
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Mercredi 5 septembre 2007
Ce que j'oubliais dans mon billet d'hier sur le Vélib' (sans doute un refoulement, on a tellement de raisons de s'indigner et de se révolter en ce moment que je suis obligée d'en oublier de même que je suis obligée de ne pas vous faire part ici de toutes mes révoltes parce que j'y passerais ma vie) c'est qu'à peine 5 minutes après avoir enfourché mon premier Vélib, j'assistais à ma première interpellation de cycliste. Un gars (pas un vélibiste, cette fois) avait brûlé un feu rouge devant moi. La première voiture à s'arrêter sur la piste cyclable et à m'obliger à un dépassement dangereux, c'était donc une voiture banalisée de la Police. Comme je n'étais pas trop sûre de moi, je me suis retrouvée coincée derrière eux, avec la vague trouille qu'ils me soupçonnent de vouloir m'interposer dans leur interpellation. C'est sur que l'effet dissuasif est imparable, je n'ai plus envie de prendre des sens interdits ou de brûler des feux rouges.
Mais bizarrement, je lis dans le Monde que les sanctions des comportements des cyclistes sont en augmentation depuis la mise en place de Vélib'. Est-ce pour prouver que sa mise en place a rendu les comportements dangereux plus fréquents? (on confond souvent le nombre d'interpellations avec le nombre d'infractions commises) Est-ce, en vue des municipales, un moyen de casser la dynamique du Vélib' ? (voir  Sarkofrance)
En tout cas, dans les consignes d'Alain Gardère, le directeur de la police de proximité, est également demandé la "répression des infractions commises par les autres usagers de la route" qui pourraient "entraîner un danger pour les cyclistes", dont ceux circulant sur les pistes cyclables." Que dire donc des flics qui m'ont barré la route? Pour une infraction qui n'entraînait pas de réel danger (feu pour laisser le pssages aux piétons sans aucun piéton en vue), je me suis retrouvée moi en situation beaucoup plus dangereuse grâce à leur interpellation.
[mode humour on]
J'ai une question bête: pourquoi ils ne font pas leurs interpellations à vélo??? Pft, encore un moyen de se valoriser, un truc du genre "mon engin il est plus gros que le tien, donc je suis puissant, et tu vas devoir m'obéir!" !
[mode humour off]


Pas d'indulgence pour les cyclistes
LE MONDE | 30.08.07
© Le Monde.fr
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Mardi 4 septembre 2007
Je tiens quand même à remercier Decaux et la Mairie de Paris  (ça sera bien la première et j'espère la dernière fois de ma vie que je remercie un publicitaire) , qui m'ont permis de réessayer le vélo. 
J'ai jamais été trop forte sur ces bêtes-là. Au collège, ma copine Joëlle fonçait à toute berzingue dans le quartier, faisant fi des trottoirs, ralentisseurs, pots de yaourts et autres obstacles sur notre chemin. Et moi, fatiguée d'avoir l'air d'une froussarde infouttue de lâcher son guidon pour indiquer ses changements de direction, j'avais fini par décider qu'on se verrait chez elle ou chez moi, mais en tout cas bien au chaud (et à l'abri) avec un Trivial Pursuit Junior et une bouteille de sirop de grenadine.
J'ai quand même refait des efforts un peu plus tard pour une ballade en VTT dans le Jura. J'avais gagné un séjour au CPIE de Franche Comté (je croyais que c'était un Centre Permanent d'Initiation à l'Environnement, à ce que je me rappelais, mais je viens de lire ailleurs qu'il s'agissait d'initiatives pour l'environnement... changement de nom ou mémoire défaillante?), fallait bien suivre le groupe et au niveau paysages, ça valait le coup.

Mais depuis ma majorité environ, rien. J'ai bien pratiqué un peu le vélo de salon devant les images du tour de France, parce que c'est toujours rigolo et qu'il fallait rentabiliser le machin que ma mère s'était achetée pour ne jamais s'en servir (comme la plupart des choses qu'elle achète d'ailleurs, mais c'est une autre histoire...).
Il ne faut pas croire pour autant que je suis devenue une fan de voiture dès le passage de mon permis. J'ai bien récupéré une vieille voiture de mon grand oncle, passée entre temps entre les mains de ma mère et donc plus trop en grosse forme, mais elle m'a servi principalement à faire mes trajets pendant mes stages (et non, l'essence était pas remboursée non plus...) jusqu'à ce qu'elle rende l'âme pendant mon stage ingénieur, sous l'oeil amusé des gars à la terrasse du bistrot qui ont regardé mon moteur fumer et cracher d'un air goguenard (non, c'est pas le moteur qui avait un air goguenard, mais suivez un peu, bon sang!) . Quand j'y repense, je me dis que c'était ce qui pouvait arriver de mieux à ce veau polluant qui suçait du Super avec plomb sans modération et qui était aussi facile à manoeuvrer qu'un char d'assaut. (bon, je sais, vous allez me dire que si j'avais du mal avec mon vélo, c'est pas étonnant que j'aie eu du mal avec une R19 sans conduite assistée, mais CA N'A RIEN A VOIR! Et d'abord j'ai eu mon permis du premier coup, na!)

Brrrreeeef, ça faisait donc quelques temps qu'à force  de pester sur le règne de l'automobile, sur l'espace énorme que les voitures prennent sur la ville, j'avais beau utiliser uniquement mes pieds et les transports en commun, je me sentais comme une écolo en pleine imposture, puisque je n'avais même pas mon vélo pour parcourir Paris et "reconquérir l'espace urbain" comme ils disent... D'où un espèce de stress en voyant arriver les Vélib' ; "mince, je vais plus pouvoir dire que c'est parce que j'ai pas de vélo"... Je suis restée à tourner autour du pot un moment, à écouter les témoignages de "ceux qui avaient essayé" (c'était quand même l'évènement de l'été à Paris, en dehors de l'actualité politique déprimante et de la météo tout aussi déprimante) et j'ai quand même fini par en essayer un. J'ai choisi une borne bien planquée dans une rue pas trop fréquentée, à une heure creuse, j'ai fait trois fois le tour de la borne (pourtant, je savais comment ça marchait, c'est mon truc de tout savoir en théorie avant d'oser passer à la pratique) et j'en ai pris un, juste pour voir. J'ai fait trois tours de pédales avant de me rendre compte que j'avais les genoux sous le menton et que je pourrais pas continuer comme ça;  j'ai failli le reposer parce que je savais pas comment remonter la selle et que le gars, dans le camion, là, c'était sûr qu'il se fouttait de ma tête,je me suis fait mal aux doigts, j'ai quand même réussi (pas assez) , et je suis partie, zigzaguant un peu, la peur au ventre et la honte aux joues, en essayant de rester le plus possible loin des voitures (le mois d'août m'a bien aidée là dessus). Quelques rues plus loin, j'étais quelqu'un d'autre: j'avais vaincu!!! La peur, la ville, les voitures, les feux rouges, le monde entier! Une reine du Vélib était née!!

Depuis j'ai des vraies traversées de Paris à mon actif, taxis hargneux et curieux qui posent des questions compris. "Alors, ça marche bien?",  "C'est cher?",  "Oh, il est beau votre vélo", etc, etc. J'ai même aidé une dame à en prendre un, connu mes premières galères (pédale manquante, borne qui refuse de fonctionner, station pleine).

Ouf, je suis une vraie écolo maintenant!! :-D

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Jeudi 30 août 2007
Je me suis plongée dans la lecture d'un livre de Jean-Paul Carrière "Fragilité"

J'avais été séduite par la présentation de ce livre,  moi qui me suis sentie si fragile face à la supposée force de ceux qui m'entouraient; ceux qui réussissaient, qui ne connaissaient pas (ou faisaient mine de ne pas connaître) le doute ou le désespoir. 

A l'arrière du livre on peut lire cet extrait:

"Nous devons préserver notre fragilité comme nous devons sauver l'inutile. L'inutile, parce qu'il nous sauve du simple calcul  productif, maître du monde. Il nous permet de nous en évader, il est notre issue de secours. La fragilité, parce qu'elle nous rapproche les uns des autres, alors que la force nous éloigne".


La dernière partie de cette citation surtout m'avait touchée. Je me demande parfois si je n'ai pas fait, ces derniers temps, un peu exprès  d'échouer, de ne pas trouver le moyen d'être indépendante. C'est que ma fragilité m'avait fait connaître ce qu'il y a de vraiment humain chez les autres,  on  ne peut se faire aider et par là connaître la  générosité (pas seulement matérielle, mais spirituelle) des autres qu'en n'étant mal en point, fragile. L'autosuffisance (j'ai souvent tendance à confondre indépendance et autosuffisance, comme on parle de l'indépendance énergétique de la France) ne permet pas aux autres de nous donner quelque chose: on n'a besoin de rien, et on paraît si fort; "besoin de personne", comme dit la chanson.

J'ai connu ce "besoin de personne" et je me suis sentie très seule. Et j'ai connu aussi le besoin d'être aidée, et je me suis sentie très entourée. Il reste à trouver le juste milieu, celui où personne ne ment et où on est conscients qu'on a besoin les uns des autres, et que ça ne fait pas de l'un le faible et de l'autre le fort. Pas facile à trouver...
C'est ce que Jean Claude Carrière essaye de trouver dans son essai sur la fragilité.

Comme d'habitude, mon introduction a pris plus de place que prévu, je voulais au départ vous faire part de cette étrange comparaison qu'il fait entre les attentats suicides et le sort que nous réservons à notre planète. Elle peut paraître extrême sortie de son contexte, mais il est vrai que notre comportement actuel est étrange; nous savons que nous consommons trop de ressources, que les gazs que nous émettons peuvent tuer énormément de personnes à long terme, que l'équilibre de l'écosystème qui nous a permis de naître à cette planète est tellement perturbé par nos agissements que nous entraînons des espèces entières à la disparition,  et nous sommes incapables de changer de comportement, ou même d'imaginer en changer  (je pense à ces élus locaux qui continuent à dire qu'il est impensable de ne pas construire plus de routes; à ceux qui tiennent absolument à construire encore une autre ceinture  bétonnée autour de la capitale, coûte que coûte, l'économie en a besoin, et le développement économique n'admet pas d'obstacles; mais aussi aux compagnies du voyage compulsif qui affirment le droit à partir à l'autre bout du monde en avion, pour tous, au prix le plus bas, alors qu'on sait que l'atmosphère paye le prix fort.) 

Après s'être penché longuement sur ce qui peut pousser un être humain à se donner la mort en entraînant la vie de centaines d'autres dans un attentat suicide, pour l'obéissance à une loi qu'aucun dieu n'a jamais prononcée, et pour la gloire d'un dieu dont on ignore l'existence, Jean-Claude Carrière en revient à nos agissements quotidiens.
"Et si cette notion de fragilité s'appliquait aussi aux sociétés? Aux traditions religieuses, à toutes les institutions, à tous les organismes, à tous les réseaux que nous avons mis en place pour nous convaincre, nous, les éphémères, que nous sommes solides,[...] construits pour longtemps, pour toujours peut-être? [...] Si une anxiété secrète conduisait certains peuples, ou de larges fragments de certains peuples, à une explosion de témérité brutale, à un barroud d'honneur? [...]
On nous dit parfois qu'il y  a là quelque chose d'animal, un instinct qu'on appelait jadis grégaire, un comportement de bêtes sociales. On nous parle des suicides collectifs de lemmings [...]. Ce comportement animal, s'il est avéré, n'est qu'une partie de leur vie. Serait-il une partie de la nôtre?"

"Ce besoin de salir la planète, de l'empuantir, d'en pourrir l'eau, le sol et l'air jusqu'à la rendre véritablement invivable un jour prochain, serait-il le besoin suprême qui se situerait au-delà même des folies nationalistes, religieuses, idéologiques? La revanche des faibles? La nécessité de détruire ce qui est plus solide que nous, un besoin irresistible, poussé à l'extrême, jusqu'à notre anéantissement sans appel -de quoi le reste de l'Univers, d'ailleurs, se moque éperdument? [...] Il s'en moque pour la bonne raison que si notre planète se suicidait, se faisait exploser au milieu des espaces [...] les autres personnages de notre ciel poursuivraient paisiblement leur danse. [...]
Ce sentiment, non seulement de fragilité mais d'insignifiance radicale, de non-importance, finalement de non-existence, est peut-être à la base de cette pulsion de mort dont nous avons tant parlé sans parvenir à la réduire. Car notre démarche est la même, que nous le voulions ou non, que celle des terroristes que nous accablons. Mettre en marche un climatiseur dans sa voiture, c'est commettre un attentat suicide. Dans le cas du kamikaze, il se tue pour tuer les autres et il le sait. Dans le cas du climatiseur, nous aggravons l'état de l'atmosphère, nous portons dommage aux autres mais aussi à nous-mêmes, à nos amis, à nos enfants. Je n'échappe pas à ce péril de mort que je transmets. Dans le premier cas nous cherchons la mort au nom d'une haine qui s'accroche à un dieu fantôme. Dans le second cas, nous appuyons sur le bouton du tableau de bord au nom d'un dieu réel, qui s'appelle confort, auquel nous sacrifions nos existences sans avoir admis sa divinité.
Cependant, à bien y regarder, les deux démarches sont similaires. Nous commençons par nous inventer un besoin (d'une loi, d'une consolation, d'un peu d'air frais) et nous finissons par en faire un dieu. Hors de question de nous en passer désormais. Et dans les deux cas les grands prêtres, les profiteurs, les sacrificateurs n'échappent pas aux méfaits qu'ils répandent. Tous dans la même poubelle où s'entassent nos déceptions modernes. Les grands prêtres seront privés de paradis et les industriels de santé. "
C'est sans doute l'excès de cette comparaison qui m'a donné envie de la relever. Mais j'ai beau la trouver excessive, je ne peux m'empêcher de la trouver juste. La différence est dans la relative lenteur de notre attentat suicide. On ne détruit pas la planète en un éclair comme lors d'un attentat suicide , même si on sait que c'est possible, si la folie s'emparaît des chefs des nations qui se sont jugées assez responsables pour avoir le droit de détenir des armes nucléaires sans représenter un réel danger de destruction... pour combien de temps resteront-ils responsables? On préfère ne pas y penser. Notre suicide collectif se fait à  petit feu, en faisant mine d'oublier que notre survie en tant qu'espèce dépend de  la préservation de la planète qui nous accueille. La différence tient aussi dans le fait que nous espérons mourir plus tard que les victimes de notre attentat suicide, les peuples qui n'ont pas eu accès à notre "développement" et qui souffrent les premiers de la désertification, de la montée des eaux, des pollutions.
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Vendredi 3 août 2007
 

Et cette fois c'est Bouyques Immobilier qui cherche son chargé de communication développement durable.

Bouygues Immobilier s'engage pour le développement durable.

Au sein de notre service communication interne, vous aurez pour mission de coordonner des actions et de rédiger des textes sur le thèmes de "gestes citoyens" en liaison avec le groupe de travail dédié.

Vous aurez également pour mission de coordonner et rédiger des textes pour la mise à jour, sur le site Internet Corporate, des actions menées.

Enfin, vous participerez à la rédaction d'une charte Bouygues Immobilier sur le sujet et serez également amené(e) à rélaiser des études de faisabilité et rédiger des mémos.

Dynamique et doté(e) d'un bon relationnel, vous êtes sensible à la problématique Développement Durable et recherchez un stage en communication commençant dès la rentrée 2007.


contrat: stage
indemnisation: non communiqué
formation: école de commerce
date: rentrée 2007
durée: 6 mois
lieu: Boulogne Billancourt


Vous remarquerez qu'ils cherchent quelqu'un en communication, que la plupart des taches demandées sont de la rédaction, et qu'on demande un stagiaire d'école de commerce. Mais pourquoi donc?? Parce que ce sont les écoles de commerce qui ont inventé le génial concept de l'"année de césure" : vantée au début comme moyen de financer ses études en travaillant un an entre la deuxième et la troisième année d'école, elle s'est à présent transformée en année complète de stage (qu'on peut à souhait partager en deux stage de six mois, mais les entreprises préfèrent bien sûr l'année complète). Si  l'école est prestigieuse , on s'en sort à bon compte en proposant une "très bonne indemnisation de stage" entre 1000 et 1300 euros  et on a un chargé de com pendant un an, qui aura le temps de suivre les dossiers de se  familiariser avec la culture de l'entreprise, bref un vrai petit salarié, les droits en moins. Et le pire c'est que la plupart seront contents de cette expérience significative à mettre sur leur CV.

Enfin, bon, je m'égare. Et là pour ce qui est de la gratification, c'est "non communiqué"; traduction "on prendra l'étudiant-e la/le plus compétent-e et qui acceptera de le faire gratos".

C'était juste pour dire que chez Bouyques Immobilier, la Charte Développement Durable sera rédigée par un stagiaire, et je suis sûr qu'il écrira que Bouygues Immobilier s'engage à respecter le droit du travail et les règles de l'OIT (Organisation Internationale du Travail). Aaaah mais non, je suis bête, ils interviennent qu'en France! On ne parle de l'OIT que quand on intervient dans des pays lointains, en France ça va de soi qu'on respecte les règles de l'OIT!! M'enfin! D'ailleurs la liberté syndicale est bien connue chez les stagiaires:  on adhère au syndicat qu'on veut, on peut se présenter pour devenir délégué du personnel, auquel cas on a un statut protégé, etc... Comment ça on peut pas?? Ah? La non discrimination et l'égalité de traitement aussi, ça fait partie des droits bien connus des stagiaires. C'est vrai qu'il y a des stagiaires qui se sentent tout de suite également traité! Bien sûr, ils ont pas la visite médicale en arrivant, ils ont pas les avantages du CE, des fois ils payent plus cher à la cafet parce que -c'est ballot- ils sont  considérés comme visiteurs extérieurs, mais sinon ils sont également traités, y pas de doute. Ils sont comme des vrais salariés, des vrais de vrais, ils ont des réunions avec le chef  de service pour voir l'avancement des travaux, tout ça... Ils sont un peu dégoûtés quand ils voient partir les salariés en congés payés alors qu'ils restent à garder la boutique pour trois fois, quatre fois, voire infiniment de fois moins (oui, 1 divisé par zéro c'est l'infini). J'en vois déjà qui vont me dire que je fais dans la lamentation, désolée encore. En même temps j'aurais pas fait ce poste si c'était pas la n-ième offre de stage pour Bouygues (toutes les filiales, toutes les régions)  que je reçois, et ce depuis.... trois ans quand même!!

stagiaire chargé du développement durable
Réf. : BYCN/AVOK/CG/0707
Société : Bouygues Construction SA
Zone géographique : France / Ile-de-France
Niveau d'études : BAC +4/5
Date de diffusion : 10/07/2007
if ('Stage'!='VIE'){ document.write("Zone géographique : France / Ile-de-France
"); }

Mission: Il s’agit d’un poste de stagiaire, chargé du développement durable et rattaché au Directeur du développement durable de Bouygues Construction.

 

 

 

Dans le cadre de la mise en place de la Direction du développement durable de Bouygues Construction (créée en février 2007), le stagiaire sera chargé d’assister le Directeur du développement durable dans les missions suivantes : 

Mise en place des indicateurs de suivi de la démarche et du système de reporting. Contribution aux réflexions transverses animées par la Direction du développement durable. Il s’agira de préparer des dossiers apportant matière à la réflexion des  groupes de travail mis en place et de participer à certains d’entre eux. Cette mission recouvrira les différents volets du développement durable, avec une attention particulière au thème environnemental.

 

Profil :
Connaissances et compétences techniques :
Bonne connaissance des enjeux et contraintes sur les principales thématiques du développement durable    Maîtrise rédactionnelle Maîtrise des outils informatiques (Word, Excel, ppt) Anglais courant

 

Compétences personnelles :
Aisance relationnelle Goût pour le travail en équipe Curiosité et ouverture

 

Master Environnement ou développement durable d’écoles d’ingénieurs ou de commerce (HEC, Ceram Sophia Antipolis, ISC Paris, Sup de Co La Rochelle,…)

 On parie qu'on la retrouve dans six mois celle là?

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Pourquoi ce blog?

Comme une machine qui consommerait un maximum de pétrole uniquement pour entretenir sa surchauffe, l'intello du dessous consomme un maximum de facultés intellectuelles pour entretenir sa capacité à surmener son cerveau... en pure perte. Un pur produit de la société de surinformation dans laquelle on patauge...

Aujourd'hui j'ai décidé que tout ça allait sortir, et que je ferais connaître à  d'autres cerveaux surmenés et improductifs le chaos de mes pensées. Ca me fend un peu le coeur d'ajouter au flot d'informations inutiles qui circulent sur le net, mais il paraît qu'un être humain doit s'exprimer pour vivre, il paraît qu'il faut partager ses pensées pour qu'elles ne restent pas vaines. Alors bien sûr, cette décision tiendra jusqu'à ce que la somme d'informations que j'ingurgite chaque jour ne submerge la ressource mémoire où est née l'idée de ce blog, mais ne désespérons pas. Peut-être que le Bouddha qui veilla sur mon berceau me donnera la faculté d'entretenir mon jardin...

 

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