Comme une machine qui consommerait un maximum de pétrole uniquement pour entretenir sa surchauffe, l'intello du dessous consomme un maximum de facultés intellectuelles pour entretenir sa capacité à surmener son cerveau... en pure perte. Un pur produit de la société de surinformation dans laquelle on patauge...

Aujourd'hui j'ai décidé que tout ça allait sortir, et que je ferais connaître à  d'autres cerveaux surmenés et improductifs le chaos de mes pensées. Ca me fend un peu le coeur d'ajouter au flot d'informations inutiles qui circulent sur le net, mais il paraît qu'un être humain doit s'exprimer pour vivre, il paraît qu'il faut partager ses pensées pour qu'elles ne restent pas vaines. Alors bien sûr, cette décision tiendra jusqu'à ce que la somme d'informations que j'ingurgite chaque jour ne submerge la ressource mémoire où est née l'idée de ce blog, mais ne désespérons pas. Peut-être que le Bouddha qui veilla sur mon berceau me donnera la faculté d'entretenir mon jardin...

 
Vendredi 24 février 2006
Article paru dans "Le 18h.com" n°1714, le quotidien de l'Expansion, 23 février 2006

Le Medef accouche d'une souris sur les stages


Après plusieurs semaines de réflexion, la commission nouvelle génération du Medef a présenté jeudi à la presse son projet de charte pour encadrer les stages en entreprise. La Charte propose seulement d'obliger les entreprises à signer une convention de stage avec l'école du stagiaire. Ce que les entreprises font déjà dans les faits pour des questions de prise en charge d'assurances. Le Medef n'est "pas opposé à une gratification" pour les stages de plus de trois mois, mesure introduite dans le projet sur l'égalité des chances, mais souhaite qu'il n'y ait pas de "seuil minimum", pour ne pas mettre en difficulté les petites entreprises. Et n'est pas pour la prise en compte des stages dans l'ancienneté professionnelle. Le Medef rendra son projet de charte de bonnes pratiques au gouvernement à la fin mars.
par L'intello du dessous publié dans : Génération Précaire
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Vendredi 24 février 2006
Pour répondre au "et alors?" qui suit mon article sur le rendez vous avec le Premier Ministre, je vous mets les deux communiqués qui ont suivi l'entretient:

Villepin déçoit les stagiaires de Génération précaire

AP | 23.02.06 | 13:42


PARIS (AP) -- Dominique de Villepin a reçu jeudi une délégation du collectif Génération précaire pour discuter des mesures sur l'encadrement des stages prévues par le projet de loi sur l'égalité des chances. Les stagiaires sont sortis déçus de cet entretien de plus de deux heures avec le Premier ministre.
"On se demande vraiment à quoi ça sert de nous recevoir si ce n'est pas pour nous écouter", a déclaré Julien, 25 ans, un porte-parole de ce collectif constitué en 2005 pour lutter contre les abus des stages. Il s'exprimait masqué et a refusé de donner son nom de famille.
La délégation de Génération précaire a déploré que le gouvernement ait "décidé de ne pas amender plus loin son projet de loi sur l'égalité des chances".
Ce texte qui crée le contrat première embauche (CPE) est examiné à partir de ce jeudi au Sénat. Il contient aussi plusieurs mesures pour l'encadrement des stages: rémunération obligatoire des stages de plus de trois mois, création d'une franchise de cotisations sociales de 360 euros pour les employeurs.
Génération précaire estime que ces mesures "ne vont pas permettre de lutter contre la précarité des jeunes". "Le stage reste l'OVNI juridique qu'il est, les stagiaires ne sont toujours pas dans le code du travail, ils sont nulle part", a déploré Julien.
Le collectif a appelé les sénateurs à voter les amendements qu'il leur a transmis pour améliorer le sort des stagiaires. Il réclame notamment une rémunération obligatoire dès le premier mois de stage, l'instauration d'un quota de stagiaires en fonction de l'effectif de l'entreprise, l'établissement d'un délai de carence entre deux stages et une limitation de la durée des stages à 6 mois.
"Aujourd'hui c'est paradoxal, mais la jeunesse et les stagiaires comptent sur les sénateurs pour faire ce que le gouvernement ne fait pas", a souligné le porte-parole de Génération précaire.
Lors de l'entretien, Dominique de Villepin a évoqué la mise en place d'un groupe de travail destiné à rédiger une charte des stages, qui se réunira le 27 février. Ce groupe de travail "devra présenter ses propositions à la fin du mois de mars", selon un communiqué de Matignon. AP


Et la version du Premier Ministre dans son communiqué de presse:


Le Premier ministre a rencontré des étudiants du collectif "génération précaire"
    Le Premier ministre Dominique de VILLEPIN a rencontré des étudiants du collectif "génération précaire", des universitaires, des personnalités chargées de l’orientation, de l’information et des stages étudiants, autour du thème des stages.
  L’ensemble des participants s’est retrouvé sur l’intérêt des stages pour découvrir le monde du travail et pour compléter la formation universitaire, sur la nécessité de les encourager et de les valoriser, et enfin sur l’importance de les valider au sein du parcours des étudiants.
  Au cours des échanges, le Premier ministre a rappelé les mesures en faveur des stages proposées dans le projet de loi sur l’égalité des chances : rémunération obligatoire des stages de plus de trois mois, création d’une franchise de cotisation sociale.
  La discussion a également porté sur les abus qui peuvent exister aujourd’hui dans la pratique des stages, en particulier sur la durée des stages. Le Premier ministre a rappelé à ce propos la mise en place du groupe de travail destiné à rédiger une charte des stages, qui se réunira dès lundi 27 février. Ce groupe de concertation, ouvert à l’ensemble des acteurs concernés par la question des stages, devra présenter ses propositions à la fin du mois de mars.
  Les services de l’emploi et des stages qui seront mis en place par les universités, dans le cadre du service public de l’orientation, auront notamment pour mission de veiller à la bonne application de cette charte.



Je tiens juste à préciser que la convention de stage a toujours été obligatoire (sinon ça n'est que du travail au noir) et que la franchise fiscale sur les indemnités de stage existait déjà: 30% du SMIC pour les stages obligatoires dans la formation, 25% du SMIC pour les stages non obligatoires, et ce dès le premier mois de stage!

La seule avancée c'est que finalement on légitime de ne rien donnner à un stagiaire qui reste moins de trois mois, et qu'on impose une indemnisation dont on ne fixe pas le montant (on sait seulement que l'entreprise peut indemniser jusqu'à 360 euro par mois sans payer de charges, on ne dit même pas qu'elle est obligée d'aller jusqu'à ce seuil).

Des avancées fulgurantes!!


par L'intello du dessous publié dans : Génération Précaire
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Mercredi 22 février 2006
Dominique de Villepin a fait appel au 49-3 pour faire adopter son projet de loi pour l'égalité des chances.
Or Génération Précaire avait proposé des amendements pour ce vote, avait sensibilisé de nombreux députés qui avaient accepté de porter certaines de nos revendications à l'Assemblée.
En faisant appel au 49-3, de Villepin a totalement zappé la discussion de ces amendements.
Pas de découragement, Génération Précaire décide de refaire le même travail de sensibilisation et de proposition auprès des sénateurs, qui discuteront le texte à partir de demain.
Pendant ce temps, le MEDEF annonce qu'il va présenter une charte de bonne pratique des stages ce même jour, sans doute pour faire diversion...
Et c'est là que de Villepin prévoit de recevoir Génération Précaire ainsi que d'autres représentations des jeunes jeudi matin à 10h, 4h avant le début des discussions au Sénat!
Alors qu'il y a un an je nageais dans l'indifférence la plus totale avec mon non-statut mi-étudiante mi-chomeuse mi-RMIste illégale mi-stagiaire en congé maladie (oui je sais , c'est absurde de demander un arrêt de travail à quelqu'un qui n'a pas de contrat de travail), vla-t-y pas que le mouvement auquel je participe se fait recevoir par le premier Ministre, après qu'il ait inséré lui-même des amendements à son projet de loi sur la convention obligatoire (sans blague, elle était déjà sensée être obligatoire!) et la rémunération obligatoire (de combien? mystère et boule de gomme!) pour les stages de plus de 3 mois.
Allez, je me laisse un petit moment de pur bonheur pour me dire "waw, on en est arrivé là" avant de me dire que franchement, il aurait pu nous rencontrer avant de déposer son projet qu'il a élaboré tout seul sans concertation, et qu'il est gonflé d'avoir fait passer son 49-3 juste avant les discussions sur des amendements qui avaient des chances de passer.

Mais rendez-vous avec de Villepin ou pas, je m'en vais écrire aux sénateurs...

http://www.senat.fr/elus.html



Monsieur le Sénateur / Madame le Sénateur

Le gouvernement présente cette semaine au Sénat le projet de loi n° 203 sur l’égalité des chances.

L’interruption des débats à l’Assemblée a empêché l’examen de dispositions beaucoup plus consensuelles dont le pays en général et la jeunesse en particulier attendent beaucoup. Il s’agit de celles relatives aux stages. 800 000 jeunes effectuent chaque année un stage dans une entreprise ou une administration.

Comme vous le savez, ces stages ont donné lieu ces dernières années à de nombreux abus et des jeunes stagiaires ont parfois été utilisés en remplacement de salariés, sans droits et sans rémunération. Les jeunes, qui ne demandent qu’à travailler et à être rétribués de leur travail s’interrogent sur la place que leur réserve la génération de leurs aînés.

Le Gouvernement propose par amendement de rendre obligatoire la rémunération des stages de plus de trois mois sans toutefois en préciser le montant. C’est un bon début mais ce n’est pas suffisant car cela permettra encore à des employeurs de remplacer leurs salariés par des stagiaires. Des garde-fous doivent être instaurés et des garanties apportées afin qu’un stagiaire soit justement rétribué du travail qu’il accomplit et que les stages ne soient pas des obstacles à l’embauche.

Des amendements ont été proposés par le collectif Génération Précaire à tous les groupes parlementaires, sans préférence partisane. Certains parmi ces amendements seront présentés par des sénateurs de la majorité, d’autres par des sénateurs de l’opposition.

En tant que citoyen de votre circonscription, je vous demande, Monsieur le Sénateur/Madame le Sénateur, d’examiner ces amendements avec le plus grand intérêt. Je compte sur vous pour accorder à la jeunesse la place qu’elle mérite.

Veuillez agréer, Monsieur le Sénateur /Madame le Sénateur, l’expression de ma haute considération.


Pour voir les amendements proposés par Génération Précaire:


http://www.generation-precaire.org/IMG/pdf/Amendements_proposes_par_generation_precaire.pdf
par L'intello du dessous publié dans : Génération Précaire
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Vendredi 27 janvier 2006

Je ne connais pas ce type. C'est peut-être le dernier des connards, d'ailleurs j'ai pas beaucoup d'admiration pour tout ce qui affiche BNP Paribas... Et puis, depuis que j'ai foiré lamentablement mon oral d'ingénieur territorial, faut avouer que j'ai pas le moral et que les neurones sont en berne. Mais ce gars-là, je suis tombée sur son article par hasard (il se trouve qu'il parle de "génération" et de "précaire") il faut bien avouer qu'il tape dans le tas et qu'on finit par se poser des questions... le petit laïus sur les 35 heures , cause de tous les maux, ne me donne pas envie de l'aimer, tellement c'est un argument "tarte à la crème" de droite , qui tape sur un truc de gauche pour le plaisir.


Mais en dehors de la recherche des responsabilités, j'ai peur du désespoir des jeunes. J'ai peur de mon propre désespoir. J'ai peur des gens qui disent que le "développement durable" est à la mode et qui ne comprennent pas que pour notre génération, ce n'est pas une mode, mais une question de survie. J'ai peur des riches de plus de 50 ans qui roulent en 4x4 de luxe, qui prennent l'avion 3 fois par semaine pour affaire, qui partent dans les îles 5 fois par an et pour qui le réchauffement climatique est une chimère "à la mode". J'ai peur de Chirac quand il parle de l'arme atomique.

Je vous jure, j'ai peur.


25/01/2006

La chronique

L'euthanasie de la jeunesse
L'Expansion

Du jamais-vu dans l'histoire : la dette mondiale, publique et privée, représente 141 % du PIB mondial, vient d'annoncer le FMI. Pourtant, on ne s'en rend guère compte, car la hausse de la dette, qui se fait au détriment des générations futures, accompagne le vieillissement démographique et l'évolution vers un capitalisme de plus en plus patrimonial et mondialisé. Depuis vingt ans, la valeur des patrimoines, dont la concentration est proportionnelle à l'âge, progresse plus vite que les revenus. La mondialisation explique l'absence d'inflation, donc les bas niveaux de taux d'intérêt et, partant, la forte valorisation réelle des patrimoines, alors que le vieillissement pousse à la privatisation progressive des systèmes de couverture publique des risques vieillesse et santé.

Les Etats-Unis compensent leurs déséquilibres financiers par des créations d'emplois, une mobilité sociale et un effort d'investissement substantiel dans les activités d'avenir et dans l'économie de la connaissance. Rien de tel en France. Etudiants, les jeunes subissent la massification et la paupérisation de l'enseignement supérieur et, actifs, ils endurent le sous-emploi (23 % de chômage) et l'emploi précaire. Plus que d'autres, les jeunes sont frappés par la mondialisation du marché du travail alors que les insiders se protègent.

La pression fiscale sur les revenus des jeunes actifs réduit aussi leur possibilité d'accumuler des richesses. En revanche, elle perpétue la rente statutaire d'un secteur public fossilisé, le service de la dette et la rente sociale des générations précédentes dont ces jeunes ne bénéficieront pas. A cela s'ajoute la bulle immobilière, qui appauvrit les jeunes locataires, transfère les risques sur les primo-accédants et creuse un peu plus la fracture territoriale. Dans la course au patrimoine et à l'intégration, la prime va aux héritiers, en dépit des discours incantatoires sur l'égalité des chances.

Les baby-boomers n'hésitent pas à multiplier les engagements qui pèsent sur les autres classes d'âge. On le voit, par exemple, avec les trente-cinq heures, qui ne s'appliquent pas aux lycéens et étudiants : cette mesure, qui a dégradé les finances publiques, réduit la croissance potentielle et aggravé le sous-emploi, illustre les choix d'une génération égocentrique et rentière qui finit par euthanasier ses jeunes pour perpétuer son bien-être.

Par Jean-Pierre Petit, directeur de la recherche économique à Exane BNP Paribas
par L'intello du dessous publié dans : Génération Précaire
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Mercredi 11 janvier 2006

Je n’avais qu’une heure de pause, ma présence au happening de Génération Précaire ce midi ne fut donc qu'un passage éclair… Le temps de mettre le masque, de distribuer quelques tracts en interpellant les passants : « Soldes, aujourd’hui les stagiaires sont à 30% du SMIC ! », « Soldes sur les travailleurs ! Prenez des stagiaires à 10, 20, 30 % du SMIC !"

Des gens tellement pressés qu’ils ne s’étonnent même plus de se faire aborder par des silhouettes noires au masque blanc. Ils prennent les tracts, disparaissent…

Tout en tractant, j’apprends que les autres membres de Génération Précaire présents se sont déjà fait expulser du magasin (malgré une certaine lenteur, peut-être complice?, des services d’ordre…)… J’avais bien aperçu en arrivant la voiture de police, mais les deux agents n'avaient somme toute pas l’air bien hostiles.

Pourtant, on parle d’interdiction de tractage devant les portes des Galeries, d’interdiction de filmer, même de saisie des bandes… ! (mais enfin… comment dire… France 3 peut bien faire un reportage sur les soldes, ça serait bien le comble qu’on leur saisisse leurs bandes!)

J’avoue, je n’ai pas eu le temps de creuser le pourquoi du comment… Mais quand je pense au nombre de tracts de publicité dont on nous submerge à la moindre visite d’un centre commercial, j’avoue que je me demande où est passé le libre droit d’exprimer des opinions ! (je ne parle même pas de l’affichage publicitaire dont l’espace occupé n’a plus rien de comparable avec les panneaux d’informations citoyennes et associatives)

Et encore… il ne s’agissait pas d’exprimer des opinions, simplement d’informer certains coureurs de solde, capables de dépenser 30% du SMIC en une après midi, qu’un-e stagiaire parfois diplômé-e peut gagner moins en un mois …

Dégagez y a rien à voir! Place au consommateur !!

 

par L'intello du dessous publié dans : Génération Précaire
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