Vendredi 12 juin 2009

Ce qui est pénible avec les blogs, c'est le côté brouillon. Comme il faut publier souvent, publier vite avant que le sujet d'actualité soit passé à la trappe, comme on sait qu'un article trop long n'est quasiment jamais lu, on essaye d'aller à l'essentiel, et du coup on passe à côté.
On pose une bonne question, une qui mérite une vraie réflexion, et les commentaires se perdent dans des polémiques stériles parce que c'est plus facile d'attaquer son contradicteur sur son orthographe que de chercher à expliquer pourquoi on a un avis différent.
C'est le cas de mon article d'aujourd'hui (vous ne serez pas plus avancé à la fin sur la question posée dans le titre, vous êtes prévenus), et c'est souvent le cas des super commissions mises en place pour la concertation.

Celle qui m'intéresse aujourd'hui, c'est celle de ce cher Martin Hirsch, qui avait écouté avec empathie les doléances de  Génération Précaire il y a 3 ans, et qui préside aujourd'hui le Haut Commissariat à la Jeunesse.
Je me demande si quelqu'un, à part les responsables d'organisations de jeunesse, est au courant qu'une concertation sur la jeunesse est en cours. D'ailleurs merci à Julien, Nicolas, Ophélie, Malcolm, Yannick  de Génération Précaire, qui se relaient au  chevet de ladite commission pour essayer qu'on n'oublie pas trop vite que les jeunes ne sont pas forcément dans une case: salarié, étudiant, chomeur mais parfois tout ça en même temps, quand le temps passé en stage leur a fait oublier l'adresse de leur fac ou école, et que c'est en fait le spectre du chômage qui leur a fait prendre leur carte d'étudiant. Mêmes activités quotidiennes qu'un salarié, statut étudiant pour l'administration, chômeur en sursis dans la tête.

Et que trouve-t-on dans les propositions discutées? Un dispositif permettant d'augmenter les revenus qu'ils tirent de leur travail (pour une heure travaillée, le jeune recevrait, en plus de son salaire, une prime fixe, dans la limite d'un certain nombre d'heures par mois). Une espèce de RSA sans le nom, vu que c'est réservé aux plus  de 26 ans. Alors même que le RSA est par nature discriminatoire envers les jeunes, on réfléchit à la possibilité de créer un RSA spécial jeunes. Qu'est-ce qui justifie cette séparation théorique?
Quel est le mur franchi à 25 ans qui justifie cette différence de traitement? Ne serait-ce pas une sorte de majorité financière, différente de la majorité légale?
Quel est le sens d'un droit de vote accordé à quelqu'un que la société ne considère pas comme autonome, qu'on considère comme susceptible de trop tirer au flanc si on lui accorde la même assistance sociale qu'à un "adulte de plus de 25 ans"?
Il existe un site internet pour cette concertation, tellement mort qu'on peut douter de la volonté d'une concertation trop large. Etant donné le développement de l'usage d'internet chez les jeunes, c'est assez problématique de constater que trois mois après le début de la concertation, le nombre de contributions sur chaque débat ne s'élève pas à plus de 25.
Est-ce qu'on aurait oublié de prévenir les jeunes qu'ils avaient droit à la parole? Est-ce qu'on aurait décrédibilisé la commission dès le début (par exemple, en montrant que Sarkozy prend les décisions qu'il veut sans même avoir besoin de consulter Hirsch? http://www.letudiant.fr/jobsstages/emploi-des-jeunes-sarkozy-met-1-3-milliard-sur-la-table-10594.html )

Peut-être aussi que les jeunes en ont marre d'être étiquetés jeunes et qu'ils étaient juste très occupés à faire campagne pour Europe Ecologie??
Si c'est le cas, ils ont au moins gagné l'élection de Karima (Delli), et ça vaut bien plus que toutes les concertations du monde !!
(et oui, je sais , Karima a plus de 25 ans...)

Par L'intello du dessous - Publié dans : Politique
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Mercredi 13 mai 2009
Pas moyen de dormir. La frustration et la déception sont trop fortes. Frustration de voir que même dans les groupes les moins hiérarchisés il se dessine toujours une hiérarchie , entre les indispensables et les inutiles, les grands penseurs et ceux qui n'ont pas eu le temps d'élaborer des théories, les charismatiques et les discrets, les historiques et les bleus. Qu'est ce qui pousse l'humain a toujours occuper le maximum de territoire au détriment des autres, ou à profiter de son influence pour faire taire plutôt que pour écouter? Comment permettre a tous, même les plus habitués a la soumission par nécessité, de se sentir dignes de prendre leur place et leur tour de parole? Comment convaincre les militants aguerris de l'importance de cette parole? "Il faut d'abord noter un fait bien comprehensible , mais très grave. Les ouvriers font la grève, mais laissent aux militants le soin d'étudier le détail des revendications. [...] ce n'est pas au moment où pour quelques jours on s'est évadé de l'esclavage qu'on peut trouver en soi le courage d'étudier les conditions de la contrainte sous laquelle on a plié jour après jour, sous laquelle on pliera encore. [...] Il y a des limites aux forces humaines". J'aimerais qu'on s'en rappelle avant d'agir au nom des opprimés , avant de considérer que les absents, les muets, les timorés ont toujours tort. Qu'on prenne garde à ne pas les cantonner dans des rôles de suiveurs, de petits soldats dociles, sous prétexte de leur incapacité a prendre l'initiative. Qu'on relativise également la parole des beaux parleurs à qui la libération ou l'absence de contraite a permis le recul nécessaire à l'analyse mais a aussi fait oublier que dans tout mouvement la dignité retrouvée est le bien le plus précieux, et qu'il est important de ne pas froisser cette dignité à peine retrouvée.
Par L'intello du dessous - Publié dans : Politique
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Lundi 20 avril 2009
Ce matin, un vendeur de l'Itinerant craque et jette ses journaux au milieu de l'allée. "vous les voulez ? Ils sont gratuits! Ça fait deux heures que je suis la j'en ai pas vendu un seul , y a même pas une personne qui a bougé la tête! Un petit peu de solidarité de temps en temps ça vous tuerait pas ! Ça vous empêcherait pas de manger a midi et de rentrer chez vous ce soir! Ce que vous oubliez c'est que quand on se retrouve a vendre des journeaux dans le métro c'est qu'on n'a plus rien! " Une femme finit par aller lui parler , maladroitement, puis refait le tour du wagon "un geste pour le monsieur, s'il vous plaît , une petite pièce, un ticket restaurant". Et beaucoup de visages desemparés. C'est quoi cette tétanie qui nous empêche de bouger?
Par L'intello du dessous - Publié dans : Le monde du travail, ou du non travail...
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Jeudi 19 mars 2009
Je viens de me rendre comtpe qu'aujourd'hui, c'est l'anniversaire de mon premier jour en CDI.

Alors bien sûr c'est une fausse date, puisque j'avais réellement commencé à travailler le 11 février en... stage ! (comment ça, ça vous étonne?) Mais le 19 mars de l'année dernière, je fêtais mon premier jour de travail sous véritable contrat à durée indéterminée!

Et pour preuve que je suis loin d'avoir oublié mes années de galère , j'ai fêté ça en manifestant avec le collectif  "Sauvons les  riches!". Manif décalée, en carosse à cheval, habillée comme une princesse de Monaco, au rythme de slogans comme "Sauvez-nous! Taxez-nous!" "Première, deuxième, troisième maison de campagne! La propriété c'est le bagne!".

Parce qu'à courir après ce mode de vie délirant de la jet-set, on ne fait que s'aliéner encore et encore à des schémas destructeurs, pour nous et pour la planète. Non, ne pas avoir de Rolex à 50 ans n'est pas déshonorant, non, il n'est pas nécessaire de partir au bout du monde pour profiter de ses vacances quand les sources de plaisir sont autour de nous, dans les rencontres avec les gens qui nous entourent, dans la beauté de la nature qui malgré nos agressions continue à nous offrir le printemps à admirer.

Parce qu'il ne s'agit plus de gagner plus pour gagner plus, mais de gagner juste ce qu'il faut pour vivre bien, et que tous sur la planète aient cette même chance.

Voilà, ça fait un an que je suis développeuse informatique, une année que je rencontre des incompréhensions sur mon grade au sein de l'entreprise. Avec mon diplôme de Grande Ecole, mais qu'est-ce que je fais à travailler comme si je n'avais qu'un bac+2? Comment ai-je pu accepter ce déclassement? Un an que je vois les rancoeurs de mes collègues face aux consultants, ceux qui ont fait des Grandes Ecoles, ceux qui nous "vendent", qui gagnent 5 fois plus que nous et qui nous mettent la pression tout en ayant des airs de se sentir tellement supérieurs intellectuellement.
Un an qu'on me dit que je devrais être parmi eux.

Quelle est la part de choix dans ma situation? Je n'en ai aucune idée. Je n'ai pas choisi de peiner dans ma recherche d'emploi, de me sentir incompétente professionnellement, c'est un vrai manque de confiance en moi et une vraie souffrance, mais aujourd'hui je n'envie pas ceux qui ont eu le parcours parfait de jeune cadre dynamique...
Par L'intello du dessous - Publié dans : Moi et ma petite vie... - Communauté : Je rêve d'un autre monde.
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Lundi 23 février 2009

Comme à son habitude, Sarkozy utilise un argument avancé par beaucoup pour annoncer une mesure qui ne va pas du tout dans le sens de celles(ceux)  dont il reprend les arguments. Oui, les congés maternité à rallonge rendent difficile le retour à l'emploi des femmes; ou plutôt, c'est la perception qu'ont les employeurs d'une femme ayant pris un congé parental long qui rend le retour à l'emploi difficile. Oui, ces congés parentaux sont des "trous" dans la carrière des femmes et entraînent des inégalités professionnelles importantes par la suite. Donc, dit le président, ça paraît limpide, il faut  raccourcir le congé parental.

A l'avantage de qui, en fin de compte? De ceux qui indemnisaient ce congé parental. Pour les femmes au statut précaire, qui ne peuvent pas compter sur un retour à leur ancien emploi et qui peinent de toute façon à retrouver une activité salariée, ce ne sont que des revenus en moins.
Pour les couples qui n'auront pas trouvé de place en crèche et devront payer le prix fort pour la garde de leurs enfants, ce sont aussi des revenus en moins. En effet, le compte n'y est pas sur les places en crèche, et rien n'est fait pour rendre les métiers de la petite enfance, comme par hasard en majorité féminins et précaires, plus attractifs, sans parler du fait qu'ils représentent une bonne partie des emplois à temps partiel  non choisis.
Le président s'intéresse à une partie des arguments (les congés parentaux longs freinent les femmes dans leurs carrières) et oublie les autres (l'inégalité dans le partage des tâches familiales pousse plus souvent les mères à sacrifier leur carrière que les pères, les frais de garde poussent plus souvent les femmes que les hommes à préférer l'abandon de leur activté plutôt que le financement d'une garde).
Ce que les femmes auront perdu sur le choix de la durée de leur congé parental, le gagneront-elles du côté de leur avancement de carrière? Rien n'est moins sûr. Il ne suffit pas de couper les fonds d'un côté pour qu'ils rentrent de l'autre. Finalement, raccourcir le congé parental, n'est-ce pas simplement enlever aux mères le choix de leur date de retour à l'emploi?

Par L'intello du dessous - Publié dans : Féminisme - Communauté : Féminisme
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Comme une machine qui consommerait un maximum de pétrole uniquement pour entretenir sa surchauffe, l'intello du dessous consomme un maximum de facultés intellectuelles pour entretenir sa capacité à surmener son cerveau... en pure perte. Un pur produit de la société de surinformation dans laquelle on patauge...

Aujourd'hui j'ai décidé que tout ça allait sortir, et que je ferais connaître à  d'autres cerveaux surmenés et improductifs le chaos de mes pensées. Ca me fend un peu le coeur d'ajouter au flot d'informations inutiles qui circulent sur le net, mais il paraît qu'un être humain doit s'exprimer pour vivre, il paraît qu'il faut partager ses pensées pour qu'elles ne restent pas vaines. Alors bien sûr, cette décision tiendra jusqu'à ce que la somme d'informations que j'ingurgite chaque jour ne submerge la ressource mémoire où est née l'idée de ce blog, mais ne désespérons pas. Peut-être que le Bouddha qui veilla sur mon berceau me donnera la faculté d'entretenir mon jardin...

 

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