Comme une machine qui consommerait un maximum de pétrole uniquement pour entretenir sa surchauffe, l'intello du dessous consomme un maximum de facultés intellectuelles pour entretenir sa capacité à surmener son cerveau... en pure perte. Un pur produit de la société de surinformation dans laquelle on patauge...

Aujourd'hui j'ai décidé que tout ça allait sortir, et que je ferais connaître à  d'autres cerveaux surmenés et improductifs le chaos de mes pensées. Ca me fend un peu le coeur d'ajouter au flot d'informations inutiles qui circulent sur le net, mais il paraît qu'un être humain doit s'exprimer pour vivre, il paraît qu'il faut partager ses pensées pour qu'elles ne restent pas vaines. Alors bien sûr, cette décision tiendra jusqu'à ce que la somme d'informations que j'ingurgite chaque jour ne submerge la ressource mémoire où est née l'idée de ce blog, mais ne désespérons pas. Peut-être que le Bouddha qui veilla sur mon berceau me donnera la faculté d'entretenir mon jardin...

 
Samedi 22 juillet 2006

Je commence à peine à remettre mon père à sa place de simple humain.

C'est difficile quand on a un père gentil, plutôt pas mal (même ma copine de lycée trouvait qu'il avait la classe , mais je crois que c'est le costume cravatte qui lui plaisait surtout :) )

Mon père , il est ingénieur, il est intelligent, il est gentil, il a un vrai rire qui me mettait de bonne humeur le dimanche matin quand je l'entendais dans la salle de bain à côté de ma chambre, il est attentif, compréhensif, tout ça, tout ça...

Linda Lemay, "Le plus fort, c'est mon père"


 La seule différence, c'est que mon copain actuel, je lui demande pas d'être père et mari, je lui demande pas de promettre. Il aime de tout son coeur, il est là dans les bons et les mauvais moments. C'est ça le plus important... Et c'est peut-être pour ça que j'ai un peu laissé mon père tranquille (et puis je le laisse d'autant plus tranquille que plus ça va, plus je sens qu'il souhaite de tout son coeur que je trouve un boulot stable, et qu'il serait prêt à me pistonner dans une filiale du Tadjikistan, si c'était le seul poste disponible dans sa boîte... j'ai rien de particulier contre le Tadjikistan, mais bon.. :P )

par L'intello du dessous publié dans : Moi et ma petite vie...
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Mercredi 12 juillet 2006
On nous a beaucoup demandé, à Génération Précaire, si nous nous étions appelés "Génération" en opposition avec la génération d'avant (sous entendu celle qui a entre 50 et 60 ans aujourd'hui, voire un peu plus, et qui semble impossible à déloger des postes de pouvoir aujourd'hui). Je ne peux pas répondre personnellement, n'ayant pas été à l'origine du nom du collectif, mais je sais que très souvent on n'osait pas la confrontation frontale, non notre combat ne visait pas à attaquer la génération de nos parents, puisqu'ils étaient eux-mêmes victimes indirectement du problème des stages... forcés de continuer à entretenir des "plus si jeunes" à qui ils avaient déjà payé de longues études en comparaison avec ce que leurs parents avaient fait pour eux. Nous avions même des mails de cinquantenaires confrontés à des propositions de stages de réinsertion, alors qu'ils avaient les compétences et l'expérience, ou simplement confrontés à la concurrence de jeunes stagiaires forcément ultra compétitifs en comparaison avec un salarié (une simple question de coût salarial, rien de plus).
Quand un stagiaire est pris en remplacement lors d'un congé maternité (ce qui est illégal mais arrive quand même) , c'est un interimaire qui loupe un poste. Quand des stagiaires abattent le travail de standardiste-secrétaire-assistant-documentaliste , c'est autant de secrétaires, standardistes, assistants qu'on ne pense même  pas à embaucher.
Nos revendications s'arrêtaient là, il n'était pas question de se mettre en guerre contre la génération précédente.
De toute façon, ç'aurait été suicidaire, c'est soit elle qui nous embauche, soit elle qui décide de la politique du pays (merci les députés considérés comme des bambins à 45 ans) , soit elle qui nous subventionne quand on peine à s'insérer (merci papa maman, tonton tata etcetera).

Moi, je voudrais quand même dire merci aux soixante-huitards qui nous ont mis dans la tête des belles idées. Les belles idées ça remplit pas l'estomac mais ça coûte pas cher. Ils ont eu la chance de pouvoir vivre avec des belles idées et de continuer à les dire même sans les appliquer. Ils ont eu la chance de pouvoir traiter de bourgeois des gens à peine plus riches qu'eux et nous inculquer le mépris de l'argent, parce qu'ils avaient la possibilité d'avoir en même temps l'argent et les belles idées.
Alors je les remercie parce que le RMI existe encore,qu'il peut être bien utile et qu'il donne une belle image de solidarité (même si on ne vit pas super bien avec le RMI, on est bien d'accord, c'est quand même une façon de ne pas laisser les gens complètement dans la mouise) , je remercie mes parents de continuer à me soutenir malgré mon incapacité chronique à rentrer dans ce putain de monde du travail, je les remercie d'être fiers de voir qu'on se bouge pour réveiller nos politiques....

Et pour ceux qui verraient de l'ironie dans mes propos, je m'en excuse... (ou pas)

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Aujourd'hui j'ai vu ça sur le forum de Génération Précaire, ça m'a fait un bien fou (là l'ironie est bien  là ):

"Tu te crois au pays des bisounours ou quoi toi ? tu crois peut être qu’il y a des démocraties participatives dans le monde ? Mais tu revasses ou quoi le pouvoir appartient à 2% de privilégiés les autres ont la parole mais personne ne les écoute. T’es pas contente et bah descends dans la rue pète 4 bijouteries et mets le feu à 20 bagnoles là on t’écoutera car tu AGIRAS.Arrete d’accuser les autres et ne t’en prends qu’à toi chacun a ce qu’il mérite. 25 ans et déja frustrée ca promet, putain mais bats toi ca sert à rien de blablater sur le net."
(je précise que ça ne m'était pas destiné, mais ça aurait pu :) )

Voilà l'idéologie pour les prochaines années, préparez vous, ça va pas être la fête...
par L'intello du dessous publié dans : Moi et ma petite vie...
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Jeudi 8 juin 2006
Je voudrais juste dire un grand merci à ceux qui m'ont écrit ou ont laissé un commentaire après avoir lu ce blog.

Je ne réponds pas souvent , et peu...

J'ai peur des jugements; j'avais ouvert ce blog pour me lâcher , pour pouvoir enfin me permettre de dire ce que je pensais de la société qui m'entoure.

Et maintenant que je vois qu'on me lit, que je vois le nombre de visites augmenter, je retrouve cette trouille du jugement des autres qui me rend les entretiens d'embauche si difficiles et souvent infructueux.

Le fait que Mona Chollet se soit intéressée à moi et m'ait cité dans le Monde Diplomatique a bien sûr beaucoup joué, mais j'oscille toujours entre l'envie de rester bien à l'abri des confrontations et le sentiment que je dois dire tout haut ce que d'autres vivent tout bas. Depuis un mois, c'est la peur qui reprend le dessus. J'attends doucement que le buzz médiatique soit effacé. Je ne pouvais pas manquer l'occasion de rencontrer Mona Chollet, surtout que j'y ai gagné de pouvoir lire ce livre tellement sensé et humain qu'est "la tyrannie de la réalité". Mais suis-je capable d'accepter que des lecteurs du Monde Diplomatique lisent mes minables écrits?

Il y a des commentaires sur Génération Précaire qui m'ont fait mal(pas directement sur ce blog); nous serions dans la lamentation, ça ne serait pas très constructif. C'est vrai qu'on se permet de dire que non, le stage n'est pas le tremplin pour l'emploi qu'on essaye de nous vendre . Que c'est parfois simplement l'apprentissage de l'ambiance pourrie qu'on peut trouver en entreprise, l'apprentissage de l'humiliation au quotidien, et que même quand on est dans une ambiance correcte, il reste l'humiliation de faire "tout comme si on était salarié" mais sans en avoir le statut. Nous ne serions que des mendiants de formation, des petits jeunes prétentieux qui s'imaginent être utiles alors que c'est bien connu, les jeunes ne savent rien faire et c'est un cadeau que l'entreprise leur fait de les prendre en stage. Vouloir faire partie du personnel pendant son stage, mais quelle abherration! Vouloir être rémunéré ne serait-ce que pour le temps de présence qu'on nous impose dans cette entreprise, quelle ineptie!
La plupart des "bien installés" que j'ai vus me regardent avec des yeux ronds quand je parle de ce mouvement.On me rappelle toujours que "quand même, tous les stages ne se passent pas mal".
Quand je dis que j'ai beaucoup appris sur l'entreprise pendant mes stages, on se gargarise "ah, elle reconnaît que les stages sont utiles". Après, on ne me demande pas ce que j'y ai appris.
J'y ai appris à détester les gens qui me méprisaient, j'y ai appris le machisme rampant, j'y ai appris le règne de l'apparence, j'y ai appris que ceux qui étaient promus étaient ceux qui déjeunaient tous les jours avec le chef de service, voire pratiquaient le même sport que lui. J'y ai appris que j'étais bien différente de ceux qui réussissent et que je n'avais pas envie de devenir comme eux.
J'y ai appris qu'on brosse toujours dans le sens du poil pour faire passer une mauvaise nouvelle; "vous êtes très compétente mais nous n'avons pas de recrutement de prévu". "J'aurais bien aimé te garder mais la DRH est formelle, il est impossible d'augmenter le personnel maintenant". Et les fausses bonnes raisons pour dire que non je ne correspond pas vraiment à ce qu'ils recherchent; soi-disant j'ai trop navigué dans les hautes sphères d'HEC (allons-y lachons le nom) pour m'intéresser à ce qu'ils font, ils le sentent bien et préfèrent m'éviter cette déconvenue; ils ont préféré quelqu'un qui était plus du genre à mettre les mains dans le cambouis (et mon stage ouvrier, vous l'oubliez? Et mon stage dans la sidérurgie? Ou alors vous voulez dire qu'une fille ça fait tâche dans le cambouis? Ou alors vous voulez dire que j'ai pas assez l'air d'aimer les blagues cochonnes et les petites magouilles pour m'intégrer à vos équipes?). On finit par imaginer tout et n'importe quoi face à toutes les raisons que les gens invoquent  pour dire non à une candidature (quand on a l'occasion d'avoir une réponse, ce qui est rarement le cas).

J'y ai aussi appris qu'on pouvait être intégré dans une équipe, être apprécié, reconnu pour ses compétences, et devoir partir pour des questions de budget, parce qu'on a le malheur de ne pas bosser sur ce qui rapporte immédiatement.

J'y ai appris que ce qui était important pour moi était souvent ce qui faisait perdre de l'argent à l'entreprise selon les comptabilités actuelles. Il y a bien des tentatives de parler de capital immatériel chez certains convaincus, mais leur voix est tellement faible. Et tant qu'on n'aura pas prouvé par A+B que le harcèlement moral n'améliore pas beaucoup la productivité,  qu'affirmer avec un air entendu que "l'entreprise n'a pas vocation  à être philanthrope" peut démotiver les foules et être contre-productif à long terme. Tant qu'on n'aura pas chiffré en dollars ou en euros la sensation d'être en accord avec ses valeurs et l'aisance à être efficace dans ces conditions, je ne serai qu'une jeune bobo qui voudrait vivre au pays des merveilles et qui refuse de se plier aux règles du marché, qui refuse de se vendre ou qui le fait mal parce qu'elle déteste l'idée même qu'on ait pu inventer cette expression et qu'elle soit passée dans le langage courant. Avant on faisait de la traite d'esclaves, maintenant on demande aux esclaves de se vendre eux-mêmes. C'est le sentiment que ça donne. Je m'en excuse auprès de tous ceux qui trouveront que "ah ben oui, avec des idées pareilles, pas étonnant qu'elle ne trouve pas de boulot".

J'ai fait une école di'ngénieurs à prépa intégrée. Etant donné qu'on s'y soucie beaucoup de faire des gens qui se placent bien sur le "marché" du travail, ça fait depuis mes 18 ans qu'on me parle d'apprendre à me vendre. Et curieusement c'est avant mes 18 ans que j'avais le plus de facilité à travailler et à donner le meilleur de moi. C'est d'avant que je tiens mon surnom d'intello , c'est avant qu'on me disait douée en tout.

Je n'ai pas fait ces études par goût, je les ai faites justement après avoir écouté ces gens qui nous disent aujourd'hui qu'on ne peut pas se plaindre des abus de stage, qu'ils ont lieu surtout dans la culture et le journalisme et que les jeunes n'ont qu'à se former à des métiers où on recrute encore. Le résultat n'est pas brillant pour moi d'un strict point de vue professionnel.
Quand j'ai ensuite fait un mastère en développement durable, c'était dans l'espoir de réconcilier mes valeurs et le marché; j'ai échoué. Le marché est ce qu'il est, et j'ai encore plus l'impression de ne pas être soluble dedans. Vouloir faire du développement durable en entreprise, c'est nager à contre courant à longueur d'année ou bien c'est faire du marketing sur le développement durable en évitant soigneusement de poser les questions cruciales sur les activités de l'entreprise.
Alors quand on n'arrive même pas à rentrer dans ces fameuses entreprises, que fait-on?

On écrit, on se "lamente" sur le sort de notre planète et sur le sort des jeunes et on essaye encore et encore de faire comprendre à ceux qui ont peut-être le pouvoir de changer les choses qu'ils se cachent derrière leur petit doigt. Et on rage ensuite de n'être qu'une jeune femme si peu crédible, si peu audible. Quand on ne se dit pas qu'on est bien prétentieuse d'avoir cru qu'on avait quelque chose à dire.

Ce dernier mois, je me trouvais bien prétentieuse d'avoir cru que j'avais quelque chose à dire, alors j'ai essayé de laisser couler doucement mon blog. Mais je n'ai pas pu m'empêcher de revenir voir des commentaires, alors vogue la galère...
par L'intello du dessous publié dans : Moi et ma petite vie...
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Jeudi 13 avril 2006

Bon je ne peux pas laisser ce gros message de désespoir en plein milieu de mon blog comme ça...
Hier j'ai craqué j'ai chialé tout ce que je pouvais contre ce connard de psy qui m'a fait sa petite leçon de morale à deux balles sur le thème "Mais il n'y a vraiment pas une entreprise dans laquelle vous rêveriez de bosser? Elles ne sont quand même pas toutes pourries... C'est bien d'être idéaliste, la vie serait triste sans idéalistes, mais il faut aussi faire avec les réalités qui vous entourent, il y a bien un compromis possible". Jusqu'ici que du banal...
Là où j'ai eu envie de le tuer c'est quand il est parti en live sur la France, pays d'assistés, pays bloqué où rien n'est possible, que l'an prochain il sortait du système de la Sécurité Sociale parce qu' "ils le font trop chier". Et de se lancer sur l'attitude passive des gens qu'il a dans son cabinet, et "vous vous rendez compte, y en a qui repartent en disant "ah, je dois vous payer?" ils se rendent même pas compte que c'est aussi une activité commerciale etc etc"
Mais qu'est-ce que j'en ai à fouttre de son mépris pour ses patients, sérieusement? Pourquoi me raconter ça à moi? Et de me demander si j'ai jamais pensé à créer mon entreprise à Londres...
Mais je vous emmerde, je me suis déjà déracinée un millier de fois en espérant que ça serait utile pour ma carrière même pas commencée, il peut comprendre que j'ai pas envie de lâcher les relations que je me suis faites ici pour un hypothétique succès entreprenarial dans le merveilleux monde des hamburgers à 15 euro et des loyer encore moins payables qu'à Paris? 

Enfin bref, je m'épate toujours de ma capacité à me laisser détruire le moral par des donneurs de leçons dont je sais très bien qu'ils ne font même pas l'effort de comprendre ma situation avant de balancer leur bonne parole...

Tout ça pour dire que ce matin, le soleil s'est levé quand même, que ce crétin a perdu une cliente, ou plutôt patiente (très patiente même) et que c'est tant pis pour son business plan, qu'hier soir au retour de mon copain on s'est fait une vraie bonne petite bouffe (j'avais rien avalé de la journée) en rigolant et que ce soir je vais manger chez ma soeur que j'adore et que je vois jamais parce qu'elle fait la triple journée de toute mère de famille qui se respecte... et que ça ça me remet du baume au coeur...

Tout à l'heure on va amener notre livre à ce cher Premier Ministre (ou à un de ses sbires qui voudra bien nous recevoir) accompagné de notre pétition. Bon comme d'hab je ne serai pas "in" the cabinet mais dehors à faire l'horloge... Que de temps perdu en stage... Que de temps perdu pour avoir voulu faire passer une loi trop vite... Que de temps perdu avant de lancer une vraie discussion à l'Assemblée sur les stages... Rémunération pour les stages de plus trois mois; en attendant on dit à son estomac de se taire... Dans mon école, j'ai eu deux stages obligatoires dans des périodes ne dépassant pas deux et trois mois car le programme d'école d'ingénieur ne laisse pas plus de temps entre deux années scolaires. S'il est autorisé de ne pas indemniser ces stages (ce qui souvent se transforme dans la tête des gens qui nous prennent en "il ne faut pas rémunérer les stages de moins de trois mois" ) eh bien on pourra dans cette école bosser tout l'été en entreprise sans mettre un sou de côté pour l'année scolaire suivante.... Bonjour l'égalité des chances. Enfin heureusement elle se fait par le bas, l'égalité des chances, puisque même si on a plus de chances de trouver du boulot avec un diplome d'ingénieur, il arrive qu'on n'en trouve quand même pas; on est alors à égalité avec ceux qui ont fait la fac faute de moyens!
Et pendant ce temps notre jeunesse passe.... tic tac tic tac tic tac....

par L'intello du dessous publié dans : Moi et ma petite vie...
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Mercredi 12 avril 2006

Pourquoi est-ce que des ratés comme nous s'acharnent à rester en vie?
Pourquoi il n'y a plus de sélection naturelle?
Saleté de progrès, saleté de civilisation; avec mon manque d'instinct de survie, je devrais déjà être six pieds sous terre. Avec mon manque d'envie de faire avec la réalité telle qu'elle est, de suivre les règles telles qu'elles sont, si la sélection naturelle existait je ne serais déjà plus, et la question ne se poserait plus.
Mais pourquoi diable des gens s'acharnent-ils à me maintenir en vie?
D'un côté on me blame d'être idéaliste, de l'autre on me dit qu'on a besoin d'idéalistes, sinon la vie serait trop moche... Et la souffrance que je ressens, alors, on s'en fout? Je dois rester en vie juste pour faire plaisir à quelques personnes qui ont besoin de leur petite dose d'idéalisme tout en nageant comme des poissons dans l'eau dans un monde qui me révulse?
Il vaudrait mieux tuer tout idéalisme, ça serait le seul moyen de survivre, mais je peux pas m'y résigner. Je continue de souffrir connement... passivement comme dirait ce connard de psychiatre.
Mais pourquoi je me retrouve toujours en face de gens aussi cons?

par L'intello du dessous publié dans : Moi et ma petite vie...
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